16 janvier 2009

La bouche

Chaque femme voue une préférence à une partie ou une autre de son corps.

Pour certaines, c'est le joli galbe de leur poitrine. Pour d'autres, la courbe gracieuse de leur dos, ou encore le joli petit pli, entre la fesse et la cuisse, que leur homme aime tant mordiller.

Pour moi, c'est ma bouche charnue.

Mais pour la garder jolie, surtout en hiver, je me dois de l'exfolier dans la douche, de l'hydrater avant le coucher, et de la couvrir de baume pendant la journée.

Station Place d'Armes, le ventre rond de thé et de poulet au gingembre, j'entends le métro gronder au loin. Incapable de passer les tourniquets sans avoir d'abord trouvé ma carte mensuelle, je me bats avec mes poches, et finis par lancer un regard suppliant au guichetier, qui gratifié d'un baiser soufflé, me laisse passer.

Je saute à bord juste à temps, et m'assoie lourdement sur le banc le plus proche.

Il est très tard. Le wagon est pratiquement vide. Je serais seule, si ce n'était d'un homme debout, appuyé contre les portes du fond, un sac de sport aux pieds.

Je lui aurais donné trente ou trente-cinq ans, mais pas plus.

Je sors mon lecteur, et m'isole dans ma bulle.

Je sens son regard sur moi.

Je lève la tête, il me regarde toujours, et je crois le voir sourire, mais je n'en suis pas certaine, je fais semblant d'avoir seulement balayé des yeux le wagon vide et inintéressant.

Il continue à m'observer.

Ça m'énerve un peu, je cherche à m'occuper.

Je fouille le fouillis de ma poche, et non sans peine, trouve mon tube d'hydratant.

Je le décapuchonne et le déroule, humecte mes lèvres et tends ma bouche que je fais pleine. Je glisse le bâton de lèvre en lèvre, puis frotte celles-ci l'une contre l'autre pour bien les recouvrir.

Mah, mah, mah.

J'embrasse l'air tranquillement pour faire pénétrer l'hydratant, et repasse le bâton pour une deuxième couche.

C'est en rangeant le tube que mon regard s'est attardé aux bottes de l'inconnu, à ses bottes et à son jean, et en remontant le long du mollet, du genou, de la cuisse, à la protubérance de son sexe gonflé.

J'ai repensé au baume sur mes lèvres, au baume et à ses conséquences, et une grande chaleur me parcouru.

À la station suivante, des gens sont montés, et je crois qu'il y est descendu, je ne sais pas vraiment, je n'osais plus relever les yeux.

8 commentaires:

Life Saveur a dit...

Ton histoire me fait penser à la chanson sur ce site:

http://morganelenchanteresse.blogspot.com/2009/01/jizz-in-my-pants.html

Mathieu a dit...

Je vais refaire le même commentaire que j'ai fait sur le blog de notre ami la bête célibataire, parce que je trouve que l'originalité est tellement overratée de nos jours.

Donc voici, je me cite:

"Rien ne vaut un gars bien bandé, dans un wagon peu bondé"

et j'ajouterai le mot d'esprit suivant, toujours aussi dénué d'originalité:

haha Nayrus (ou LOL c'est selon), tu vas pouvoir te vanter de posséder une bouche de métro.

*RimShot + rires en canne + gunshot + silence*

| Jas | a dit...

Bouche de métro....

je la ris depuis 5 min.

MaX DeB a dit...

Bouche de métro!!!!!

Bravo Mathieu! Maintenant, c'est comme ça que je vais appeler Nayrus...

Et c'est beaucoup mieux que Nénérus... :P

La bête a dit...

Hahaha! Bouche de métro, très fort Mathieu.

J'aime aussi l'idée de Nénés Russes (en remplacement de Nez Russe). C'est quand plus sexy les nénés que les nez.

Morgane a dit...

Bon j'allais écrire des niaiseries quelconques, mais Bouche de métro, dur à battre ^^

Stephane a dit...

Moi, j'vais citer je ne sais qui de la télé ...

'On ne veut pas savoir... on veut voir!'

Voila!

arrachecoeur a dit...

fiou.. y'a rien qui n'excite plus qu'un baume à lèvres !

Ou une fille seule dans le métro, au choix