23 février 2009

Petits hommes

Hommes, votre gros bout vous draine la tête.

Vous feriez n'importe quoi dans l'espoir de vous mouvoir dans notre petit mouillé.

Vendredi passé, au club. Je suis de mauvaise humeur, mais ça va, j'ai ma figure de plastique, on n'y voit que du feu.

Les tables sont à peu près toutes vides. Mi-session oblige. Les quelques clients présents dansent mollement un verre à la main, et le DJ s'égosille à trop vouloir faire lever le party.

Installés dans un coin de la salle, trois hommes me suivent des yeux. Ils se trouvent apparemment très beaux. Ils me reluquent de haut en bas, de bas en haut, en me faisant bien comprendre qu'ils sont en train d'imaginer tout ce qu'ils pourraient me faire, et qu'il n'y a rien que je puisse faire pour les en empêcher.

C'est une forme de domination mesquine et sans grande classe typique aux gros buveurs.

Je les ignore.

Le plus petit des trois lève le bras.

Ah, s'ils veulent commander, c'est différent. Je me ferai un plaisir de leur soutirer de l'argent.

Trois Heinekein plus tard, le plus petit marmonne quelque chose en me tendant son argent. J'avance mon oreille pour mieux l'entendre, puisqu'il s'agit probablement de matière à pourboire.

Surprise, il m'embrasse les cheveux.

Je me recule vivement.

Petit lâche. Petit lâche exécrable.

-J'en conclus que c'est complet, monsieur.

Je prends les billets et tourne les talons sans même les débarrasser de leurs bouteilles vides.

Un peu plus tard dans la soirée, le même homme m'agite sa paume rose.

Ah non, pas lui.

Je vois six bouteilles vides sur leur table. J'imagine qu'il veut recommander, et qu'il va profiter de la musique forte pour me demander de me rapprocher une nouvelle fois.

Je décide donc d'être insolente. Je lui recommande trois bières sans d'abord confirmer qu'il s'agit bel et bien du motif de son geste. De toute manière, vu le type d'hommes qu'ils semblent être, ils vont sûrement croire qu'ils me plaisent tant que j'en suis venue à leur obéir au doigt et à l'œil.

Je dépose les bières sur leur table en poussant les bouteilles vides du revers de la main.

Le petit rapproche soudainement son visage du mien pour une seconde fois. Je le bloque du plat de mon plateau.

-Je veux juste te parler!

-Vous pouvez très bien me parler d'où vous êtes, monsieur.

-Enlève ça, je veux juste te parler!


J'abaisse mon plateau, bien décidée à lui perforer un pied s'il approche trop ses babines de mal élevé.

Il me chuchote à l'oreille.

-Écoute, si tu me regardes quand tu passes, moi je te donne le pourboire à toutes les fois, ça marche?

-Pardon?

-Si quand tu te promènes avec le plateau et que tu passes devant moi et mes amis, tu me regardes, moi je vais te donner plein de pourboire.

-Allons, monsieur. Payez-moi pour les bouteilles, et ce sera suffisant.

Il était prêt à me payer juste pour le regarder, question de montrer à ses amis que des trois, c'était lui que je préférais.

Ah, les hommes.

9 commentaires:

La bête a dit...

Qu'on fasse n'importe quoi pour se mouvoir dans votre petit mouillé, tu ne nous apprends rien là.

Mais les agissements du p'tit monsieur... yark!

gen a dit...

Comme je disais dans l'autre entrée, tu es trop gentille! ^^

Pour avoir été barmaid moi-même, perso, j'aurais dit "ok" à son offre. Non mais faut bien vivre!

Mazsellan a dit...

Les hommes ? Nah.. un petit homme sans plus. Et puis, s'il avait trop d'argent le con, qu'il paie.

arrachecoeur a dit...

C'est pathétique, mais s'il désire payer pour être pathétique, c'est son problème.
Et ton bonheur monétaire.

Math B a dit...

T'as refusé de prostituer tes yeux!
Quelle intégrité admirable!

La Shirley a dit...

YAAAAAAAAAARK !!!!!!!!!
YAAAAAAAAAARK !!!!!!!!!
Je me sens pas bien, quelle horreur!

Anonyme a dit...

Moi aussi je l'aurais fait!

Anonyme a dit...

Moi aussi je l'aurais fait!

Life Saveur a dit...

Tu mélange les hommes et les cons.