26 septembre 2008

La secrétaire et les bonnets

C'est vraiment de la MERDE.

Aujourd'hui, j'avais beaucoup à faire.

Il y a quelques jours, l'université m'a fait parvenir une lettre comme quoi le ministère de l'éducation n'avait toujours pas confirmé l'obtention de mon diplôme collégial, et que si je ne leur apportais pas un document certifié d'ici le 26 septembre, soit aujourd'hui même, tous mes cours allaient être annulés, et je pouvais bien aller me gratter.

Donc mardi passé, je rejoins mon API pour qu'il me fasse une lettre d'attestation. Il me dit de passer la chercher vendredi.

Je me rends donc à mon ancien cégep aujourd'hui. Arrive cinq minutes en retard. Doit attendre une heure et demi le temps que les matantes dînent.

J'en profite pour me promener un peu, comme une touriste. Ah, le cégep. Je me sens sage et mûre. J'ai l'impression d'être une MILF.

C'est n'importe quoi. Y'a des cégepiens plus vieux que moi. Mais c'est pas grave. J'ai du plaisir, c'est ça qui compte.

Dans mon butinage, je rencontre un professeur de philosophie pour qui j'ai toujours eu du respect.

Politesses d'usage. Je lui annonce non sans fierté que je suis maintenant à l'université, question de passer pour une big shot.

Il semble surpris. Et notre conversation se termine par "Ah bon, je ne vous voyais pas comme une littéraire"

Ben mange donc d'la schnoutte, maudit niaiseux.

Une heure trente, je me rends au secrétariat. Je passe vingt minutes à expliquer à la secrétaire que j'ai appelé mardi, que j'ai parlé à mon API, et que le papier est déjà prêt. Elle me fait remplir 3 documents différents, me dit que c'est impossible, et que le document va être prêt que dans quelques jours.

Une autre secrétaire arrive, elle me demande:

"Est-ce que t'as parlé à ton API?"

"Oui."

L'autre dinde revient de parmi les morts, et s'exclame

"Aaaaah! Ben fallait le dire! Menute, j'va aller t'el chercher"

Ben batarnaque.

Je suis en retard pour mon cours de 14h, mais ai finalement mon papier. Me reste à me rendre au registrariat de l'université pour le faire valider.

Dans ma démarche colérique en direction du bâtiment, je n'ai pas remarqué qu'au fur et à mesure que j'avançais, le t-shirt de coton, sous ma veste de jean d'un bouton attachée, remontait lentement sur les bonnets de mon soutien-gorge. J'ai éventuellement senti un petit courant d'air caresser mon abdomen. Sans m'arrêter de marcher à grandes enjambées, j'ai observé mon reflet flou dans les vitrines. Oh, un petit bout de peau, un petit bout de ventre. Ça contraste joliment avec la longue jupe bohémienne et la veste de jeans. Ça va, je le garde, c'est charmant.

Le t-shirt m'est remonté jusqu'aux clavicules.

Je me suis donc promenée pendant environ une demie heure dans les rues, suis passée au registrariat, et ai refait le trajet inverse jusqu'à ma salle de cours, et tout ça en ne portant, au fond, qu'un soutien gorge et une veste béante.

C'EST D'LA MERDE. D'LA GROSSE MERDE.

Et pour une raison obscure (en fait, j'ai ma petite idée là-dessus, mais ce sera pour un autre billet), j'ai décidé, avant d'entrer dans mon local de classe, de faire un détour, malgré mon retard, pour observer mon reflet.

Oh la belle surprise. J'ai eu une pensée pour tous les passants qui m'ont croisés sans rien dire, et surtout pour le monsieur, assis sur son petit banc, qui me faisait de beaux sourires.

4 commentaires:

Stephane a dit...

Et tout ça sans témoin....

damn!

Le célibataire endurci a dit...

C'est fou comme l'intelligence d'une secrétaire peut influencer une journée: j'ai vu les meilleures et les pires, et toujours à l'université.

J'avoue que c'est pas cool le t-shirt remonté jusqu'aux clavicules, mais je dois m'excuser, je l'ai trouvé très drôle! Pauvre toi...

louisss_1 a dit...

J'ai l'impression d'être une MILF.
HAHAHAHA!!
Tu croyais pas si bien dire avec le T-shirt rendu la ou y sert pu a rien.

Look at me "ATTENTION WHORE" :P

Nayrus a dit...

Si ça avait été conscient, ouais, ça aurait été Attention Whore.

Mais inconscient, ça donne plus dans le fantasme de la p'tite fille naïve.