Comment expliquer.
C'est comme si ton âme prenait de l'expansion.
Un peu comme quand les mots te manquent pour décrire ce qui est parfait.
Ou encore comme l'état d'émotion pure dans lequel tu baignes lorsque tu t'en vas à la rencontre de quelqu'un que tu as espoir d'aimer.
C'est aussi comme quand la voix entre tes deux yeux se tait, et qu'il n'y a plus rien d'autre que toi, mille inconnus, et la musique qui vous transporte tous dans le même sens.
Ou comme lorsque tu es entièrement absorbé à créer, avec la très nette impression d'être en train de contribuer au monde.
C'est l'élément commun à toutes ces situations, indicible et insaisissable, qui me donne donne l'impression d'être enlignée dans une direction.
22 octobre 2010
18 octobre 2010
Mademoiselle crododile
Ce n’était pas une vraie étreinte. C’était moi qui serrais les bras autour d’un corps en pensant à n’importe quoi d’autre pour ne pas couler, façon éjaculateur précoce.
Une licorne, un bébé en couche, le chat sur le perron qui n’a pas voulu du cube de boeuf cuit dans l'sirop...
Je décontracte les bras, accroche sa joue avec mes lèvres, et sur un beau baiser de malaise, je lui prodigue mes banalités avec l’allure d’une grande dame.
« Ok salut! Bonne semaine! Tu diras bonjour à…! Et fais attention à...! »
Du haut de l'escalier, il me regarde, pas trop sûr.
« Hey. Pas de game, là. Si tu veux que je vienne te voir cette semaine, tu m’appelles. »
« Non, moi j’appellerai pas. Mais si toi, tu en as envie, tu peux. »
Et pleine d’orgueil, j’avale toutes les marches qui me séparent de la rue en pas assez de temps pour que ça ait l’air normal.
Je marche droit devant dans mes longues bottes qui me font des fesses en pommes. J'hésite sérieusement à m'en débarrasser, et à faire le reste du trajet en bas. Marcher sur un tesson de bouteille aurait au moins le mérite de me donner une vraie raison de chigner.
Loin derrière sur le trottoir, un homme fait son jogging, et bêtement, je me retourne en me disant que c’est peut-être lui qui est sorti de son appartement pour me courir après.
C’est con, une femme.
Je bats des cils. Un papa raclant des feuilles me regarde passer avec des yeux contents.
Fuck you papa, fuck you!
Mais bien évidemment que je ne le lui dis pas.
Je m’assoie sur un banc à l’entrée du métro. Je sors mon portable parce que les mots m'éclatent la tête.
Près de l’escalier roulant, un spot plein de stratégie, il y a un vieil homme qui recrute pour son église. Ses cheveux sont léchés proprement, il porte un habit et une cravate, et lorsqu’un autobus ou un métro déverse sa vague de passants, il tend ses dépliants en offrant à tout le monde son dentier en sourire.
Personne ne lui adresse ne serait-ce qu’un regard.
Fait une heure maintenant que je travaille mon mauvais texte, et en tout ce temps, on a dû lui refuser l’existence au moins mille fois.
Ça ne l’a pas empêché de continuer à sourire aux murs, et à rien faire de plus que se repeigner contre les courants d’airs et alterner sa douleur de pied en pied.
Lui, il aurait eu de quoi pleurer, contrairement à moi sur mon banc, jeune, en santé et aimée, qui pleure un petit bouillon de larmes vides.
What the fuck is my problem
Tout d’un coup, ça me revient.
Je vais avoir mes règles demain.
Une licorne, un bébé en couche, le chat sur le perron qui n’a pas voulu du cube de boeuf cuit dans l'sirop...
Je décontracte les bras, accroche sa joue avec mes lèvres, et sur un beau baiser de malaise, je lui prodigue mes banalités avec l’allure d’une grande dame.
« Ok salut! Bonne semaine! Tu diras bonjour à…! Et fais attention à...! »
Du haut de l'escalier, il me regarde, pas trop sûr.
« Hey. Pas de game, là. Si tu veux que je vienne te voir cette semaine, tu m’appelles. »
« Non, moi j’appellerai pas. Mais si toi, tu en as envie, tu peux. »
Et pleine d’orgueil, j’avale toutes les marches qui me séparent de la rue en pas assez de temps pour que ça ait l’air normal.
Je marche droit devant dans mes longues bottes qui me font des fesses en pommes. J'hésite sérieusement à m'en débarrasser, et à faire le reste du trajet en bas. Marcher sur un tesson de bouteille aurait au moins le mérite de me donner une vraie raison de chigner.
Loin derrière sur le trottoir, un homme fait son jogging, et bêtement, je me retourne en me disant que c’est peut-être lui qui est sorti de son appartement pour me courir après.
C’est con, une femme.
Je bats des cils. Un papa raclant des feuilles me regarde passer avec des yeux contents.
Fuck you papa, fuck you!
Mais bien évidemment que je ne le lui dis pas.
Je m’assoie sur un banc à l’entrée du métro. Je sors mon portable parce que les mots m'éclatent la tête.
Près de l’escalier roulant, un spot plein de stratégie, il y a un vieil homme qui recrute pour son église. Ses cheveux sont léchés proprement, il porte un habit et une cravate, et lorsqu’un autobus ou un métro déverse sa vague de passants, il tend ses dépliants en offrant à tout le monde son dentier en sourire.
Personne ne lui adresse ne serait-ce qu’un regard.
Fait une heure maintenant que je travaille mon mauvais texte, et en tout ce temps, on a dû lui refuser l’existence au moins mille fois.
Ça ne l’a pas empêché de continuer à sourire aux murs, et à rien faire de plus que se repeigner contre les courants d’airs et alterner sa douleur de pied en pied.
Lui, il aurait eu de quoi pleurer, contrairement à moi sur mon banc, jeune, en santé et aimée, qui pleure un petit bouillon de larmes vides.
What the fuck is my problem
Tout d’un coup, ça me revient.
Je vais avoir mes règles demain.
Fabulé à
16:53
1 octobre 2010
Je traîne mais je ne suis pas une traînée
Elle avait recommencé à se tenir dans des cafés, mais un peu moins souvent qu’avant pour cause d'un très beau quelqu’un qui avait éclot dans sa vie en même temps que les bourgeons du printemps. L’amour avait remplacé la solitude poétique. Désormais, elle ne traînait plus que pour des raisons académiques.
C'aurait été sage si ça avait été vrai.
La journée était belle et bleue, et soulignait bien l'arrivée glorieuse de l'automne, le grand retour aux bancs de l'érudition, aux trottoirs aux cent couleurs et au café en bol qui réchauffe les doigts.
Et qui, en grande quantité, excite mieux que de la poudre à nez.
À titre d'exemple, jusqu'à présent, et la journée n'était qu'à sa première moitié, elle en avait siroté deux litres au moins, et pissé le double sinon plus, tel un gros percolateur, mais dans l'autre sens.
Elle était donc assise, entourée par la platitude de la connaissance pointue, à écrire le miel et l'eau de rose de la veille au soir.
Il pleuvait fort. Dans le métro, elle s'était peinte une bouche de coquelicot, et aussi loin des regards que le domaine du possible le permettait, avait fait couler deux gouttes de parfum au creux de ses seins.
Elle était arrivée chez-lui un peu mouillée et drapée d'un grand châle, comme une Marilyn.
L'appartement sentait la popotte, la lumière était chaude et il y avait du jazz à la radio.
Lui, il avait le derrière des oreilles qui sentait le savon.
Il lui prit les mains et l'amena à la cuisine, pas peu fier. Il avait passé la journée à faire la petite femme, à penser à tout et à tout prévoir, courant ici pour une baguette fraîche et des cannelés, là-bas pour une bouteille de rouge, et encore ailleurs pour du fromage, des fruits, des légumes et du bœuf, et avant qu'elle n'arrive enfin, il s'était douché, avait dompté sa tignasse puis fouillé pour de beaux vêtements qui ne furent pas trop fripés.
Il l'invita à s'asseoir, et lui servit un chic martini. Elle put plonger les doigts dans la jarre à olives au moins dix fois avant qu'il ne la lui enlève.
Ils mangèrent longtemps, et tout était exceptionnellement bon, et lorsque le vin fut vide, il lui dit qu'un jour, il casserait une gueule pour elle, puis il descendit s'entretenir avec sa cerise.
Après quoi, elle s'évanouit dans un sommeil comme un coma.
Et la journée était belle.
C'aurait été sage si ça avait été vrai.
La journée était belle et bleue, et soulignait bien l'arrivée glorieuse de l'automne, le grand retour aux bancs de l'érudition, aux trottoirs aux cent couleurs et au café en bol qui réchauffe les doigts.
Et qui, en grande quantité, excite mieux que de la poudre à nez.
À titre d'exemple, jusqu'à présent, et la journée n'était qu'à sa première moitié, elle en avait siroté deux litres au moins, et pissé le double sinon plus, tel un gros percolateur, mais dans l'autre sens.
Elle était donc assise, entourée par la platitude de la connaissance pointue, à écrire le miel et l'eau de rose de la veille au soir.
Il pleuvait fort. Dans le métro, elle s'était peinte une bouche de coquelicot, et aussi loin des regards que le domaine du possible le permettait, avait fait couler deux gouttes de parfum au creux de ses seins.
Elle était arrivée chez-lui un peu mouillée et drapée d'un grand châle, comme une Marilyn.
L'appartement sentait la popotte, la lumière était chaude et il y avait du jazz à la radio.
Lui, il avait le derrière des oreilles qui sentait le savon.
Il lui prit les mains et l'amena à la cuisine, pas peu fier. Il avait passé la journée à faire la petite femme, à penser à tout et à tout prévoir, courant ici pour une baguette fraîche et des cannelés, là-bas pour une bouteille de rouge, et encore ailleurs pour du fromage, des fruits, des légumes et du bœuf, et avant qu'elle n'arrive enfin, il s'était douché, avait dompté sa tignasse puis fouillé pour de beaux vêtements qui ne furent pas trop fripés.
Il l'invita à s'asseoir, et lui servit un chic martini. Elle put plonger les doigts dans la jarre à olives au moins dix fois avant qu'il ne la lui enlève.
Ils mangèrent longtemps, et tout était exceptionnellement bon, et lorsque le vin fut vide, il lui dit qu'un jour, il casserait une gueule pour elle, puis il descendit s'entretenir avec sa cerise.
Après quoi, elle s'évanouit dans un sommeil comme un coma.
Et la journée était belle.
Fabulé à
16:00
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