9 septembre 2008

Flashback

J'ai relu des textes provenant d'un cahier que j'ai tenu lorsque j'avais 16 ans.

C'est drôle. C'est facile. J'écrivais pour me faire plaisir, j'écrivais sans me soucier du jugement des autres. J'envie un peu mon insouciance d'antan.

Je vais retranscrire ici une histoire que je trouve particulièrement... intéressante. Prenez-le comme une parenthèse amusante aux scènes que je suis en train d'écrire en ce moment.

...

Bon..


Introduction
: Miguel a rompu avec sa copine et est venu rejoindre Dallet dans la ligue des joyeux célibataires. Pour célébrer la nouvelle, ils décident de faire la tournée des bars avoisinants. Leur dernier arrêt est un pub campagnard, au beau milieu de nulle part. Après une soirée bien arrosée, nos deux camarades sont prit fort au dépourvu: Dallet a égaré les clés de la voiture de Miguel, et comble du malheur, il pleut à verse. Cette scène débute au milieu de la nuit, alors qu'ils sont tous deux sous la pluie battante, à la recherche des clés dans le stationnement de l'établissement.

Miguel essaie désespérément d'ouvrir sa portière.

Miguel - Pourquoi!

Dallet - Pourquoi quoi?

Miguel - Pourquoi est-ce que...

Dallet - ...le beau Dallet n'a pas opté pour du blanc ce matin, hmm?

Miguel - Dallet, t'es comme... un fléau. Pourquoi est-ce que j'ai décidé de te suivre, aussi?! Tu m'as fait honte toute la soirée, et là, le comble, il pleut, je suis mouillé, j'ai froid, on s'est fait foutre à la porte du bar et t'as perdu mes clés!

Dallet - JE t'ai fait honte? Vraiment? Et sur le plancher de danse, tu crois que t'es la reine du bal?

Miguel - Puis-je te rappeler que si tu n'avais pas plongé ta main dans le décolleté de la madame, on serait à l'intérieur, au sec?

Dallet - Je cherchais tes clés.

Miguel - J't'emmerde.

Dallet - Hahaha

Miguel - ...

Dallet - Bon. Aide-moi à chercher au lieu de bouder

Miguel - Ça fait dix minutes qu'on cherche. Elles sont à l'intérieur, pas ici. Et si t'avais pas commencé tes fouilles par son buste, j'aurais eu le temps de retourner à notre table pour les récupérer.

Dallet - Ah, tu m'énerves. On dirait mon ex. Tu chiales tout le temps!

En se retournant, Dallet perd pied et tombe violemment sur le dos. Miguel rit.

Miguel - Faut croire que j'ai vraiment des dons de télékinésie.

Inerte, Dallet est couché de tout son long sur l'asphalte ruisselante.

Miguel - Oh, Dallet, fais pas le con.

Dallet - ...

Miguel - Oh! Dallet! Arrête de déconner!

Dallet - ...

Miguel s'approche de quelques pas.

Miguel - Ça va?

Dallet - ...

Miguel - Merde! Pourquoi est-ce que t'as tant bu, aussi! Dallet!

Miguel se lance aux côtés de Dallet. Ce dernier ouvre un œil et tente de se relever de quelques centimètres. Il se rééffondre sous l'effort.

Miguel - Dallet! Dallet, ça va? Est-ce que tu m'entends?

Dallet - Miguel...

Miguel - Oui, oui je suis là, attends! Bouge pas! Je vais aller chercher de l'aide!

Dallet - Attends... Miguel...

Miguel - Oui? Je suis là Dallet, je suis encore là.

Dallet - Miguel... je sens plus...

Miguel - Tes jambes?! Tu sens plus tes jambes?! Ah merde, c'est la colonne!

Ahuri, Miguel se relève, et place ses mains en porte-voix

Miguel - Y'A QUELQU'UN?! J'AI BESOIN D'AIDE!

Dallet - Miguel.... je sens plus...

Miguel se réagenouille et se penche au dessus de Dallet pour entendre ses murmures.

Miguel - Quoi? Qu'est-ce que tu sens plus?

Dallet - Ma bite. Depuis des semaines. Tu crois que c'est dangereux, l'inutilisation?

Miguel bondit. Dallet se relève tranquillement et tord le surplus d'eau de ses vêtements.

Miguel - GROS TROU D'CUL! J'peux pas croire que je me tiens avec quelqu'un comme toi! Donne-moi mon portefeuille, moi j'prends un taxi!

Dallet - J'peux pas.

Miguel - Quoi?!

Dallet - En fait, je peux te redonner le portefeuille lui-même, mais il est vide. J'ai tout dépensé.

Miguel - ...

Dallet - Pendant que tu faisais les beaux yeux à la sécurité, moi j'essayais de me débarrasser de la femme qui menaçait de me poursuivre. Je lui ai donné tout ton argent.

Miguel - ...

Dallet - Donc t'as intérêt à être poli si tu veux que je te paye le taxi!

Miguel éclate de rire.


Miguel - T'es un monstre.

Dallet - Moi aussi je t'aime bien.

Miguel - Bon, viens qu'on aille appeler un taxi.

Dallet - Peux pas.

Miguel - ...

Dallet - J'ai tout dépensé en shooters.

Miguel, armé d'une lame de poche, pourchasse Dallet à travers le stationnement.


Deux heures plus tard...

Sous la pluie, Dallet et Miguel marchent en direction de la ville la plus proche.

Dallet - Oh. Oh ça va pas. Oh non...

Miguel - Hm?

Dallet vomit. Miguel sursaute.

Miguel - AH BEUH!

Dallet s'essuie la bouche du revers de la manche.

Dallet - Hmrm... T'as autant bu que moi... Pourquoi est-ce que je suis toujours le seul à être malade...

Miguel - Mon métabolisme est plus performant que le tien

Dallet - Soit ça, soit t'as bu de l'eau toute la soirée, comme une grosse chochotte.

Miguel - Et si toi, t'avais bu un peu plus d'eau, on serait pas pris au milieu de nulle part, cassés comme deux cloches.

Dallet - Tiens, on dirait une église, là-bas.

Miguel - Y'a rien autour. J'ai pas trop confiance.

Dallet - Hahahaha une vraie de vraie grosse chochotte


Quinze minutes plus tard...

Ils ont forcé la porte de l'église et y sont entrés. Dallet fouille les placards tandis que Miguel décroche de vieux rideaux poussiéreux.


Miguel - Bon, j'ai essayé de ne pas trop les briser. Ça va être plus confortable.

Dallet brandit fièrement deux bouteilles de vin de messe.

Dallet - Parce que tu prévois dormir? C'est la fête ce soir, on est célibataires! Une ptite gorgée de vin de curé, mon Mimi?

Miguel - Tu blasphèmes tout ce que tu touches.

Dallet rigole. Miguel, les bras chargés de rideaux, s'avance et referme les larges portes de l'église.


Dallet - Eh oh, je vois plus rien. Ouvre les portes!

Miguel - Non. Si quelqu'un voit les portes toutes grandes ouvertes, on va être dans de beaux draps.

Dallet - J'ai envie de faire un jeu de mot avec les rideaux que tu portes, mais ça serait de mauvais goût.

Miguel - Hm. Ton briquet. Y'a des lampions par-là.

Dallet lui tend son briquet et s'assoie sur un tas de rideaux. Il retire le liège d'une des bouteilles avec ses dents. Miguel allume quelques cierges qu'il dépose par terre.

Miguel - Ça va nous réchauffer et nous éclairer en même temps.

Miguel observe Dallet, qui boit son vin à grandes lampées.

Miguel - T'es triste à voir.

Dallet - Je sais! Je suis décadent.

Miguel - C'est sûr que badigeonné de vomissures...

Dallet - Je suis pas mal pitoyable.

Miguel - Hm.

Dallet fixe sa bouteille.

Miguel - Reste que l'odeur me lève le cœur.

Miguel se frotte les cheveux avec un des rideaux.

Dallet - J'ai besoin de me laver.

Miguel - T'as qu'à retourner dehors.

Dallet - Avec de l'eau. Pas de la pluie.

Miguel - ...

Miguel ferme les yeux et se masse le front. Dallet se lève et remarque une bassine d'eau bénite reposant sur un piédestal.

Dallet - Bah voilà.

Miguel - On baptise les nouveaux-nés avec cette eau-là.

Dallet - Quel heureux hasard. J'étais pas baptisé.

Dallet retire son chandail et s'éclabousse d'eau bénite. Miguel retire également le sien, tout en continuant de se sécher. Il se frotte les mains au-dessus d'un lampion.

Dallet - ROSE!

Miguel - Quoi?

Dallet - T'AS DES MAMELONS ROSES!

Miguel - Rose, c'est mieux que BRUN.

Dallet - Brun, c'est viril.

Miguel - Je refuse de continuer cette conversation.

Dallet - T'es tellement immature.

Miguel - ...

Dallet - Hahahaha


Quelques minutes plus tard...


Miguel et Dallet sont assis à une distance raisonnable un de l'autre et partagent chacun un bout du rideau qu'ils ont préalablement déchiré. Dallet fixe la flamme vacillante du lampion. Miguel boit du vin au goulot.

Dallet - Okay, j'ai froid.

Miguel - Ferme-la et bois. Ça réchauffe.

Dallet - Tiens tiens, est-ce que je t'aurais converti, Monsieur Vertu?

Miguel - Un peu plus, un peu moins, juste me tenir avec toi est déjà un péché en soi.

Dallet - Et la vérité sort de la bouche de ceux qui ont des mamelons roses.

Miguel - Ah! Arrête avec ça! C'est pas moi qui a pas eu de rapports depuis un an!

Dallet - Crap... Un an... C'est vrai, ça fait vraiment un an que mon ex et moi...

Miguel - Et ce malgré tes nombreuses tentatives...

Dallet - Pourtant, je suis séduisant...

Miguel - Pas assez pour ton ex, bien qu'elle n'ait, elle non plus, pas fréquenté qui que ce soit en un an...

Dallet - Ça ne lui démangeait pas assez, faut croire.

Miguel - Soit ça, soit que tu lui étais vraiment repoussant.

Dallet - Merci, t'es un bon ami.

Miguel - Je t'en devais pas mal plus qu'une.

Dallet - Tu sais, au fond, c'est pas moi qui ai un problème, c'est elle. C'est les femmes en général, même.

Miguel - T'as raison. Au fond, quand tu leur met une main aux fesses, ce n'est qu'un trop plein d'amour que tu extériorises. C'est bizarre qu'elles ne le comprennent pas.

Dallet - ... Shuis si pire que ça?

Miguel - Oh, mais non. Fais pas la gueule. Il te reste toujours tes talents.

Dallet - C'est vrai. Je suis très talentueux.

Miguel - Très.

Dallet - En quoi?

Miguel - Bah, t'arrives presqu'à lécher ton coude.

Dallet - Ouais. Presque.

Dallet fixe le sol.


Miguel - Beuh, c'est quoi ce défaitisme? J'étais pas sérieux...

Dallet - Ça va, lâche-moi un peu.

Miguel - Aah, fais pas la gueule.

Dallet se détourne de Miguel. Une minute s'écoule. Il convulse légèrement.

Miguel - ... Tu pleures?

Dallet - ...

Miguel - Dallet, y va en avoir d'autre, des filles.

Dallet, de dos à Miguel, passe le dos de sa main sur ses joues.

Dallet - Ah, de quoi j'ai l'air... C'est pas que mon ex, Miguel, c'est les femmes en général. Je sais pas ce que j'ai quand je suis en leur présence. Je deviens carrément con. Obscène même. C'est encore ce que j'ai trouvé de mieux pour les faire réagir.

Miguel - Ce sont tes pulsions qui s'expriment mal. Tu devrais prendre ça cool.

Dallet - Justement, non. C'est mon coeur qui panique. J'ai envie qu'une femme m'aime. J'ai envie d'être amoureux juste une fois.

Miguel - Je pense que t'as simplement trop bu, et que ça joue sur ta sensibilité. Tu devrais essayer de dormir.

Dallet - T'es aussi mal à l'aise que moi. Ton ex vient juste de te quitter, viens pas me dire qu'elle te manque pas.

Miguel avale une grande gorgée et fixe la bouteille.

Dallet - Bah, ça se voit. Pas moyen de te décrocher un sourire depuis que vous avez rompus.

Miguel - Hm.

Dallet - ...

Miguel - Wow. Deux dudes à moitié nus dans une église, qui pleurnichent en buvant du vin chrétien...

Dallet - On est beaux.

Miguel - Hahaha.... ack.

Miguel s'étouffe.

Miguel - Hmm Okay. Trop bu. Tiens.

Miguel passe la bouteille à Dallet.

Dallet - Tu sais, si j'arrêtais d'écouter la voix de ma bite, ça serait tellement mieux. Sans femme, j'veux dire. Ça serait plus simple si les femmes aimaient les femmes, et les hommes aimaient les hommes.

Miguel se lève, titube et se rassoie loin de Dallet.

Miguel - Tu réalises ce que tu dis?

Dallet - Oh oui. Des femmes qui se caressent. Des femmes qui s'embrassent. Des femmes, partout des femmes.

Miguel - Non, l'autre partie.

Dallet - Non, sérieusement, ça marcherait mieux.

Miguel - Ouais, ben j'veux pas continuer cette conversation-là non plus...

Miguel se relève et reprend la bouteille des mains de Dallet.

Dallet - T'es tout rouge. hahahaha

Miguel - Ouais. T'es gênant.

Dallet - Ce sont les lampions qui t'allument?

Miguel - Rien à voir.

Dallet - Ce sont mes p'tits bruns, alors?

Miguel - Je suis juste pas confortable, c'est tout.

Dallet - Oh oh, le grand Mimi est homophobe.

Miguel - De quoi tu parles

Dallet - Oh Mister Pinky a peur des hommes roses...

Miguel - Arrête d'être con! T'es même pas gay!

Dallet - Homophooobe.

Miguel - Arrête!

Dallet - Homo..

Miguel embrasse Dallet d'un coup de tête.

Miguel - QUI EST UNE SALOPERIE D'HOMOPHOBE MAINTENANT?

Dallet - ...

Miguel - ...

Dallet - ... Bordel, t'embrasses comme un dieu grecque! hahahahaha

Miguel - Te fous pas de ma gueule. Je suis trop saoul pour seulement me lever, alors pour le verdict du concours de bisous...

Dallet - Un concours? Qui t'a parlé de concours?

Miguel - Mais non, c'est pas ce que je voulais dire.

Dallet - Tu me désires, p'tit lapin?

Miguel - Mais de quoi tu..

Dallet lui retourne la faveur. Miguel s'essuie la bouche du dos de la main et se lève. Bouteille pendante à la main, il marche jusqu'aux vitraux multicolores.

Dallet - T'arrives à tenir debout?

Miguel - C'est du self control. Essaie-toi même pas.

Dallet se lève et fait quelques pas. Il trébuche rapidement et tombe à la renverse sur un banc de messe.

Miguel - Je te l'avais dit.

Miguel s'avance et lui tend la main. Dallet lui saisit le bras et le fait basculer vers lui.

Dallet - Un peu plus, un peu moins, juste te tenir avec moi est déjà un péché en soi...

1 commentaire:

Pinocchio a dit...

T'AS DES MAMELONS ROSES!

Moment fort.