22 juillet 2009

Claude Legault

Claude Legault coupe du bois avec une hache rouge

Claude Legault se lève de bonne heure pour préparer des déjeuners au lit

Claude Legault cuisine sur le grill

Claude Legault a de gros biceps blancs

Claude Legault va à la chasse dans le Nord avec ses chums

Claude Legault ne parle jamais de sa blonde au lit

Claude Legault aime son père et respecte sa mère

Claude Legault aiguise ses couteaux de cuisine

Claude Legault pleure dans le garage en donnant des coups de marteau de temps en temps

Claude Legault déjeune avec de la viande, plusieurs oeufs et des shakes de protéines

Claude Legault balance ses enfants à une main

Claude Legault amène les enfants de l'équipe de soccer manger de la crème glacée après les matchs

Claude Legault porte une casquette à l'envers lorsqu'il bricole

Claude Legault ne trempe pas ses Pattes d'ours dans du lait

Claude Legault fait ses changements d'huile

Claude Legault donne des coups de poings dans les murs

Claude Legault oublie ton anniversaire mais s'excuse avec un très gros bouquet de fleurs

Claude Legault amène sa femme à la pêche, pose les vers sur les hameçons et rame tout seul

Claude Legault ne te trompe pas

Claude Legault fait des tours de char avec son père

Claude Legault cire sa voiture

Claude Legault lance les enfants dans les airs

Claude Legault amène une glacière à la plage

Claude Legault ne se coupe pas en se rasant

Claude Legault peut faire faire six bonds consécutifs à n'importe quel galet

Claude Legault sait dire quel temps il fera demain

Claude Legault relâche les insectes dans la nature

Claude Legault se lave avec une barre de savon et une débarbouillette

Claude Legault donne des fessées

Claude Legault porte une montre

Ah, Claude Legault

20 juillet 2009

21

La fête tous les soirs, l'été chaque nuit, se baigner tout habillés, mais est-ce de la coke dans leur nez?

Je me présente comme écrivaine avec foulard et lunettes vides.

Des cernes bleus sous mes yeux. Poches de thé, tranches de concombre, bois de l'eau, roule la caféine, ce n'est pas encore le temps d'être laide.

On m'aime de tous bords tous côtés et je n'ai rien à répondre.

La plage, les épaules qui tirent le buste pointu, tombe endormie sur le sable, rêve au cancer de la peau.

Des grains de beauté partout dans mon dos, et des taches de rousseur sur mon nez, c'est nouveau.

Mélanomes, qu'est-ce qu'un mélanome? Il est quatre heures du matin et je poche mes yeux à tout lire sur les mélanomes.

Un garçon à chapeau. D'où est-ce que tu sors, mais d'où est-ce que tu sors qu'il me répète avec son sourire creux dans mon oreille.

La musique est forte mais je n'entends que lui.

Regarder un écran, commenter et rire, gin à mes lèvres et ses lèvres sur mes lèvres, et il glisse ses doigts entre les miens comme ça, pour rien.

Ses yeux sont bleus et je lui apprends à les fermer lorsqu'il m'embrasse.

Être enceinte. Acheter des tests. Les couvrir de pipi et les laisser traîner parce qu'on n'est pas vraiment enceinte.

Aimer une Marie qui me complimente sur ma belle mâchoire et me peigne avec ses doigts.

Sortir danser, faire cavaler nos jambes nues et collectionner les regards dédoublés.

Aboutir chez un étranger qui pense avoir gagné le gros lot, le duo gros lolos.

Repartir avec le premier métro en le laissant avec les yeux rouges, le rire jaune et la bourse bleue.

15 juillet 2009

Au parc

Il y a des enfants, des bourdons et des fleurs.

Les enfants courent les bourdons et les bourdons courent les fleurs.

Il y a un homme, là-bas, brun et reluisant, bien assis, tout ouvert, qui regarde qui le regarde.

Il y a des vieux avec du pain, des jeunes avec du vin, des cyclistes à boîte à lait, des casquettes, des ballons, des running shoes, des trèfles et des fourmis.

Il y a une maman canard, des bébés canards, un avion qui pond des nuages, une musulmane qui a chaud, des papas pousse-pousses et des chiens en laisse.

Il y a l'herbe, le soleil, et mon bikini neuf.

Mais toi, t'es pas là.

12 juillet 2009

Rencontre du deuxième type

Il y a la sexy, avec du crayon à lèvres et des robes décolletées, des cheveux comme des jardins et des talons dorés.

Elle sait. Elle s'offre. Elle joue la comédie.

Et il y a la sexy, penchée, en shorts de jean filés, qui ramène une mèche derrière son oreille avant de boire à la fontaine, qui échappe une bretelle mais ne le remarque pas.

Elle ne sait pas. Elle se contente d'être. On lui prend, on lui prête.

Hier, je me promenais.

J'avais soif, et il y avait ce restaurant rouge et or qui affichait de délicieux breuvages.

Sa mère l'a appelée au comptoir quand j'ai commandé à boire. Elle sortit des cuisines de son petit pas rapide et poli.

Une chinoise jolie jolie.

Elle portait une robe noire et sobre, au tissu épais et à la coupe rigide. Serré autour de sa taille, un tablier fleuri, avec du rose et du blanc, et de la dentelle bordant les bretelles.

Ses cheveux tenaient en un chignon échevelé, aux mèches serpentines à la vapeur des cuisines.

Elle s'essuya les mains et me salua en souriant, en s'inclinant.

C'est qu'elle ne parlait ni français, ni anglais.

Elle saisit un grand pot de poudre goûteuse, prit une cuillère, en versa deux fois dans un malaxeur, alla chercher un autre pot, en ressortit deux cuillerées, ajouta une quantité soigneusement mesurée d'eau, et chacun de ses gestes étaient minutieux et délicats.

Et lorsqu'elle se pencha pour atteindre la glace du congélateur, son col rond bailla, découvrant son cou en contre-plongée, une vue magnifique sur sa vallée.

Le niveau de la glace était bas, elle se pencha d'avantage, et son col recula encore, découvrant le rebondi de ses seins blancs et dodus, nus sous le tissu de sa robe.

Elle racla une tasse bien pleine, et son col se relâcha complètement, sa poitrine eut une petite vague, ses mamelons sautillèrent pour une brève apparition.

Je les ai vus, je les ai vus, je les ai vus.

Sitôt aperçus que j'ai fait un tour sur moi-même, que je me suis vivement détournée pour fixer une quelconque breloque, un dragon moustachu, je ne sais plus, pour cacher mon sourire qui n'en finissait plus de grandir.

Et elle n'a rien vu, elle n'a rien su, elle a planté une paille dans mon verre et m'a rédigé une facture à la main.

8 juillet 2009

Non, je l'enlèverai pas.

Censure

Je suis dans le métro. Il est très tard. Tu entres dans le wagon. Je suis assise. Nous ne nous connaissons pas. Nous sommes seuls.

Tu sembles revenir du travail. Tu es décoiffé et juste un peu sale. Face à moi, tu déboutonnes tes manches, puis le corps de ta chemise que tu enlèves et plis sous ton bras. Tu tends le cou d'un côté et te masses la nuque distraitement.

Ta journée semble avoir été dure.

Je t'observe.

Tu portes un t-shirt noir assez banal, mais sur toi, sur la largeur de tes épaules, sur le rebondis de tes pectoraux, le tissu se tend et met en valeur ta virile carrure.

Le métro prend de la vitesse, nous entrons dans un tunnel.

Nos regards se croisent. Je ne bronche pas. Au bout de quelques secondes, tu esquisses un sourire et regardes ailleurs, un peu embarassé.

Je fouille mon sac. Tu profites de ce moment pour m'observer plus attentivement. Mes seins semblent pesants à mon soutien-gorge. Tu voudrais bien les empoigner, les libérer de leurs bonnets pour les prendre en bouche.

Ta verge pulse légèrement.

Je trouve ce que je cherchais, et relève les yeux vers toi. Cette fois, amusé par mon audace, tu me fixes sans ciller.

Je retire le capuchon d'un tube de baume à lèvres et en déroule le bâton. Mon regard descend, se pose sur ta nuque, tes pectoraux, ton ventre, et ultimement sur ton sexe qui se dessine lentement.

J'ouvre la bouche à demi, sors bien mes lèvres pleines, et tout en fixant le renflement de ton denim, je les couvre de baume humide.

En comprenant mon manège, tu es parcouru d'un frisson d'adrénaline, et ta verge se fait lourde

Tu te sens exposé.

Ces lèvres, tu les imagines cerclant son gland, le suçotant doucement, avec un petit pointu de langue avide qui pique et qui fouille pour être abreuvé.

Tu gonfles de plus en plus, mais ton jean manque d'espace pour toute cette viande.

Ton réflexe premier est de déplacer ton membre pour qu'il puisse allonger le long de ta cuisse à son aise, mais tu n'oserais tout de même pas plonger une main dans ton pantalon.

Je mouille mon doigt de baume et le passe tranquillement de lèvre en lèvre.

Pour te soulager, tu tentes de bander tes muscles fessiers pour déplacer quelque peu ta braguette, mais rien à faire, le tissu est trop bien tendu.

Et je continue mon jeu, je continue à napper mes lèvres en fixant ton sexe.

Tu n'y tiens plus, tu déboutonnes le premier bouton de ton jean pour y glisser une main.

Je me lève.

Le wagon entre en station, mais celle-ci est pratiquement déserte.

Je te veux.

Je t'embrasse, je te mordille, je force ma langue dans ta bouche, et tu sens l'effluve tiède de ma chevelure, mes seins ronds contre ta poitrine, ma main te frictionnant l'entre-jambe, et un à un, les boutons de ton jean qui sautent.

Tu as de la difficulté à bien réaliser ce qui t'arrive.

J'écarte l'élastique de ton caleçon, et enfin, tu es libéré de la pression, tu t'étales de tout ton long.

Ta chemise tombe de ton bras qui ne la tient plus.

Je te donne un grand coup de langue aux lèvres comme un au revoir, un signe de départ, car je te quitte pour m'attaquer à ton gland violacé.

Tu gémis ton incrédulité.

Et tu es si solide que j'ai à peine besoin de te découvrir. Je te tiens, poings fermés, et je te lèche goulûment, comme une sucette, un gros bonbon sucré.

Tu gémis ton soulagement.

Après maintes lampées avides, j'attrape la base de ton membre pour en lisser la peau. Je change de cadence, faisant maintenant de longs aller-retours serrés. J'appuie le plat de ma langue sous ta verge aux veines saillantes, et je remonte jusqu'à ta couronne en t'enveloppant si bien que tu croirais pénétrer une étroite pucelle.

Je te suce, je t'aspire, je te mange, et à un certain moment, les sensations sont si fortes que tu te sens perdre pied. Tu recules d'un pas, et ton dos percute les portes closes, mais plutôt que de t'échapper, je m'ajuste parfaitement à ton mouvement.

Je suis gourmande, tenace, je t'ai, je te tiens.

Cette fois bien planté sur tes pieds, tu prends ma tête entre tes paumes, tu te cambres, tu te tends pour que je te gobe dans toute ta longueur.

Tu te sens énorme.

Tu te penches vers moi et plonge ta main dans mon col, contourne habilement le soutien gorge, et saisis un de mes seins, chaud et lourd dans ta paume. Mes mamelons sont tout petits, pâles et délicats, dressés sous tes doigts qui palpent et qui pincent.

Et tu te penches d'avantage pour relever mon chandail et exhiber ma poitrine, mais en te sentant te replier sur moi, j'avance ma tête entre tes jambes, et je te suce de plus belle, et tu sens mon front contre ton ventre, ma bouche dégoulinante de salive qui t'aspire, et tu restes un moment ainsi, replié, avalé, mais lorsque tu te relèves, tu ne gémis plus, tu ne parles plus, tu t'appuies sur les portes et t'abandonnes en te concentrant seulement sur mes lèvres, ma langue, mon souffle, qui vont et viennent et qui vont et qui viennent.

Je sens le relief de tes veines sous ma langue, je sens ton scrotum se raffermir, et tu gémis doucement, tu te sens monter, si dur, si gonflé, et j'accélère, je veux te boire, tu gémis encore, tu te sens si incroyablement compressé, et je bouge parfaitement bien, je bouge si bien que tu te perds, tu décolles, tu agrippes ma chevelure, tu t'enfonces au plus profond de ma gorge, et ça y est presque, ça y est presque, ça y est, ça y est tu jouis, tu exploses, tu râles et ton sperme chaud me coule sur la langue, me coule dans la gorge sans que je ne puisse rien y faire, car tu me tiens bien, tu me maintiens pour ne pas me laisser lâcher prise, pas maintenant, pas encore, pas alors que tu te vides, si bien, si bien, si bien...

Lorsque qu'enfin, tu me lâches, je m'affale dans un grand respir avec un long coulis de sperme et de salive que ton abus m'a empêché de retenir.

Tu glisses le long des portes, et tombes assis par terre, à sec, complètement à sec, la verge secouée de spasmes.

Je me lève, couvre mes seins, et souris.

Pas capable

Vous que je connais.

Vous qui me lisez.

Vous m'emmerdez.

J'ai envie d'écrire salement. J'ai envie d'écrire sans devoir être à la hauteur. J'ai envie d'écrire sans être connue, ni par le Tendre, le petit frère, cet homme à mon travail, ou tous ces amis trop enthousiastes qui réclament du boni avec des étoiles dans les yeux.

J'ai envie d'écrire.

J'ai envie d'écrire.

Mais vos yeux me gardent bien de le faire.

Si vous saviez, si vous saviez tout ce que j'aurais à raconter.

Les mots me viennent déjà en bouche, comme un flot de salive sucrée avant un gros dessert.

Mais voilà, vous me lisez, et je vous emmerde.
Je suis désolée. Je suis dans une spirale de censure infinie.

Ça va venir.

3 juillet 2009

Triple H

Je m'ennuie de l'époque où j'écoutais la lutte à la télé.

La grosse lutte américaine sale, où on te prend pour un con, un vraiment très très gros con.

Avec de la violence et du cul, du cul huileux, bronzé, parfait, et des drapeaux américains partout, partout.

L'écran en coin de salle diffuse un match sur mute.

Ozzy gueule par dessus.

Tout est parfait.

2 juillet 2009

Allume

Arrête de me regarder.

Tu ne m'intéresses pas.

Merde.

Avec ta Labatt bleue. Ton petit air de séducteur. Ton vieux t-shirt et ta coupe de cheveux cheap.

J'ai bu le cocktail que tu m'as fait apporter. J'ai remercié le serveur et je l'ai bu sans même jeter un regard à la salle.

Qu'est-ce que tu attends, comme ça? Le bar se vide, les gens quittent un à un, mais toi tu restes là. Accoudé au bar. Ne comprenant pas l'anglais.

Tu me fixes comme un prédateur, mais parfois ton regard se perd et tu tombes dans la lune.

Tu as quarante ans, risible petit bonhomme.

Arrête de me regarder.

Tu ne m'intéresses pas.

Merde.

Rappel logique

Lisez Billy (avant) avant Billy (après).

Billy

Je te vois, Billy. Vieux barman Croate, toujours bien habillé, la chemise pressée, l'ourlet appuyé sur ta ceinture à boucle dorée.

À ton bar, tu donnes la moitié des verres que tu sers, tu prends des nouvelles, tu refuses les pourboires, tu frottes ton comptoir, tu marches un peu parce que tu t'ennuies, tu regardes dehors, tu t'assoies dans un coin en attendant que les jeunes s'amusent.

Et à deux heures du matin, tu as bien réussi Billy, les jeunes sont saouls, ils fument des clopes et de l'herbe. Les amis des uns sont devenus les amis des autres, et c'est de ta faute. Pendant qu'ils s'amusent, toi, tu cognes des clous derrière ton comptoir. Sur ta vieille chaise, tu te réveilles aux quinze minutes en attendant l'heure de la fermeture.

"Encore une heure, encore une heure,"

Et quand tu ne dors pas, tu regardes les femmes.

Lorsqu'une femme se présente à ton bar, tu lui fais les yeux doux, tu lui fais blagues ou des jeux de mots, tu trouves des excuses pour lui toucher les mains.

À moi, tu as donné un double sur la maison, puis un autre sur toi, et tous tes doubles étaient en fait des triples, avec du soda qui déborde et éclabousse le comptoir. C'est bien gentil, mais je comprends mal pourquoi tu aimes tant me voir boire, Billy. Tu sais bien que je ne serai jamais suffisamment saoule pour vouloir de toi.

Tant pis, tant pis pour toi.

Mais j'ai bien bu, faut que j'évacue maintenant.

Sans t’avoir rien demandé, tu viens m’ouvrir la porte de la toilette des dames, tu vérifies si c'est propre et s'il y a ce qu'il a tout ce qu'il faut, et lorsque je suis entrée, tu rembarres même derrière moi, comme tu es courtois.

Mais on dirait que toi aussi, tu as besoin d’aller.

Tu t'embarres dans la salle de bain juste à côté.

Aaah.

Qu'est-ce que c'est?

Un grand trou sous le lavabo?

Je te vois Billy, vieux salopard.

Billy (avant)

Je te vois, Billy.

Toujours bien habillé, la chemise pressée, l'ourlet appuyé sur ta ceinture à boucle dorée. Tu prends soin des jeunes parce que ça te fait plaisir, Billy.

Tu donnes la moitié des verres que tu sers, tu prends des nouvelles, tu refuses les pourboires, tu frottes ton comptoir, tu marches un peu parce que tu t'ennuies, tu regardes par les fenêtres, tu t'assoies dans un coin en attendant que les jeunes s'amusent.

À deux heures du matin, tu as bien réussi Billy, les jeunes sont saouls, ils fument des clopes ou de l'herbe, ils parlent et partagent avec des inconnus. Ils s'amusent Billy, et toi, tu cognes des clous sur ta vieille chaise, tu te réveilles aux quinze minutes pour vérifier les aiguilles de ta montre.

"Ils ont encore une heure, encore une heure,"

Tu peux somnoler comme ça longtemps parce que les jeunes n'ont pas beaucoup d'argent.

Je te vois Billy, vieux Croate bienveillant.