25 mai 2011

DALLAS

J'étais pressé de rentrer chez moi. La journée était tiède, j'avais acheté quelques fromages et un bourgogne que j'allais partager avec une jolie fille qui pratiquait bien l'amour oral, et alors que j'étais pratiquement arrivé, que je m'imaginais déjà enfilant sa bouche rose, un drôle de gars me quémanda de la monnaie. Sans savoir pourquoi, alors que j'avais toutes les raisons du monde de continuer mon chemin, je me suis arrêté.

Peut-être était-ce parce qu'il avait un drôle de look, un corps qui avait l'air d'avoir plus d'os que la moyenne, et quelque chose de vaguement inquiétant dans les yeux. Il se grattait sans arrêt, en changeant de région de temps en temps, et son cou se rétractait et s'étirait en alternance, comme une tortue sur une balançoire.

Il me serra la main et me dit qu'il s'appelait Dallas. Quel excellent nom. Il prit un ton de confidence pour m'expliquer qu'il avait besoin de dix dollars. C'est qu'il devait prendre un taxi, parce que sa femme était à l'hôpital en train d'accoucher dans une grande salle pleine d'inconnus sans qu'il ne soit là pour lui tenir la main.

Il me regarda fixement, en attente d'une réponse, mais je restai figé. Le bougre m'avait ému avec son histoire. Quant à savoir pourquoi un nouveau père n'avait pas de quoi prendre un taxi, je n'y ai pas même songé. On ne badine pas avec l'amour. J'ai sorti ce qui me restait d'argent, vingt-cinq dollars et quelques pièces, soit juste ce qu'il fallait pour le trajet et un bouquet de fleurs.

Il m'a tendu sa paume en m'appelant son ami. J'ai remarqué qu'il avait plusieurs veines éclatées qui lui gâchaient le blanc des yeux.

Et nous en étions à nous saluer, qu'en voyant les billets dans sa main, j'ai réalisé mon geste. Qu'est-ce qui me prenait? Je n'avais pas vingt-cinq dollars à donner. Je me fais entretenir par les femmes que je fréquente, et mon coeur est à moitié mort.

Avec le prétexte pourri de vouloir passer féliciter sa femme et embrasser l'enfant, je lui ai demandé ses coordonnées. Oh, je lui ai précisé que ce serait pour quand ça lui conviendrait, et que bien sûr, il n'y aurait pas d'intérêts sur le prêt. J'ai mis une certaine emphase sur le mot "prêt" en me forçant à rire parce que les blagues d'argent ne font jamais rire pour vrai.

Nous nous sommes fixés avec le même sourire laid. Il balbutia des chiffres, confondit des appartements, pour finalement arriver à me donner une adresse. C'était à quelques pâtés de maison de chez-moi, dans un coin un peu ghetto du quartier. Dans quoi m'étais-je embarqué? Je passerais le lendemain que je lui ai dit. Et il fila.

Je suis rentré, et le reste de la soirée fut mièvre, humide, et d'un récit sans grand intérêt. Faits adorables: mademoiselle me fit un pain aux bananes pour le déjeuner du lendemain, et rentra chez-elle dans la nuit. Elle était vraiment unique, et j'aurais pu en tomber amoureux si ce n'était de l'existence de tant d'autres filles.

Je me suis levé vers midi, j'ai emballé le pain pour l'offrir en cadeau, et je suis parti récupérer mon vingt-cinq dollars.

[À suivre]

18 mai 2011

De beaux gros yeux

Hochelaga. L'oiseau du matin qui me tire de mon rêve, c'est le truck à vidanges, et l'adrénaline d'un éclair de remord en repensant à l'abominable butte de sacs cachés dans le locker.

J'ouvre les yeux. Il y a un nid d'araignée dans un coin du plafond. Je tends le cou. Il est vide.

Si j'avais un bouton pour qu'on m'éteigne, ce serait un bon moment pour appuyer dessus.

Dehors, il pleut. Il pleut tout le temps. C'est pas le printemps, c'est le pleutemps.

Je coule du lit jusqu'au bain, où j'aime bien me réveiller en me savonnant tranquillement.

Aujourd'hui, j'ouvre le restaurant. Parce que je suis serveuse. C'est le job que j'ai choisi pour payer mes études, en me disant que c'était très bien, être payée pour ses beaux yeux.

Mon oeil.

Parfois, quand par exemple je passe ma carafe de café trop près d'un bébé, et que la mère le réalise, je me dis que j'aurais mieux fait d'utiliser mes yeux autrement.

Me prend alors l'envie folle de tout casser, les assiettes et les nez, et de courir me lancer dans un métier facile, un de ces jobs qui roule à la chair rose, qui éteint le cœur et marque l'esprit au fer rouge.

Je m'imagine dans une pièce étroite aux murs bourgognes, les yeux fixes sur une fenêtre avec vue sur la ruelle, à me frotter les mains avec de l'huile d'arnica. Dans une salle voisine, un homme m'attend, écrasé sur son gros ventre dur. Je pense à mon voyage autour du monde, et me lance.

Ou encore, je me tiens derrière un lourd rideau de velours. Mes pieds sont ficelés de vinyle. On annonce mon faux-nom. La mâchoire serrée, je ferme les yeux avant d'être aveuglée par le projecteur.

Ce serait si facile. J'aurais du vécu pour mille textes, du blé pour flâner, pour écrire, pour me faire éditer, ou mieux, pour fonder ma propre maison d'édition.

"Les Éditions de la Pôle"

Mais je réalise toujours trop vite ma connerie, je rattache mon tablier et je continue à servir du café.

4 décembre 2010

Mimi

J'aimerais adopter un mimi.

Un enfant avant le temps.

Je rentrerais à la maison, et il serait là. Avec sa face de chat.

Il jouerait. Avec mes cheveux. Manquerait de me crever les yeux.

Ce serait OK.

Je mettrais du Jazz et on danserait.

Il avalerait des objets et je les lui ferais recracher.

Et les soirs spéciaux, j'irais m'acheter du vin et je lui ramènerais une canne.


Je traverse les petites annonces, où il y a des pages et des pages de petites binettes à débarras.

Voilà Lili, propre et charmante (obèse).

Samba, qui vient avec ses accessoires.

Oscar, les yeux croûtés, écrasé dans sa cage en attendant l'aiguille.

Merlin, qui donne la patte comme un chien, mais qu'on a arrêté de trouver drôle.

Charlie, encore enceinte.

Lucky, qui se fait agresser par bébé.

Carlos, qui est devenu moche en vieillissant.

Et Mozart, qui est à une semaine d'être donné à l'hiver.


Au début, c'était drôle, mais plus j'en vois, plus je doute.

Qui dit qu'un jour, mimi fera pas le pipi qui va me faire déborder le vase? Que je me fatiguerai pas de mes nuits gâchées, de mes bas filés, des croûtes de sang sur mes mains?

Probablement qu'avant longtemps, il retournera aux annonces classées.


Salut, mimi. Je t'aurais aimé, mais peut-être pas assez.

22 octobre 2010

Le fil

Comment expliquer.

C'est comme si ton âme prenait de l'expansion.

Un peu comme quand les mots te manquent pour décrire ce qui est parfait.

Ou encore comme l'état d'émotion pure dans lequel tu baignes lorsque tu t'en vas à la rencontre de quelqu'un que tu as espoir d'aimer.

C'est aussi comme quand la voix entre tes deux yeux se tait, et qu'il n'y a plus rien d'autre que toi, mille inconnus, et la musique qui vous transporte tous dans le même sens.

Ou comme lorsque tu es entièrement absorbé à créer, avec la très nette impression d'être en train de contribuer au monde.

C'est l'élément commun à toutes ces situations, indicible et insaisissable, qui me donne donne l'impression d'être enlignée dans une direction.

18 octobre 2010

Mademoiselle crododile

Ce n’était pas une vraie étreinte. C’était moi qui serrais les bras autour d’un corps en pensant à n’importe quoi d’autre pour ne pas couler, façon éjaculateur précoce.

Une licorne, un bébé en couche, le chat sur le perron qui n’a pas voulu du cube de boeuf cuit dans l'sirop...

Je décontracte les bras, accroche sa joue avec mes lèvres, et sur un beau baiser de malaise, je lui prodigue mes banalités avec l’allure d’une grande dame.

« Ok salut! Bonne semaine! Tu diras bonjour à…! Et fais attention à...! »

Du haut de l'escalier, il me regarde, pas trop sûr.

« Hey. Pas de game, là. Si tu veux que je vienne te voir cette semaine, tu m’appelles. »

« Non, moi j’appellerai pas. Mais si toi, tu en as envie, tu peux. »

Et pleine d’orgueil, j’avale toutes les marches qui me séparent de la rue en pas assez de temps pour que ça ait l’air normal.

Je marche droit devant dans mes longues bottes qui me font des fesses en pommes. J'hésite sérieusement à m'en débarrasser, et à faire le reste du trajet en bas. Marcher sur un tesson de bouteille aurait au moins le mérite de me donner une vraie raison de chigner.

Loin derrière sur le trottoir, un homme fait son jogging, et bêtement, je me retourne en me disant que c’est peut-être lui qui est sorti de son appartement pour me courir après.

C’est con, une femme.

Je bats des cils. Un papa raclant des feuilles me regarde passer avec des yeux contents.

Fuck you papa, fuck you!

Mais bien évidemment que je ne le lui dis pas.

Je m’assoie sur un banc à l’entrée du métro. Je sors mon portable parce que les mots m'éclatent la tête.

Près de l’escalier roulant, un spot plein de stratégie, il y a un vieil homme qui recrute pour son église. Ses cheveux sont léchés proprement, il porte un habit et une cravate, et lorsqu’un autobus ou un métro déverse sa vague de passants, il tend ses dépliants en offrant à tout le monde son dentier en sourire.

Personne ne lui adresse ne serait-ce qu’un regard.

Fait une heure maintenant que je travaille mon mauvais texte, et en tout ce temps, on a dû lui refuser l’existence au moins mille fois.

Ça ne l’a pas empêché de continuer à sourire aux murs, et à rien faire de plus que se repeigner contre les courants d’airs et alterner sa douleur de pied en pied.

Lui, il aurait eu de quoi pleurer, contrairement à moi sur mon banc, jeune, en santé et aimée, qui pleure un petit bouillon de larmes vides.

1 octobre 2010

Je traîne mais je ne suis pas une traînée

Elle avait recommencé à se tenir dans des cafés, mais un peu moins souvent qu’avant pour cause d'un très beau quelqu’un qui avait éclot dans sa vie en même temps que les bourgeons du printemps. L’amour avait remplacé la solitude poétique. Désormais, elle ne traînait plus que pour des raisons académiques.

C'aurait été sage si ça avait été vrai.

La journée était belle et bleue, et soulignait bien l'arrivée glorieuse de l'automne, le grand retour aux bancs de l'érudition, aux trottoirs aux cent couleurs et au café en bol qui réchauffe les doigts.

Et qui, en grande quantité, excite mieux que de la poudre à nez.

À titre d'exemple, jusqu'à présent, et la journée n'était qu'à sa première moitié, elle en avait siroté deux litres au moins, et pissé le double sinon plus, tel un gros percolateur, mais dans l'autre sens.

Elle était donc assise, entourée par la platitude de la connaissance pointue, à écrire le miel et l'eau de rose de la veille au soir.

Il pleuvait fort. Dans le métro, elle s'était peinte une bouche de coquelicot, et aussi loin des regards que le domaine du possible le permettait, avait fait couler deux gouttes de parfum au creux de ses seins.

Elle était arrivée chez-lui un peu mouillée et drapée d'un grand châle, comme une Marilyn.

L'appartement sentait la popotte, la lumière était chaude et il y avait du jazz à la radio.

Lui, il avait le derrière des oreilles qui sentait le savon.

Il lui prit les mains et l'amena à la cuisine, pas peu fier. Il avait passé la journée à faire la petite femme, à penser à tout et à tout prévoir, courant ici pour une baguette fraîche et des cannelés, là-bas pour une bouteille de rouge, et encore ailleurs pour du fromage, des fruits, des légumes et du bœuf, et avant qu'elle n'arrive enfin, il s'était douché, avait dompté sa tignasse puis fouillé pour de beaux vêtements qui ne furent pas trop fripés.

Il l'invita à s'asseoir, et lui servit un chic martini. Elle put plonger les doigts dans la jarre à olives au moins dix fois avant qu'il ne la lui enlève.

Ils mangèrent longtemps, et tout était exceptionnellement bon, et lorsque le vin fut vide, il lui dit qu'un jour, il casserait une gueule pour elle, puis il descendit s'entretenir avec sa cerise.

Après quoi, elle s'évanouit dans un sommeil comme un coma.

Et la journée était belle.

21 septembre 2010

Mon petit corsé

Je sors avec un créatif.

Il était une heure du matin lorsqu'il a poussé ma porte. Je venais tout juste de laisser tomber ma serviette, quel excellent hasard.

"Salut"

Il était là, avec un sourire mou et des yeux gênés.

J'aime qu'il débarque chez-moi comme ça, un peu trempé, un peu enfumé, après avoir passé la soirée à étaler des idées avec son éternel acolyte.

"J'avais envie de te voir"

J'avais pourtant passé la veille et l'avant-veille à faire la petite femme, à lui cuisiner des plats et à ranger ses armoires, et puis ça faisait trois matins de suite que j'ouvrais l'œil avec son souffle dans mon cou.

Il me voulait sans pause et ça me faisait doux.

Je tire mon tiroir à culottes et l'invite à s'asseoir sur le lit. Il dépose son sac à dos et vient m'embrasser.

Il sent l'automne.

Il est là, tellement habillé et moi pas, et j'ai un peu froid, mais je ne trouve pas de culotte qui aille.

Faut dire que je n'essaie pas tant non plus.

Il s'est assis. Il m'observe. Je lui fais de beaux yeux dans le miroir, et il a l'expression la plus honnête, la plus émue, la plus attirante qui soit.

"T'es belle"

Je referme le tiroir.

Bonne nuit ma coloc. J'espère que tu vas réussir à bien dormir quand même.

14 juin 2010

My blue jean is tight

Je me balade en suivant le courant noir de monde.

Partout, tout autour, les robes soufflées par la brise enveloppent le corps des femmes, partout, tout autour, des fesses en devinettes, des fesses comme des salades de fruits.

Oui Freud, j'aurais aimé avoir un pénis.

Être un homme, je saisirais celle qui marche là devant, et que le reste disparaisse pour nous laisser la rue entière.

Son visage est admirable, mais j'en aurais bien peu à faire. Sa robe tomberait, et je saisirais la descente de ses reins pour la ramener contre ma boursouflure pressée serrée. Pliée sous la pression de ma paume autoritaire, je tiendrais sa taille en étau, et penché sur son dos, je recueillerais du bout de la langue la saveur de sa peau de plage, je cueillerais du bout de mes doigts la fleur de ses seins blancs.

J'écarterais ses précieuses douceurs, je leur donnerais de grandes claques élastiques pour le plaisir de les voir bondir, et sous la pression des gémirs et des ongles acryliques de plus en plus aigus surgirait éventuellement l'animal dans un bel éclat de chair.

Je soulèverais son ventre du plat de la main pour insérer le sommet de mon sommet, et je ferais tranquillement saucette, je serais patient, je prendrais mon temps.

Puis je me retirerais pour aller saluer son bouton d'or haut perché, ce que la demoiselle considèrerait avec appréhension. Son "non" sonore serait en fait un "prudence" qui s'ignore, mais je serais gentil, je retournerais là où j'en étais, mais cette fois pour une entrée fracassante, avec les hanches comme deux rennes pour agripper la belle bête qui se cambre.

Oui, si j'étais un homme, je serais dégourdi et vigoureux.

Oh garçon, amène tes doigts de fée et mange-moi comme une mangue.

13 juin 2010

Wild child

Sept heures trente qui font mal, l'oeil viré au fond du crâne, oublié hier les rideaux, la lumière ce matin punch comme un poing américain.

L'adrénaline me lève, me pousse malgré mes pieds au lavabo pour un verre d'eau qui coule et se fracasse dans le trou de mon estomac vide.

Je ne suis pas faite pour travailler.

Aujourd'hui sera définitivement un jour grunge, 20 ans trop tard. Ma tignasse dopée au spray-net de la veille ne sera pas retouchée. L'estampe du club gai sur mon bras s'effacera d'elle-même ou ne s'effacera pas.

Je suis démaquillée, c'est déjà ça.

Brosse à dents en joue, gros jean, converse, camisole gris banal, et une veste de coton empruntée, jamais rendue, à un bon garçon qui ne voulait pas que je prenne froid, je m'observe.

Pour quatre heures de sommeil et une nuit à danser ma vie, je me serais attendue à pire: trois étages de cernes et un teint poubelle, au moins. En fait, mis à part un désert dans ma bouche et un moteur dans ma gorge, je suis à peu près cute.

C'est que hier, on s'est empilés dans une toilette.

La musique écrase les conversations, oblige à crier au creux des oreilles, garde les yeux fixes à l'affût des souliers cirés de la sécurité, impossible à entendre arriver, qui débarque avec sa lampe de poche grosse comme une matraque pour balayer les cabinets à l'affut de gens comme nous.

J'ai cinq litres de sang mal répartis qui me battent les joues. Les fesses sur l'émail du réservoir et les cuisses ouvertes sur le derrière de tête d'un ami assis sur la cuvette. Je suis mal foutue, en équilibre avec les talons à plat contre la porte au loquet mou. Il ne peut y avoir qu'une seule paire de pieds visibles, et ce sont loin d'être les miens.

Une troisième comparse, de dos à nous, fouette un sachet et, accotée sur le distributeur de papier-cul qui en a vu d'autres, en pile et concasse les fines granules avec sa carte de l'UQAM.

L'image me fait rire, et je manque de casser notre belle structure.

Puis nous nous désemboîtons, nous sortons un par un, incognitos, à peine plus ragaillardis qu'avant, en tirant l'air du nez comme des professionnels.

Dernier coup de miroir: nous sommes beaux, et la musique est folle.

Allons danser les bébés, que je leur ai dit, et ne pensons pas à demain!

C'est bien ce qui est arrivé.

Misère.

10 juin 2010

Je marche dans la bruine et j'ai l'idée fixe, fixe sur la nuit d'hier, sur nos yeux en cadenas et ton frisson dans mon ventre.

Regarde-moi que tu m'as dit.

"Regarde-moi!"

Je t'ai regardé, ton visage empilé sur le mien et ton souffle dans ma bouche, je me suis accrochée à tes yeux, tes yeux comme des puits, des cascades appelant mon essence à surgir, à se mêler à ce qui coule au plus profond de ton être ému.

Deux torrents qui se rencontrent, s'acceptent et se traversent dans un instant de beauté infinie.

Je t'ai regardé, et aujourd'hui je cherche les mots pour décrire l'intensité inouie du moment qui me bouleverse et me colore encore malgré le jour, malgré la pluie.

Creux dans tes yeux, je t'ai vu décoller, l'extase qui t'a hérissé, je l'ai vue, j'étais la, tout près, et lorsque tu es revenu, je t'ai recueilli dans le cocon de mes bras, de mes cuisses, pour un moment échappé du temps où il n'y avait plus rien, que le vide, la lumière, et nous deux, au centre.