4 novembre 2008

Rêve

J'étais en voyage avec un ami. C'était la nuit. La ville brillait d'un hâle monochrome. Épuisés mais rieurs, on se cherchait un hôtel. On faisait des cercles. On revenait sans cesse sur nos pas, mais on ne s'en faisait pas. C'était drôle, c'était inconnu, c'était notre aventure.

Puis on a remarqué un édifice construit en demi-lune, immense, majestueux, fait de verre et de vieilles pierres. Devant, une pelouse parfaitement verte, éclairée et arrosée.

"C'est une prison qu'ils ont transformés en hôtel"

"Oh, on y va! C'est super beau!"

On se stationne, puis entrons.

La grande salle est magnifique. Du plafond, la lumière jaillit, est réfléchie par les surfaces vitrées, puis absorbée par les murs gris. Et ainsi de suite, dans un aveuglant ballet.

L'endroit grouille de gardes de sécurité. Ils doivent être une cinquantaine à circuler, méfiants, nerveux. Je me dis qu'ils doivent détester leur job. Ça me fait rire.

Le premier étage est relié au deuxième par deux larges escaliers en pente douce, s'élevant dans un demi-cercle parfait. Debout sur ceux-ci, couverts de bagages et d'appareils photos, une file de touristes patiente. Ils portent tous un chapeau de toile. Ils veulent tous une chambre. C'est embêtant.

On décide de faire la visite de quelques chambres, question de passer le temps. Pour une raison obscure, sans aucun papier attestant notre droit de passage, nous traversons la meute de gardes et rejoignons l'étage des chambres.

Une seule porte n'est pas verrouillée. Nous entrons, excités comme des marmots.

Il y règne une drôle d'odeur, à la fois lourde et grasse. Je n'arrive pas bien à la cerner. On ne voit rien. J'ai un petit frisson. Mon ami prend peur.

"Mais non! Arrête! On dira qu'on s'est trompés de chambre, au pire! Viens!"

Il refuse. Il préfère m'attendre, faire le guet.

Je fais ma bourrue, puis avance dans la pièce. Je fouille les murs à la recherche d'un interrupteur. Et cette odeur m'agresse de plus en plus.

Je ne laisse rien paraître.

Une fois la pièce éclairée, je me sens mieux. Quelle jolie chambre. Quel luxe. Les tapis gardent trace de mes pas tant ils sont épais. Ça me fait glousser.

"C'est vraiment une belle chambre, viens voir!"

Il ne vient pas.

Je décide de fouiller le frigo, à la recherche de splendides friandises à dérober. Une ampoule éclaire froidement les rayons blancs et vides. Tout ceci contraste avec l'élégance raffinée de la pièce. Je referme vite, puis ouvre la porte du congélateur.

Une tête.

Une tête sans peau, sans cheveux, les muscles à vif.

Une tête qui lève les yeux. Une tête qui me regarde.

Je referme la porte. Je comprends l'odeur.

Je crie. Je hurle. Je me sauve, je me sauve, je me sauve. Et mon ami ne comprend rien, et il n'y a rien à comprendre, il me suit tant bien que mal, et je crie et je hurle et je me sauve.

Commotion parmi les gardes, on m'arrête.

J'essaie d'expliquer ce que j'ai vu. J'essaie d'expliquer ce que je faisais là. Les gardes se regardent. Ils se parlent des yeux.

J'ai vu.

Un homme entre dans la pièce. Il est très grand, finement vêtu. Il écrase sa cigarette.

"C'est elle?"

C'est la fin.

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