23 février 2009

Je distribue mes excuses comme des nananes

Je suis dans le métro, on me marche sur le pied.

Je m'excuse.

Je suis assise dans un café, et devant moi, un couple se tient par la main. Sort de nulle part un homme qui décide de traverser leur barrière d'amour tête première.

Je m'excuse!

Zéro rapport, je suis là, sur ma chaise, à observer un événement qui ne me concerne aucunement, mais j'ai quand même trouvé le moyen de m'excuser!

Mais y'a mieux.

Je descends un escalier, on me rentre dedans, je perds pied et hurle de douleur en atterrissant paumes premières contre une bordure tranchante.

Je m'excuse encore, ça c'est fort!

Je ne comprends pas. J'ai pourtant du caractère. Je sais m'imposer, je sais prendre ma place. Je n'ai jamais eu de problème à me faire voir ou à me faire entendre.

Alors pourquoi, tout en sachant que j'ai tout à fait les capacités pour venir à bout d'un conflit, pourquoi est-ce que j'ai un tel réflexe?

Tout ce que je sais, c'est que mes paumes m'élancent et me tirent, que j'ai de la difficulté à taper et que je n'arrive plus à soulever d'objets moindrement lourds.

On m'a rentré dedans parce qu'on parlait au cellulaire et qu'on ne regardait pas trop où on allait, et que c'est ça la vie quand t'utilises le quart de tes ressources cérébrales à mâcher une grosse chique de gomme.

Et moi, comme une belle dinde, gros oiseau aux petites ailes ridicules, je lui ai glouglouté des excuses juste avant de m'écraser bêtement au sol.

Et elle me regardait, pauvre victime de l'existence, l'œil globuleux, la lèvre molle, en ne disant rien, rien, ni excuses, ni commentaires.

C'est qu'elle n'avait pas rien que ça à faire, regarder du monde qui souffrent parce qu'elle leur a rentré dedans.

J'avais beau être pliée en deux à tenir contre mon cœur mes pauvres mains recroquevillées, je m'étais excusée, j'avais pris la responsabilité de mon lamentable état, elle pouvait donc tranquillement s'en retourner à ses occupations.

Elle a tourné les talons, repris son appel et sa rumination.

Et je n'arrive pas à conclure ce billet. J'ai une belle variété d'insultes qui me viennent en bouche, mais au fond, c'est contre moi que je suis fâchée, moi et mon réflexe de soumission ridicule.

3 commentaires:

Gen a dit...

Tu es trop gentille ^^

La Shirley a dit...

En tout cas , bravo à ceux et celles qui t'ont élevée.
Ils ont bien fait ça. La prochaine fois remplace ça par un beau Fuck you bitch bien senti et tu vas voir, les paumes de tes mains te feront étrangement moin mal et tes parents n'en sauront rien ! Bizous

Mui a dit...

Ah je sympathise! J'ai exactement le même syndrôme de l'excusite aigüe. D'ailleurs, une mémorable fois, je faisais l'épicerie avec mon Papa chez qui j'étais en visite. Une medame pas fine m'a littéralement emboutie (moi, pas mon panier là!) avec son panier. Ouch le charlie horse, je te dis pas. Évidemment traditionnel : «oups pardon!» de ma part. Cue Papa qui pogne les nerfs : « LÀ MA FILLE, TU VAS ARRÊTER DE T'EXCUSER QUAND DES MAUDITES SANS ALLURES TE RENTRENT DEDANS!! » Hihi, ahhh, merci Papa! Celui là même qui m'a montrée à être toujours polie m'a fait réaliser ce jour-là qu'il y avait quand même des osties de limites ;)