14 janvier 2009

Le puceau

Dans chaque groupe, y'en a toujours un qui a un drôle d'accent, qui parle comme s'il avait les cordes vocales dans les voies nasales, et qui caquète ses opinions dès que le professeur se permet un silence.

Et si t'es franchement pas chanceuse, il te suit de groupe en groupe.

Celui de mon programme est spectaculaire.

Il ne porte que des débardeurs en laine, et une ceinture, toujours une ceinture qui lui maintient les jeans au dessus nombril, et la fourche bien brochée dans la fourche.

Ses cheveux, ses favoris, et la barbe qui lui descend jusqu'au milieu du cou sont une seule et même toison d'égale longueur.

Et il arrive en retard une fois par millénaire, et je suis bien chanceuse, c'est tombé aujourd'hui.

Trois minutes après le début du cours, la prof a à peine eu le temps de dire bonjour qu'il entre en trombe dans le local, justifie bien fort son malencontreux retard, et plutôt que de faire ça subtil, plutôt que de s'installer près de la porte sans trop se faire remarquer, il traverse la salle de cours au complet, frouch frouch le manteau d'hiver, les bottes qui couinent et la respiration à gorge déployée, pour retrouver sa place habituelle dans la toute première rangée, celle juste derrière le rétroprojecteur.

Et pendant les pauses, au lieu d'aller se chercher un café comme tout le monde, lui, il se plante à côté du bureau de la professeure pour lui donner son avis sur la matière du cours, et ne se décourage pas le moins du monde lorsque celle-ci fait semblant d'être obnubilée par ses notes pour ne pas avoir à lui parler.

Il est perméable au malaise. Il va rester debout près d'elle, les bras pendants, et fera mine de s'intéresser aux murs le temps qu'il faut pour l'obliger à le remarquer.

Puis le cours repart, et il retourne fringamment à sa place.

À peines quelques minutes se sont écoulées qu'il profite d'une gorgée d'eau pour prendre la parole.

« Excusez-moi? J'aimerais savoir... En quoi la formation universitaire à la psychanalyse ne peut elle se réclamer d'une formation psychanalytique et de la technique du transfert?»

La prof soupire en essayant de comprendre la question, question qui n’a aucun espèce de rapport avec ce dont elle parlait et qui vient complètement briser sa belle lancée, et moi, j’ai envie de me lever, de marcher bien tranquillement jusqu’à son petit bureau de nerd et de lui chuchoter à l'oreille:

Voilà, c’est pour ça, c'est exactement pour ça que t'es encore puceau à 34 ans.

12 commentaires:

Isabelle a dit...

"Dans chaque groupe, y'en a toujours un"

Vrai.

Mathieu a dit...

Moi ce que j'aime c'est entendre le son de dizaines de paires de yeux qui roulent dans leurs orbites de façon simultanée lorsque "cette personne" pose une question.

Ce son ressemble justement au *frouch frouch* du manteau d'hiver mais avec une tonalité de grelots en tierce majeure.

melodienelson a dit...

Hahahahaha, trop drôle.
Puceau pour ça, et aussi parce que vraiment, les choses physiques, à côté de théorie du transfert, c'est pff, tellement pas important.

Anonyme a dit...

Salut Claudia. Je t'ai envoyée une note d'une extrême importance par email, prière d'y répondre. Merci. Vladimir Victor.

Audrey a dit...

Hahaha, je ne suis pas la seule à être retournée à l'université aujourd'hui..

C'est fou à quel point il y a NÉCESSAIREMENT un type de ce genre dans CHAQUE cours. C'est dingue ça!

Quand c'est pas quelqu'un qui veut montrer aux autres qu'il est (soi-disant) meilleur que le prof et qui tient absolument à le "fourrer" avec ses questions à la con, c'est une mère monoparentale qui fait un retour sur les bancs d'école et qui tient AU COMBIEN ABSOLUMENT à nous larguer des tranches de vie dès que l'occasion se présente (et même lorsqu'elle ne se présente pas).

P.S. Le commentaire d'Anonyme était vraiment weird. Selon moi, c'est ton nerd qui t'a retracée. ;)

Gretchen a dit...

Moi, j'ai étudié en théâtre. Donc il faut remplacer le nerd à lunettes avec un dude (ou une fille) avec beaucoup de foulards, un peu trop d'attitude et qui trouve toujours un moment pour parler de la poétique des choses, de l'existentialisme, de Camus ou Artaud.
Ceux qui ont déjà eu des cours de philo collégiale (les pires moments selon moi) avec des étudiants en art dramatique, vous savez de quoi je parle.

Et un "hahaha" au mères tranche de vie aussi. Elles sont dans la même catégorie que les retraités (avec des tranches de vie encore plus énormes et qui roulent leur R!) qui font un certificat ainsi que ceux qui ont toujours l'impression que le prof les crosse avec le plan de cours.
"Parce que tsé je paye pour être ici pis faut que ça me rapporte quelquechose la"

Daddy Archy a dit...

lol

Moi ça ferait un bail que je lui aurait balancé ma gomme à effacer par la tête! Désolé, mais ce genre de personne...pas capable! :) Comme tu dis, il es surement encore puceau...

arrachecoeur a dit...

Oh oui. Il y a partout de ceux-là.. C'est presque triste..

AMBRE a dit...

Oui, mais justement, cela ne lui dis peut-être rien à elle la belle lancée, ou pas à ce moment, ou elle ne l'anticipe pas ce qui en soit n'est selon moi pas mauvais mais bon!Peut-être qu'elle veut voir la partie de lui plus spontané, plus sensible, naturelle ce qui n'enlève rien à belle lancée, s'il lui dit on the spot, qu'elle vient de lui casser ça, elle lui diras ses raisons, ils auront le choix de le faire poursuivre sa lancée ou de divaguer vers ailleurs!

Par contre, ce qui retient mon attention, c'est l'assurance que tu as d'affirmer que c'est la raison qui fait qu'il est encore puceau?

D'autant plus que ce n'était pas son objectif à elle de départ...

Nayrus a dit...

@Ambre: J'ai beau relire et relire encore ton commentaire, j'y comprends rien.

Je crois que tu te méprends sur la signification de "belle lancée".

La "belle lancée" de la professeure, dans ce contexte-ci, c'est un discours bien amorçé qui vise un sujet précis. C'est réussir à amener ses étudiants exactement où elle veut dans le cadre de son enseignement.

Celui qui passe son temps à poser des questions complexes et très spécifiques la force à dévier de sa planification initiale, lui gâche sa "belle lancée".

Comprends-tu, maintenant?

Et par rapport à mon assurance, c'est pas mal le ton de tous mes textes, et ça se veut humoristique, à prendre avec un grain de sel.

Richard Hault a dit...

1 - A DETRESSE : À 38 ANS JE SUIS TOUJOURS PUCEAU

Bonjour, à 38 ans je suis toujours puceau.

Je n'ai jamais eu la moindre relation avec une pouffiasse et pourtant je suis loin d'être homosexuel.

J'ai une furieuse envie de baiser, malheureusement la solitude est mon unique compagne de vie.

En plus je dois supporter les sarcasmes des femmes qui se foutent de ma gueule.

Hé non, elles ne sont pas charitables avec moi les femmes...

Je vis dans un appartement en ville, je regarde passer les filles devant chez moi comme un gros con. Je ne connais ni la douceur d'une chatte en rut, ni la chaleur d'un cul que l'on bourre. J'ai des couilles pourtant, alors je ne comprends pas pourquoi les filles ne me draguent jamais. Je ne suis ni bossu ni bancal, ni gogol, je devrais avoir une nana avec moi normalement.

Pourquoi suis-je encore puceau ?

Je ne suis qu'un éternel puceau bon à baver sur les filles sans jamais pouvoir les fourrer... Quelle misère ! Et puis quelle fille normale voudrait sortir avec un type comme moi encore puceau à 38 balais ? Même une moche ne voudrait pas de moi. Moi non plus d'ailleurs, je ne voudrais pas empiner une sale mocheté. Je me respecte : j'exige le top pour mon premier enfilage de truie. Sauf si ça continue comme ça... En ce cas je crois que je vais finir par accepter de me taper des pouffes à merde, des nanas de dernière catégorie, des pas baisables quoi... Tant pis pour moi, je me prendrai du boudin dans la gueule mais au moins je pourrais me vider peinard la matraque dans une viande chaude, enfin !

C'est tout ce que veux : pouvoir me purger les roustons dans un bon sac d'ovaires bien gluant. Evidemment je préfèrerais me les vidanger dans l'escalope d'une belle (hé oui je me respecte, j'insiste sur ce point), mais faute de boyau bien ajusté avec une gueule qui soit à la hauteur de mes attentes, je prendrai un sac de mou à sale tronche. A la guerre comme à la guerre... Je ferai pas le difficile bien longtemps. Je me respecte c'est vrai, mais il y a des limites quand même... Je vais pas me laisser crever de soif pour des histoires de flotte qui pue. Quand on a soif on a soif : je me bouche les narines et j'avale.

Avec la nana c'est pareil : si je tombe sur une mocheté, je lui mets un sac sur la gueule et hop ! Je me l'enfile direct.

Le respect de soi c'est important, bordel. Un simple sac sur la gueule de la moche me permet de garder intact mon amour-propre. Comme ça je me vide dans la gonzesse tout en continuant à me regarder dans la glace sans avoir honte de moi.

Le sac sur la gueule c'est un bon truc pour se dépuceler avec une moche tout en se respectant.

Mais je n'en suis pas encore arrivé là malheureusement. Rester tout seul dans mon coin comme un pauvre vieux gars que je suis, c'est vraiment pas bon pour le moral...

J'ai 38 ans et je suis puceau, pour vous c'est peut-être pas une maladie à proprement parler mais c'est assez pour me rendre malheureux. Je ne comprends pas ma situation. Je n'ai encore jamais touché une gonzesse de ma vie. J'aimerais tellement me taper au moins une fois de la bonne grosse truie baiseuse, une bonne femelle juste pour une nuit...

Bordel j'en rêve, j'en bave, j'en SOUFFRE !

Même un gros boudin ça ne me ferait finalement pas si peur que ça tellement je suis en manque. Après tout un trou de gonzesse, c'est un trou de gonzesse. Aussi bon à tringler l'un que l'autre !

Richard Hault a dit...

2 - Je ne demande vraiment pas grand chose : un trou à bites voire une rondelle à féfoncer pour me dégorger le poireau, juste un putain de trou de femelle.

Rien de plus.

Seulement j'ai un énorme problème avec les nanas : elles semblent ne pas trop aimer les vieux puceaux comme moi. Alors évidemment, ça aide pas... Et plus le temps passera, plus je m'enfoncerai dans le statut de "vieux puceau".

Pourtant je les aborde les filles, je suis loin d'être timide. Hélas ! Elles me traitent comme un paria... J'en ai marre d'être rejeté sans cesse à chaque entreprise de séduction ! Les filles me regardent de travers dès que je leur sors ma pine dans la rue, comme si j'étais un pestiféré...

Pourtant j'aimerais leur faire comprendre que j'ai la trique pour elles. J'ai de bonnes grosses couilles bien pleines à vider dans leurs trous, si elles savaient... Mais non, elles me méprisent on dirait. Je ne suis pas parano pourtant. Je ne vais quand même pas aller aborder d'emblée des grosses mochetés sous prétexte que je n'ai aucune chance avec les belles ! Avant d'envisager de me rabattre sur mes pouffes pas baisables je veux essayer encore avec les canons.

Je ne comprends pas : dans les films pornos les nanas elles aiment la queue. Elles en raffolent même ! Je suis puceau d'accord mais ça ne m'empêche pas de connaître la vie, la vraie. Je me suis assez gavé de films de cul pour en savoir un sacré rayon sur les filles et leurs envies ! Quelle misère de voir des femmes dans la rue qui ne ressemblent pas aux vraies gonzesses que j'ai toujours vues dans les films de cul ! A mon avis je dois tomber à chaque fois sur des putains qui comprennent rien à la vie, des pauvres filles quoi. Des femelles au départ très baisables mais qui ont des idées totalement fausses sur le sexe.

Depuis le temps que je me fais mon éducation grâce aux films X je sais de quoi je parle. Les vraies salopes à piner elles sont dans mes cassettes vidéos. Les autres qui veulent pas que je les enfile, ce sont des ignorantes et des grognasses égoïstes qui n'en ont rien à foutre que je veuille m'épanouir en utilisant leurs trous ! Quelle saletés ces nanas qui refusent que je m'essore dans leurs sacs à saucisses !

Moi je veux une bonne femelle, une qui a du cul qu'on a envie d'enfiler, qui a de la braise dans les boyaux et une bonne gueule aussi. Les boudins, je flashe pas trop dessus vu que je suis tout de même un mec normal.

Hé oui, je suis NORMAL moi. C'est un canon que j'aimerais me farcir pour mon dépucelage, pas une grosse connasse de mocheté qui fait débander dès qu'on l'enfile.

C'est pas parce qu'on est seul qu'il faut se taper du boudin, il faut avoir sa dignité quand même ! Ou alors un boudin je veux bien mais juste pour me vider les couilles comme ça et puis bye-bye la saucisse ! Mais certainement pas pour aller dormir avec un gros tas une nuit entière... Ce qui me tord les tripes, c'est de voir les filles qui me fixent de travers sans me connaître.

J'ai 38 ans, je suis seul, puceau, déçu des filles. Surtout des belles.

Qui peut m'aider ? Les nanas répondez !

Richard Hault
richard.hault@wanadoo.fr