28 septembre 2008

Les claques de la maman

Je n'update pas pendant une journée, et je perds 50 views. Vous êtes vraiment capricieux.

Vendredi dans la nuit, après le travail, je suis allée manger avec le promoteur en chef et un de ses amis. Je n'avais pas vraiment d'attentes par rapport à la soirée. Je le connais depuis plus d'un an maintenant, et ça a toujours été quelqu'un de très bien. Il me complimente souvent, mais ne m'a jamais fait d'avances directes. Un chic type, donc.

J'ai accepté son invitation avec plaisir.

Quatre heures du matin, nous sortons. Entrons dans un resto typiquement québécois. On aurait dit un chalet des Laurentides. Drôles de regards à notre entrée.

Une blanche avec deux noirs.

DEUX NOIRS.

Coups d'œils aux nouveaux venus. Jugement éclair. On retourne tranquillement à ses affaires.

Moi, les petits esprits étroits, ça me met au défi, ça me donne envie de provoquer. Vous voulez des idées préconçues? J'vais vous donner raison, tiens, juste pour vous emmerder.

J'aurais aimé que mes compagnons arrachent leurs vêtements, exhibent leurs pagnes, s'ornent le nez d'ossements de volailles, et dansent autour du faux-foyer en lançant des cris gutturaux.

Au contraire, on a eu des conversations très intelligentes sur la littérature, la condition économique américaine, la politique, etc. Je sentais les oreilles méfiantes qui nous épiaient. J'étais fière.

J'ai particulièrement aimé la galanterie naturelle de la culture africaine. À ce que j'ai vu, pour eux, une femme c'est précieux. Il faut la traiter avec beaucoup d'égards.

On m'a ouvert la portière, tiré mon siège, placé mon manteau sur mon dossier, on s'est assuré que j'avais tout ce dont j'avais de besoin, payé la note et est venu gentiment me porter à la maison, malgré l'heure tardive.

Et si ce n'avait été qu'un seul des deux jeunes hommes qui m'avait accordé autant d'attentions, le charme se serait fané; ses intentions cachées auraient été claires. Mais non. Tous deux étaient également galants. Il n'y avait pas de tentative de séduction, et par conséquent aucune compétition entre-eux. Je me sentais choyée. C'était différent et plaisant.

Et contrairement à mes consœurs féministes, je n'ai pas vu leur galanterie comme une manière détournée de me rabaisser. On prenait soin de moi, c'est différent.

Lorsque je leur ai demandé si c'était commun à tous les africains d'être aussi attentionné avec les femmes, l'un d'eux m'a répondu en riant:

"Si j'oubliais d'ouvrir la portière de ma maman, elle me donnerait des claques"

2 commentaires:

Fille Imparfaite a dit...

C'est beua, de réaliser qu'il y a des fistons qui craignent encore le courroux maternel. Quoiqu'ils doivent bien le craindre toute leur vie. Surtout pour des choses aussi... des choses qui peuvent sembler banales, mais qui sont au fond des attentions délicates.

Une Peste! a dit...

Yah!

Vive les mamans donneuse de claques!
Regard méprisant aux connards qui s'imaginent méritant d'être né(e) blanc(che).