Végète au travail, cogne des clous pour avoir trop fêté la veille, et soit dit en passant, le végépâté ça sert à rien, ni à goûter, ni à nourrir.
En attendant que ça passe, je te texte du mièvre auquel tu réponds du mièvre, et ça me fait sourire aux murs.
J'ai hâte de toi.
Hâte de te voir picoté de bleu royal dans ma nouvelle chambre, le genou douloureux sur la dernière marche d'un escabo sale, avec une casquette, la palette à l'envers, et portant autre chose qu'un de tes t-shirts de bands de metal que j'aime beaucoup.
Hâte d'écouter du Normand L'Amour en surveillant la cuisson du poudding chômeur.
Hâte de brainstormer sur des scénarios fous en tirant sur des joins roulés trop serrés.
Hâte de te donner des bouchées de mon misterfreeze bleu.
Hâte de te donner rendez-vous, puis d'ouvrir mes tiroirs à sous-vêtements à la volée.
Hâte d'aller à la Ronde et de trouver ça plate.
Hâte de te faire l'amour dans un lieu achalandé.
Avec toi, avec toi.
Toi et moi et Ricard dans un pédalo jaune.
Claudia et Mathieu ronflant en cuillère.
4 juin 2010
25 mai 2010
C'est fait. Je lui ai parlé de lui.
Il m'a dit des choses belles. Que j'avais été bonne pour lui, que j'avais été sa boîte à surprise, son soleil dans une période noire de sa vie. Je lui ai dit qu'il n'avait pas à être déçu, que la balle avait été dans son camp une éternité, et qu'il avait fait le choix de ne pas la saisir.
Il était triste. J'ai pleuré. Mais j'ai ri. Et j'ai pleuré encore. On s'est rappelés du beau, et il y en avait beaucoup. Il m'a dit qu'il n'avait jamais vibré aussi fort avec quelqu'un. Jamais.
Puis il m'a posé des questions sur lui, l'autre, des questions auxquelles il ne voulait pas de réponses.
On s'est dit qu'on se reverrait autrement, que je devais être heureuse, et que c'était mieux comme ça, au fond.
Il m'a appelé un taxi qu'il a payé, et je suis rentrée.
C'est une page. Une page qui s'envole.
Il m'a dit des choses belles. Que j'avais été bonne pour lui, que j'avais été sa boîte à surprise, son soleil dans une période noire de sa vie. Je lui ai dit qu'il n'avait pas à être déçu, que la balle avait été dans son camp une éternité, et qu'il avait fait le choix de ne pas la saisir.
Il était triste. J'ai pleuré. Mais j'ai ri. Et j'ai pleuré encore. On s'est rappelés du beau, et il y en avait beaucoup. Il m'a dit qu'il n'avait jamais vibré aussi fort avec quelqu'un. Jamais.
Puis il m'a posé des questions sur lui, l'autre, des questions auxquelles il ne voulait pas de réponses.
On s'est dit qu'on se reverrait autrement, que je devais être heureuse, et que c'était mieux comme ça, au fond.
Il m'a appelé un taxi qu'il a payé, et je suis rentrée.
C'est une page. Une page qui s'envole.
21 avril 2010
Bye bye bobaraba
C'est cet hiver que j'ai appris que le club africain fermait ses portes pour un mois entier, mais il y avait autre chose dans l'air, autre chose qu'une odeur de banane plantain ou d'ailes de poulet frites, comme un parfum, une effluve de fermeture définitive.
La police s'était mise à débarquer souvent, et j'ai vu le racisme, j'ai vu les agents blancs descendre les escaliers du hall comme s'ils entraient dans une grotte, avec un air vigilant à fesser dedans, puis longer la piste de danse, faire le tour, se méfier, pour finalement repartir sans un mot, parce qu'il n'y avait rien, il n'y avait jamais rien eu non plus, ni à voir, ni à dire.
Et il y avait autre chose aussi, une amende de la ville qui disait que les hottes des cuisines n'étaient pas réglementaires, mais elles étaient très bien les hottes, neuves et brillantes, quelques centimètres de plus et on les aurait laissées tranquilles, mais ce n'était pas adéquat, il fallait tout remplacer avant la fin du mois, et tant pis si l'argent ne se cueille pas comme les noix de coco.
Bref, rien n'allait plus. Je devais trouver autre chose.
Quelques jours passèrent, puis un soir où serviette au cou, je déblatérais ma vie en me musclant le grand fessier, Alex, mon beau Alex, me fit une proposition d'or.
Ben bébé, pourquoi tu viendrais pas appliquer au spa?
Je suis allée porter mon curriculum vitae le lendemain.
La police s'était mise à débarquer souvent, et j'ai vu le racisme, j'ai vu les agents blancs descendre les escaliers du hall comme s'ils entraient dans une grotte, avec un air vigilant à fesser dedans, puis longer la piste de danse, faire le tour, se méfier, pour finalement repartir sans un mot, parce qu'il n'y avait rien, il n'y avait jamais rien eu non plus, ni à voir, ni à dire.
Et il y avait autre chose aussi, une amende de la ville qui disait que les hottes des cuisines n'étaient pas réglementaires, mais elles étaient très bien les hottes, neuves et brillantes, quelques centimètres de plus et on les aurait laissées tranquilles, mais ce n'était pas adéquat, il fallait tout remplacer avant la fin du mois, et tant pis si l'argent ne se cueille pas comme les noix de coco.
Bref, rien n'allait plus. Je devais trouver autre chose.
Quelques jours passèrent, puis un soir où serviette au cou, je déblatérais ma vie en me musclant le grand fessier, Alex, mon beau Alex, me fit une proposition d'or.
Ben bébé, pourquoi tu viendrais pas appliquer au spa?
Je suis allée porter mon curriculum vitae le lendemain.
10 mars 2010
Deuxieme mois
Mon voisin du dessus est bruyant, homosexuel, et sexuellement actif.
Mon voisin d'à-côté est bruyant, homophobe, et sexuellement inactif.
Mon voisin d'à-côté est bruyant, homophobe, et sexuellement inactif.
25 février 2010
L'appartement
Il avait trois as dans son jeu.
Il avait trois as, le vlimeux!
Le chanceux!
Les dés! Les verres! Les chaises! Les pieds! Se cognent!
Se cognent!
ET TOUT LE MONDE RIT. FORT. LE PLANCHER CRAQUE. FORT. UNE PORTE CLAQUE. FORT.
PUIS UN DES VERRES ÉCLATE ET C'EST IMMENSÉMENT AMUSANT.
Dans mon petit appartement, une chandelle brûle.
Jean Leloup me fixe, ses belles joues creuses écartillées comme deux rideaux sur un spectacle de dents.
Je suis emménagée ici récemment.
C'est petit, mais bien situé. Près d'un métro, du centre-ville, de l'université.
J'y ai installé tout ce que je possède. Mes plantes, mes livres, mon antique fauteuil saumon, ma bergère rose, vieux rose, belle sur ses pattes sculptées, la commode monsieur de ma grand-mère morte du cancer, mes portraits en bambou de Marilyn Monroe, et plusieurs autres objets aussi, un peu plus banals à énumérer.
Et j'ai voulu faire de ce rectangle de plâtre une extension de ma juvénile personne. Quarante mètres carrés de demoiselle. Avec une boule disco au plafond et du Joe Dassin plein les murs.
Un endroit où accueillir des amis, avec des glaçons et de la vodka au congélo, des coupes coupées à la main, et un vieux plancher de bois, et des tapis moelleux, et des prunes, des poires et des raisins dans un grand bol, et du jus de mûres bio, du café frais moulu, et du pain à la croûte qui croustille, à manger avec des fromages du terroir et des confitures faites par des mamans.
En arrivant, j'ai frotté les murs à quatre pattes, avec du Monsieur Net plein les yeux qui brûlent, et j'ai posé, avec un couteau à beurre et beaucoup de mauvaise humeur, des crochets brillants pour accrocher mes foulards et mes colliers. J'ai acheté bien des objets, ma première moppe, mon premier balais, et un siège de toilette coussiné et fushia, décoré de canards à rubans pour remplacer celui qui était là d'avant, avec son beige et son brun brûlés à la cigarette, et par bien des années de diarhées alcooliques, aussi.
Il est joli mon appartement.
Et bientôt, j'allumerai des bougies et ferai bouillir de l'eau de fleur d'oranger pour y inviter monsieur le Tendre, et lorsqu'il y sera et que j'aurai les poignets dans le dos, la joue contre le carreau, j'encouragerai nos clapotis en grande pompe, grande pompe, parce qu'il n'y aura aucun colocataire à ménager, et qu'est-ce qu'on s'en fout des voisins.
Sauf lorsqu'ils jouent aux cartes à quatre heures du matin.
Il avait trois as, le vlimeux!
Le chanceux!
Les dés! Les verres! Les chaises! Les pieds! Se cognent!
Se cognent!
ET TOUT LE MONDE RIT. FORT. LE PLANCHER CRAQUE. FORT. UNE PORTE CLAQUE. FORT.
PUIS UN DES VERRES ÉCLATE ET C'EST IMMENSÉMENT AMUSANT.
Dans mon petit appartement, une chandelle brûle.
Jean Leloup me fixe, ses belles joues creuses écartillées comme deux rideaux sur un spectacle de dents.
Je suis emménagée ici récemment.
C'est petit, mais bien situé. Près d'un métro, du centre-ville, de l'université.
J'y ai installé tout ce que je possède. Mes plantes, mes livres, mon antique fauteuil saumon, ma bergère rose, vieux rose, belle sur ses pattes sculptées, la commode monsieur de ma grand-mère morte du cancer, mes portraits en bambou de Marilyn Monroe, et plusieurs autres objets aussi, un peu plus banals à énumérer.
Et j'ai voulu faire de ce rectangle de plâtre une extension de ma juvénile personne. Quarante mètres carrés de demoiselle. Avec une boule disco au plafond et du Joe Dassin plein les murs.
Un endroit où accueillir des amis, avec des glaçons et de la vodka au congélo, des coupes coupées à la main, et un vieux plancher de bois, et des tapis moelleux, et des prunes, des poires et des raisins dans un grand bol, et du jus de mûres bio, du café frais moulu, et du pain à la croûte qui croustille, à manger avec des fromages du terroir et des confitures faites par des mamans.
En arrivant, j'ai frotté les murs à quatre pattes, avec du Monsieur Net plein les yeux qui brûlent, et j'ai posé, avec un couteau à beurre et beaucoup de mauvaise humeur, des crochets brillants pour accrocher mes foulards et mes colliers. J'ai acheté bien des objets, ma première moppe, mon premier balais, et un siège de toilette coussiné et fushia, décoré de canards à rubans pour remplacer celui qui était là d'avant, avec son beige et son brun brûlés à la cigarette, et par bien des années de diarhées alcooliques, aussi.
Il est joli mon appartement.
Et bientôt, j'allumerai des bougies et ferai bouillir de l'eau de fleur d'oranger pour y inviter monsieur le Tendre, et lorsqu'il y sera et que j'aurai les poignets dans le dos, la joue contre le carreau, j'encouragerai nos clapotis en grande pompe, grande pompe, parce qu'il n'y aura aucun colocataire à ménager, et qu'est-ce qu'on s'en fout des voisins.
Sauf lorsqu'ils jouent aux cartes à quatre heures du matin.
11 février 2010
24 novembre 2009
Le doorman
Il y avait ce doorman, au club.
Si une femelle paon et un très gros taureau, par une remarquable saloperie de la nature, pouvaient mettre bas d’un homme adulte, ça expliquerait bien des choses le concernant.
Il est donc très viril, large de torse et court sur pattes, avec de très gros biceps et de très petits polos, mais lorsqu’il parle, ses longs cils frottent coquettement contre ses hautes pommettes et sa toute petite bouche s’étire loin devant son visage, comme une fillette.
Depuis l'entrée, il me regardait par-dessus ses verres de whisky, il me regardait en parlant à ses amis, il me regardait en fouillant les clients, il me regardait tout le temps.
Je flashe trop sur toi, c’est fou, t’es ma chérie qu’il me répétait sans cesse de sa voix trop grave pour être vraie.
Et chaque soir où il s’essayait, je souriais sans m'arrêter, et il recommençait à me suivre des yeux. Ça a duré des mois comme ça, lui qui voulait et moi qui ne voulais pas, jusqu’à ce que le patron le renvoie pour avoir cogné trop fort un fêtard un soir.
Il était bête, macho, agressif et arrogant, il sentait fort l’eau de cologne et la sexualité bestiale, du genre qui t’agrippe par les cheveux d’une main et te claque les fesses de l’autre, avec son souffle rauque dans ton cou et sa sueur qui te dégoute dans le dos.
Bref.
Après quelques semaines d’absence, il s’est représenté au club tout seul.
Il avait encore plus de cou qu’avant.
Alors qu’il entrait, je m’occupais de clients qui se lavaient les mains au champagne.
Il s’est installé au bout du bar, a commandé une bouteille de red et a passé la soirée sur un tabouret à s'en aligner des verres.
Et moi, je ne l’ai pas vu, j’étais trop occupée à faire la palette et à danser ma vie.
Et la soirée était bonne, j’étais en grande forme, avec le plateau agile et le bassin en feu, mais vers deux heures trente, je suis sortie prendre l’air pour souffler un peu.
Il m’a suivi.
Je ne l’ai pas remarqué tout de suite, avec les bulles qui m’étaient montées aux joues et les tympans saturés de gros décibels, j'ai donc continué à m'enfoncer dans la ruelle.
Il me suivait toujours.
Je me suis retournée
Il était à deux pas à peine.
« J'peux te parler? »
Sa chemise blanche était sale. Elle tenait de travers sur ses larges épaules, et ses pans aux boutons sautés s'ouvraient sur son ventre lorqu'il gesticulait.
Il s'était vraisemblablement battu plus tôt en soirée.
« Pas tout de suite, d’accord? Je vais venir te voir tantôt. »
« Claudia. Pourquoi tu joues avec moi? »
« Quoi? »
« Oh, fais pas ta garce. »
« Écoute, je sors avec quelqu'un, déjà. »
« Toi écoute. Je m’en bats les couilles de ton quelqu’un. Si je le croise, je le casse en deux, tu vois? »
Il s’approche encore, et il sent l'alcool très fort mais je ne recule pas.
« Le jour où je suis débarqué, j’ai suivi mes potes, et quand je t’ai vu, j’ai flashé. T’étais trop bien. J’ai passé la soirée à leur dire comment t’étais trop bien. »
Et moi je ne réponds rien.
« Je pense à toi tout le temps et toi tu m’ignores. »
Encore rien.
« Je suis pas le plus intelligent ni le plus beau, comme tu vois. »
Et en le disant, il a une émotion, un embarras qui lui fripe la bouche et lui adoucit les yeux.
« Mais j’ai un cœur, et toi t’es dedans. »
Ça, ça m'a fait sourire.
« Laisse-moi une chance, une petite heure pour un café, et je vais te prouver que moi aussi, je suis bien. »
« Non, écoute, ça marche pas comme ça. »
« Je suis sérieux. Laisse-moi une chance, merde. »
Il se rapproche à nouveau. Son corps est immense. Cette fois, je recule jusqu'à avoir la brique au dos.
Et il m'embrasse.
Si une femelle paon et un très gros taureau, par une remarquable saloperie de la nature, pouvaient mettre bas d’un homme adulte, ça expliquerait bien des choses le concernant.
Il est donc très viril, large de torse et court sur pattes, avec de très gros biceps et de très petits polos, mais lorsqu’il parle, ses longs cils frottent coquettement contre ses hautes pommettes et sa toute petite bouche s’étire loin devant son visage, comme une fillette.
Depuis l'entrée, il me regardait par-dessus ses verres de whisky, il me regardait en parlant à ses amis, il me regardait en fouillant les clients, il me regardait tout le temps.
Je flashe trop sur toi, c’est fou, t’es ma chérie qu’il me répétait sans cesse de sa voix trop grave pour être vraie.
Et chaque soir où il s’essayait, je souriais sans m'arrêter, et il recommençait à me suivre des yeux. Ça a duré des mois comme ça, lui qui voulait et moi qui ne voulais pas, jusqu’à ce que le patron le renvoie pour avoir cogné trop fort un fêtard un soir.
Il était bête, macho, agressif et arrogant, il sentait fort l’eau de cologne et la sexualité bestiale, du genre qui t’agrippe par les cheveux d’une main et te claque les fesses de l’autre, avec son souffle rauque dans ton cou et sa sueur qui te dégoute dans le dos.
Bref.
Après quelques semaines d’absence, il s’est représenté au club tout seul.
Il avait encore plus de cou qu’avant.
Alors qu’il entrait, je m’occupais de clients qui se lavaient les mains au champagne.
Il s’est installé au bout du bar, a commandé une bouteille de red et a passé la soirée sur un tabouret à s'en aligner des verres.
Et moi, je ne l’ai pas vu, j’étais trop occupée à faire la palette et à danser ma vie.
Et la soirée était bonne, j’étais en grande forme, avec le plateau agile et le bassin en feu, mais vers deux heures trente, je suis sortie prendre l’air pour souffler un peu.
Il m’a suivi.
Je ne l’ai pas remarqué tout de suite, avec les bulles qui m’étaient montées aux joues et les tympans saturés de gros décibels, j'ai donc continué à m'enfoncer dans la ruelle.
Il me suivait toujours.
Je me suis retournée
Il était à deux pas à peine.
« J'peux te parler? »
Sa chemise blanche était sale. Elle tenait de travers sur ses larges épaules, et ses pans aux boutons sautés s'ouvraient sur son ventre lorqu'il gesticulait.
Il s'était vraisemblablement battu plus tôt en soirée.
« Pas tout de suite, d’accord? Je vais venir te voir tantôt. »
« Claudia. Pourquoi tu joues avec moi? »
« Quoi? »
« Oh, fais pas ta garce. »
« Écoute, je sors avec quelqu'un, déjà. »
« Toi écoute. Je m’en bats les couilles de ton quelqu’un. Si je le croise, je le casse en deux, tu vois? »
Il s’approche encore, et il sent l'alcool très fort mais je ne recule pas.
« Le jour où je suis débarqué, j’ai suivi mes potes, et quand je t’ai vu, j’ai flashé. T’étais trop bien. J’ai passé la soirée à leur dire comment t’étais trop bien. »
Et moi je ne réponds rien.
« Je pense à toi tout le temps et toi tu m’ignores. »
Encore rien.
« Je suis pas le plus intelligent ni le plus beau, comme tu vois. »
Et en le disant, il a une émotion, un embarras qui lui fripe la bouche et lui adoucit les yeux.
« Mais j’ai un cœur, et toi t’es dedans. »
Ça, ça m'a fait sourire.
« Laisse-moi une chance, une petite heure pour un café, et je vais te prouver que moi aussi, je suis bien. »
« Non, écoute, ça marche pas comme ça. »
« Je suis sérieux. Laisse-moi une chance, merde. »
Il se rapproche à nouveau. Son corps est immense. Cette fois, je recule jusqu'à avoir la brique au dos.
Et il m'embrasse.
19 novembre 2009
18 novembre 2009
Honoré Beaugrand mon amour
Je suis déménagée au bout de la ligne verte. Les premiers jours furent difficiles. Trop loin de mon Villeray, le quartier de fruiteries et de triplex que j'aime tant. Le temps d'un trajet que je barbouillais une pleine page de bile.
Je m'excuse à la pauvre femme que j'ai fixé vingt minutes en ligne.
Vert comme la ligne
Beiges comme tous les sièges vides sauf le sien
Gris comme son teint
Jaune comme son blond
Bleus comme ses bras
Brun comme sa repousse qui s'agence au
Mauve de ses cernes qui s'agence au
Noir de ses sourcils
Elle a la drogue aux veines, l'herpès aux lèvres et l'avortement au ventre.
Puis le terminus.
Au détour des couloirs, des slogans imbéciles, des graffitis grafignés, des rebuts et des gommes aux pieds, des cuisses et des accents gras, des moustaches, de l'or plaqué, des fronts huileux, des démangeaisons, des sacs de plastique, des crachats, des casquettes, des calories.
Et tout au bout, un autobus raté, comme son chauffeur!
Je m'excuse à la pauvre femme que j'ai fixé vingt minutes en ligne.
Vert comme la ligne
Beiges comme tous les sièges vides sauf le sien
Gris comme son teint
Jaune comme son blond
Bleus comme ses bras
Brun comme sa repousse qui s'agence au
Mauve de ses cernes qui s'agence au
Noir de ses sourcils
Elle a la drogue aux veines, l'herpès aux lèvres et l'avortement au ventre.
Puis le terminus.
Au détour des couloirs, des slogans imbéciles, des graffitis grafignés, des rebuts et des gommes aux pieds, des cuisses et des accents gras, des moustaches, de l'or plaqué, des fronts huileux, des démangeaisons, des sacs de plastique, des crachats, des casquettes, des calories.
Et tout au bout, un autobus raté, comme son chauffeur!
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