2 septembre 2008

Le mythe

J'aime ce qui est cocasse. J'aime ce qui est absurde. J'aime la nature humaine.

Qu'est-ce qui est cocasse, absurde et dramatiquement humain?

La mythologie greco-romaine!

J'ai mon recueil mythologique avec moi. Je vais vous présenter un mythe que j'aime beaucoup, que je vais raconter à ma façon. Je tiens à dire que je n'invente rien. Tous les faits mentionnés sont tirés de l'œuvre originale d'Ovide.

Philémon et Baucis

Voilà bien longtemps, en quelque part en Grèce où les gens n'avaient pas beaucoup de sujets de conversation, poussaient un chêne et un tilleul. Mais l'affaire, c'est qu'ils partageaient le même tronc. C'était weird. Ça faisait pas mal jaser.

Apparemment, Zeus avait jadis trouvé le temps long du haut de l'Olympe. La lyre d'Orphée commençait à être dull. Le nectar et l'ambroisie, ça saoule même pas. Restait toujours les Muses et leurs danses, mais à un moment donné, un gars se tanne des guédailles.

Quand ça arrivait, Zeus aimait bien courir la galipette sur Terre. Il se déguisait en itinérant et allait sonner chez les gens. Son meilleur chum pour ça, c'était son frère, Hermès.

En fait, ce n'était pas clair quant à savoir s'il était le frère ou le fils de Zeus. L'année de naissance d'Hermès avait été pas mal mouvementée pour Big Zeus. Il avait un peu semé à l'aveuglette.

Mais reste qu'Hermès, lui y'était le fun. Toujours une blague en bouche, toujours un plan en tête. Ses sandales avaient des ailes. Il avait un drôle de chapeau. En plus, il savait jouer du pipeau.

C'est donc bras dessus, bras dessous avec Hermès que Zeus partit mettre à l'épreuve l'hospitalité des mortels.

Parce que l'hospitalité, c'était la valeur que Zeus défendait le plus. On niaisait pas avec ça. Fallait que tous ceux qui meurent le comprennent. Zeus était pas mal smatt. S'il arrivait à les habituer à accueillir n'importe quel étranger sous leur toit, il savait qu'il aurait libre accès aux demeures des belles vierges, des belles veuves qu'il observait parfois du haut de son balcon céleste. C'est toujours le fun, une petite saucette à l'improviste.

Hermès et Zeus s'en allèrent donc tous deux sur les chemins. Ils cognèrent à pas mal de portes, mais personne voulait laisser entrer deux pas propres. P'tit bonhomme Zeus commençait à se fâcher.

La dernière maison du patelin était moche. Deux vieux leur ouvrirent la porte, flattés de la belle visite.

La maison n'avait qu'une seule pièce, mais elle était propre en sale. Le couple était pas mal fin. Il les invita à souper. Zeus riait un p'tit peu. Hermès lui donnait des coups de coude.

Parle parle jase jase, les vieux étaient pauvres mais ça les dérangeait pas. Ils étaient heureux ensemble. Zeus trouvait ça pas mal beau. Hermès trouvait ça pas mal plate.

Le vieux alluma un feu avec le peu de bois qu'il avait. La vieille mit un morceau de chou et un bout de lard dans l'eau du chaudron. Y'avait yink ça. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise.

Le couple avait fait tout en son possible pour offrir un beau repas à ses invités, mais c'tait pas mangeable. Zeus s'est tanné. Il a décidé de lui jouer un bon tour: peu importe combien de verres étaient emplis, la cruche de vin ne se vidait jamais. Les vieux pensaient qu'ils avaient la berlue. Zeus se trouvait drôle.

Et quand les vieux ont compris la gimmick, ils se sont mis à prier et à s'excuser d'avoir servi un repas aussi pourri. Ils ont humblement offert de sacrifier leur unique oie pour la servir à ces messieurs.

Et les deux vieillards couraient après l'oie, mais l'oie voulait rien savoir. Les dieux trouvaient ça pas mal drôle de voir un p'tit vieux et une p'tite vieille courir les bras tendus pour attraper une oie qui va plus vite qu'eux

En essuyant ses petites larmes de rire, Zeus s'est levé et, content du beau spectacle, a souhaité les remercier d'être fins de même.

Il a inondé toutes les familles qui n'avaient pas su se montrer hospitalières.

Puis, sans demander d'avis ou de permission, il transforma la cabane laide du couple en beau gros temple. Un beau gros temple dédié à la vénération de Zeus.

En voyant ça, Hermès eut peur de passer pour un cheap. À part devoir s'occuper d'un gros temple voué au culte de Zeus, il leur demanda ce qui leur ferait plaisir. Ils répondirent qu'ils ne désiraient rien, sauf vivre longtemps et heureux ensemble, et lorsque la vie de l'un s'achèverait, que l'autre le suive dans le trépas afin de ne jamais être séparés.

Bref, c'tait eux, l'arbre weird.

4 commentaires:

Le garde d'un chateau de cartes a dit...

Hahaha! Spécial ta façon de la conté pareil. Je crois que t'aimerais bien la trilogie des dieux de Bernard Werber. C'est pas un challenge a lire et tu passes vite au travers des livres mais c'est excellent quand même

Mathieu a dit...

Génialissime (bis) (bis)

Ovide peut aller se rhabiller.

T'es vraiment la déesse de la vulgarisation mythologique.

Le célibataire endurci a dit...

C'est drôle, je commence justement un roman ("Les dieux ne valent pas mieux!") où on suit la vie des Olympiens dans Londres d'aujourd'hui, alors qu'ils n'ont presque plus de pouvoir parce que plus personne ne les prie.

Pluie Battante a dit...

Je t'aime donc je t'écris.
Moi je lirais ça non stop.
Un recueil comme ça.
Vulgarisé avec classe.

Au lieu des hosties d'histoires poches qu'on lit partout, dans ce monde bombardé de marde, en pensant qu'on va le réinventer en niant notre essence, dont la seule chose qui nous intéresse est le prix au litre.

Des mythes universels, intemporels, colorés à souhait par ta plume? J'achète.

T'es jeune encore, mais ç'pas grave. Ça va passer, pis ça va mûrir comme un bon vin. Pis t'appelleras plus ça de l'absurde, un mythe. Comparé à la réalité. En tout cas. Moi j'm'en vais me coucher.

En attendant tes autres ré-histoires.