2 novembre 2008

L'ami et le collège

J'ai un ami que j'aime beaucoup, qui habite les États-Unis, et que je vois une fois de temps en temps, quand l'envie lui prend de monter au Québec (tu sais que t'as des tendances souverainistes quand tu as le réflexe d'écrire "monter au Canada", puis de remplacer "Canada" par "Québec")

Cet ami attendait avec anxiété la réponse de son admission à un collège situé dans un État lointain. Il s'en était déjà fait refusé l'entrée l'an passé, mais avait travaillé à remonter ses notes depuis, et croyait en ses chances cette fois-ci.

Sa place est vraiment là-bas. Ce collège est spécialisé dans son domaine, a un prestige et une réputation reconnus mondialement, et est fréquenté par plusieurs de ses amis qui, eux, ont réussi leur admission.

S'il y était accepté, je ne le verrais plus jamais.

Pourtant, il me rassure en me disant: "mais non, je ferais le voyage quelques fois, c'est pas si long sept heures de route" mais je sais bien que ce n'est qu'une excuse inconsciente.

Nouveau mode de vie, nouvel habitat, on laisse des habitudes, des amis derrière. Et c'est normal, c'est le cycle naturel des choses.

Et je sais bien que ma réaction immédiate au verdict de son admission allait m'en apprendre énormément sur moi-même.

D'un côté, il y a lui, son bonheur, et ce collège lointain.

De l'autre, moi, mon bonheur, et la proximité accessible de mon ami.

Et lorsqu'il a reçu son avis de refus, étonnement, je n'ai ressenti aucun soulagement, aucune joie, rien, sinon de l'accablement.

J'avais pourtant toutes les raisons du monde de me réjouir. C'était maintenant confirmé, rien ne changerait entre nous, et je continuerais à le voir. C'était tout à mon avantage de le voir être refusé.

Pourtant, j'étais immensément triste. L'empathie dominait sur l'égoïsme.

Et c'est ce genre d'épreuve qui te prouve qui tu es vraiment.

1 commentaire:

Mademoiselle Bis a dit...

Et souvent on se surprend.

Moi je le vis avec les enfants et les mariages de mes amis. J'oublie tout pour eux.

L'amitié, ça nous sort tellement de notre petite bulle.