7 novembre 2008

La coloc n'est pas de bois, finalement.

La vie est drôle. La vie est hilarante.

Tout à l'heure. Je suis morose de n'avoir rien de croustillant à raconter, mais sais que seule ma tendance à faire l'ermite depuis quelques jours est à blâmer. Je quitte donc la maison pour aller rejoindre un ami, en espérant trouver sur mon chemin un événement digne de mention.

La visite chez l'ami fut plaisante, mais pour des raisons que moi seule connaît, je vais éviter d'élaborer d'avantage sur cette partie de ma journée.

À mon retour à la maison, je suis déçue d'avoir tant à dire, mais une si lourde censure envers moi-même. Je cherche donc un autre sujet à raconter, qui apaiserait ce sentiment d'inutilité qui me pèse ici et là au fil des années.

Je monte les marches. Pas de lumière, porte barrée, la coloc n'est pas rentrée et c'est tant mieux. J'insère ma clé, tourne la poignée, dépose mon sac, puis pause. Je tends l'oreille, l'oeil rond, un sourire qui agrandit lentement mon visage.

Des bruits mouillés? Des petits gémissement, discrets, échappés dans le noir d'une chambre?

Ma coloc aurait profité de mon absence pour faire monter un homme? Un vrai homme, avec du poil, et des microbes, et une tendance à défaire les lits, à froisser les vêtements sagement pliés?

Elle se serait déshabillée de son voile communiste pour quelques minutes de souillure?

J'ai vite filé dans ma chambre, sur la pointe des pieds, comme une souris, en ralentissant un peu devant sa porte doucement secouée.

Et maintenant, je me demande bien de quoi il a l'air, cet homme qui aime une fille frigidaire.

Oui, car j'espère qu'il l'aime, le renard, parce s'il la laisse demain, et qu'elle lui avait creusé une fenêtre dans la croûte gelée de son coeur polaire, elle risque de fondre en larmes, et moi, je vais être réduite à l'esclavage.

Parce qu'une maniaque de ménage qui coule d'amour, ça fait du ménage.

***

Ce billet fut rédigé à la suite d'une soirée festive. Remarquez bien la différence avec mon habituel style. Selon Freud, ça serait une version moyennement clarifiée de la voix de l'inconscient.

Ça fait drôle, hein?

2 commentaires:

lapinblanc a dit...

Ou bedon elle ne pleurera pas, parce que c'est une frigide.

Tu sais, les désabusés, des fois, ils ont tellement des barrières anti-braillage...

Math B a dit...

C'est pas parce qu'elle fait du sexe qu'elle le fait avec quelqu'un! :D