Je me balade en suivant le courant noir de monde.
Partout, tout autour, les robes soufflées par la brise enveloppent le corps des femmes, partout, tout autour, des fesses en devinettes, des fesses comme des salades de fruits.
Oui Freud, j'aurais aimé avoir un pénis.
Être un homme, je saisirais celle qui marche là devant, et que le reste disparaisse pour nous laisser la rue entière.
Son visage est admirable, mais j'en aurais bien peu à faire. Sa robe tomberait, et je saisirais la descente de ses reins pour la ramener contre ma boursouflure pressée serrée. Pliée sous la pression de ma paume autoritaire, je tiendrais sa taille en étau, et penché sur son dos, je recueillerais du bout de la langue la saveur de sa peau de plage, je cueillerais du bout de mes doigts la fleur de ses seins blancs.
J'écarterais ses précieuses douceurs, je leur donnerais de grandes claques élastiques pour le plaisir de les voir bondir, et sous la pression des gémirs et des ongles acryliques de plus en plus aigus surgirait éventuellement l'animal dans un bel éclat de chair.
Je soulèverais son ventre du plat de la main pour insérer le sommet de mon sommet, et je ferais tranquillement saucette, je serais patient, je prendrais mon temps.
Puis je me retirerais pour aller saluer son bouton d'or haut perché, ce que la demoiselle considèrerait avec appréhension. Son "non" sonore serait en fait un "prudence" qui s'ignore, mais je serais gentil, je retournerais là où j'en étais, mais cette fois pour une entrée fracassante, avec les hanches comme deux rennes pour agripper la belle bête qui se cambre.
Oui, si j'étais un homme, je serais dégourdi et vigoureux.
Oh garçon, amène tes doigts de fée et mange-moi comme une mangue.
14 juin 2010
13 juin 2010
Wild child
Sept heures trente qui font mal, l'oeil viré au fond du crâne, oublié hier les rideaux, la lumière ce matin punch comme un poing américain.
L'adrénaline me lève, me pousse malgré mes pieds au lavabo pour un verre d'eau qui coule et se fracasse dans le trou de mon estomac vide.
Je ne suis pas faite pour travailler.
Aujourd'hui sera définitivement un jour grunge, 20 ans trop tard. Ma tignasse dopée au spray-net de la veille ne sera pas retouchée. L'estampe du club gai sur mon bras s'effacera d'elle-même ou ne s'effacera pas.
Je suis démaquillée, c'est déjà ça.
Brosse à dents en joue, gros jean, converse, camisole gris banal, et une veste de coton empruntée, jamais rendue, à un bon garçon qui ne voulait pas que je prenne froid, je m'observe.
Pour quatre heures de sommeil et une nuit à danser ma vie, je me serais attendue à pire: trois étages de cernes et un teint poubelle, au moins. En fait, mis à part un désert dans ma bouche et un moteur dans ma gorge, je suis à peu près cute.
C'est que hier, on s'est empilés dans une toilette.
La musique écrase les conversations, oblige à crier au creux des oreilles, garde les yeux fixes à l'affût des souliers cirés de la sécurité, impossible à entendre arriver, qui débarque avec sa lampe de poche grosse comme une matraque pour balayer les cabinets à l'affut de gens comme nous.
J'ai cinq litres de sang mal répartis qui me battent les joues. Les fesses sur l'émail du réservoir et les cuisses ouvertes sur le derrière de tête d'un ami assis sur la cuvette. Je suis mal foutue, en équilibre avec les talons à plat contre la porte au loquet mou. Il ne peut y avoir qu'une seule paire de pieds visibles, et ce sont loin d'être les miens.
Une troisième comparse, de dos à nous, fouette un sachet et, accotée sur le distributeur de papier-cul qui en a vu d'autres, en pile et concasse les fines granules avec sa carte de l'UQAM.
L'image me fait rire, et je manque de casser notre belle structure.
Puis nous nous désemboîtons, nous sortons un par un, incognitos, à peine plus ragaillardis qu'avant, en tirant l'air du nez comme des professionnels.
Dernier coup de miroir: nous sommes beaux, et la musique est folle.
Allons danser les bébés, que je leur ai dit, et ne pensons pas à demain!
C'est bien ce qui est arrivé.
Misère.
L'adrénaline me lève, me pousse malgré mes pieds au lavabo pour un verre d'eau qui coule et se fracasse dans le trou de mon estomac vide.
Je ne suis pas faite pour travailler.
Aujourd'hui sera définitivement un jour grunge, 20 ans trop tard. Ma tignasse dopée au spray-net de la veille ne sera pas retouchée. L'estampe du club gai sur mon bras s'effacera d'elle-même ou ne s'effacera pas.
Je suis démaquillée, c'est déjà ça.
Brosse à dents en joue, gros jean, converse, camisole gris banal, et une veste de coton empruntée, jamais rendue, à un bon garçon qui ne voulait pas que je prenne froid, je m'observe.
Pour quatre heures de sommeil et une nuit à danser ma vie, je me serais attendue à pire: trois étages de cernes et un teint poubelle, au moins. En fait, mis à part un désert dans ma bouche et un moteur dans ma gorge, je suis à peu près cute.
C'est que hier, on s'est empilés dans une toilette.
La musique écrase les conversations, oblige à crier au creux des oreilles, garde les yeux fixes à l'affût des souliers cirés de la sécurité, impossible à entendre arriver, qui débarque avec sa lampe de poche grosse comme une matraque pour balayer les cabinets à l'affut de gens comme nous.
J'ai cinq litres de sang mal répartis qui me battent les joues. Les fesses sur l'émail du réservoir et les cuisses ouvertes sur le derrière de tête d'un ami assis sur la cuvette. Je suis mal foutue, en équilibre avec les talons à plat contre la porte au loquet mou. Il ne peut y avoir qu'une seule paire de pieds visibles, et ce sont loin d'être les miens.
Une troisième comparse, de dos à nous, fouette un sachet et, accotée sur le distributeur de papier-cul qui en a vu d'autres, en pile et concasse les fines granules avec sa carte de l'UQAM.
L'image me fait rire, et je manque de casser notre belle structure.
Puis nous nous désemboîtons, nous sortons un par un, incognitos, à peine plus ragaillardis qu'avant, en tirant l'air du nez comme des professionnels.
Dernier coup de miroir: nous sommes beaux, et la musique est folle.
Allons danser les bébés, que je leur ai dit, et ne pensons pas à demain!
C'est bien ce qui est arrivé.
Misère.
Fabulé à
01:51
10 juin 2010
Je marche dans la bruine et j'ai l'idée fixe, fixe sur la nuit d'hier, sur nos yeux en cadenas et ton frisson dans mon ventre.
Regarde-moi que tu m'as dit.
"Regarde-moi!"
Je t'ai regardé, ton visage empilé sur le mien et ton souffle dans ma bouche, je me suis accrochée à tes yeux, tes yeux comme des puits, des cascades appelant mon essence à surgir, à se mêler à ce qui coule au plus profond de ton être ému.
Deux torrents qui se rencontrent, s'acceptent et se traversent dans un instant de beauté infinie.
Je t'ai regardé, et aujourd'hui je cherche les mots pour décrire l'intensité inouie du moment qui me bouleverse et me colore encore malgré le jour, malgré la pluie.
Creux dans tes yeux, je t'ai vu décoller, l'extase qui t'a hérissé, je l'ai vue, j'étais la, tout près, et lorsque tu es revenu, je t'ai recueilli dans le cocon de mes bras, de mes cuisses, pour un moment échappé du temps où il n'y avait plus rien, que le vide, la lumière, et nous deux, au centre.
Regarde-moi que tu m'as dit.
"Regarde-moi!"
Je t'ai regardé, ton visage empilé sur le mien et ton souffle dans ma bouche, je me suis accrochée à tes yeux, tes yeux comme des puits, des cascades appelant mon essence à surgir, à se mêler à ce qui coule au plus profond de ton être ému.
Deux torrents qui se rencontrent, s'acceptent et se traversent dans un instant de beauté infinie.
Je t'ai regardé, et aujourd'hui je cherche les mots pour décrire l'intensité inouie du moment qui me bouleverse et me colore encore malgré le jour, malgré la pluie.
Creux dans tes yeux, je t'ai vu décoller, l'extase qui t'a hérissé, je l'ai vue, j'étais la, tout près, et lorsque tu es revenu, je t'ai recueilli dans le cocon de mes bras, de mes cuisses, pour un moment échappé du temps où il n'y avait plus rien, que le vide, la lumière, et nous deux, au centre.
Fabulé à
19:49
4 juin 2010
Hâte
Végète au travail, cogne des clous pour avoir trop fêté la veille, et soit dit en passant, le végépâté ça sert à rien, ni à goûter, ni à nourrir.
En attendant que ça passe, je te texte du mièvre auquel tu réponds du mièvre, et ça me fait sourire aux murs.
J'ai hâte de toi.
Hâte de te voir picoté de bleu royal dans ma nouvelle chambre, le genou douloureux sur la dernière marche d'un escabo sale, avec une casquette, la palette à l'envers, et portant autre chose qu'un de tes t-shirts de bands de metal que j'aime beaucoup.
Hâte d'écouter du Normand L'Amour en surveillant la cuisson du poudding chômeur.
Hâte de brainstormer sur des scénarios fous en tirant sur des joins roulés trop serrés.
Hâte de te donner des bouchées de mon misterfreeze bleu.
Hâte de te donner rendez-vous, puis d'ouvrir mes tiroirs à sous-vêtements à la volée.
Hâte d'aller à la Ronde et de trouver ça plate.
Hâte de te faire l'amour dans un lieu achalandé.
Avec toi, avec toi.
Toi et moi et Ricard dans un pédalo jaune.
Claudia et Mathieu ronflant en cuillère.
En attendant que ça passe, je te texte du mièvre auquel tu réponds du mièvre, et ça me fait sourire aux murs.
J'ai hâte de toi.
Hâte de te voir picoté de bleu royal dans ma nouvelle chambre, le genou douloureux sur la dernière marche d'un escabo sale, avec une casquette, la palette à l'envers, et portant autre chose qu'un de tes t-shirts de bands de metal que j'aime beaucoup.
Hâte d'écouter du Normand L'Amour en surveillant la cuisson du poudding chômeur.
Hâte de brainstormer sur des scénarios fous en tirant sur des joins roulés trop serrés.
Hâte de te donner des bouchées de mon misterfreeze bleu.
Hâte de te donner rendez-vous, puis d'ouvrir mes tiroirs à sous-vêtements à la volée.
Hâte d'aller à la Ronde et de trouver ça plate.
Hâte de te faire l'amour dans un lieu achalandé.
Avec toi, avec toi.
Toi et moi et Ricard dans un pédalo jaune.
Claudia et Mathieu ronflant en cuillère.
Fabulé à
18:56
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