8 septembre 2008

Serious business

L'université, c'est du serious business.

À l'université, lorsque les étudiants entrent dans une salle de cours, ils sautent spontanément trois paliers de registres de langue.

À l'université, tous les sujets enseignés sont absolument fascinants.

À l'université, tout le monde ressent le besoin pressant d'émettre un commentaire.

À l'université, on prend bien soin d'articuler chacune de ses syllabes.

À l'université, tout le monde a une opinion TRÈS SÉRIEUSE.

À l'université, on parle des scientifiques, des écrivains, des politiciens et des athlètes comme si c'était nos chummeys.

À l'université, on est l'élite. On se branle allègrement les neurones. On se fait des facials de matière grise.

À l'université, on est autosatisfait. On se vautre dans son avenir prometteur.

À l'université, on fait de bonnes blagues qu'on rit lentement, en savourant bien toute notre érudition.

À l'université, on n'est pas Joe Blo.

À l'université, on porte des tailleurs et des complets. On a des portables, des cellulaires et des cafés.

L'université, c'est du vraiment du serious business.

9 commentaires:

Mathieu a dit...

À l'université, on se la pète.

À l'université, on ne lésine pas sur le vocabulaire émergeant.

À l'université, on attrape l'accent d'Outremont en une session.

À l'université, "on" exclut la personne qui parle.

À l'universtié, tous les chats sont gris.

Le célibataire endurci a dit...

Hahaha!!! OK, je reprends tous tes points avec mon point de vue de gars en sciences. Je pense qu'il y a une bonne différence entre les programmes universitaires. Ça expliquerait pourquoi on a parfois l'impression que les gens des autres programmes se prennent au sérieux. En gros, les études en sciences, c'est pas aussi rose qu'on pense.

-En sciences, on est courtois avec les profs, c'est tout. On apprend des nouveaux mots scientifiques, mais le niveau de langue reste correct.

-La moitié des cours du programme sont plates et inutiles, surtout si ce n'est pas en sciences ou directement en lien avec notre programme.

-On prend bien soin de poser une questions claires parce que nos profs ne comprennent pas toujours pourquoi on ne les comprends pas.

-On a des opinions très sérieuses sur qu'est-ce qui va être matière à l'examen et qui va gagner la coupe Stanley. Le reste, c'est de second ordre.

-Ya rien comme se saouler la gueule avec un jeune prof d'université qui croule sous le travail, la recherche et les demandes de subvention. Aussi, toujours être ami avec un prof de chimie: son bureau contient toujours plusieurs bouteilles d'alcools forts et de qualité (gin, whisky, cognac, vodka, vin...).

-Après notre bacc, on n'a pas l'impression d'être l'élite à moins de comparer nos connaissances "de base" en sciences avec les gens de programmes non scientifique. On a plutôt l'impression de n'avoir rien appris. Pas pour rien qu'on continue à la maîtrise ou qu'on recommence un autre bacc.

-L'autosatisfaction? Pas vraiment. Après 2 ans, on se rend compte qu'on est dans le mauvais programme, que les profs sont poches, que la matière apprise est dépassée et qu'on n'a pas d'avenir parce qu'il n'y a pas de job dans le domaine (oui, oui, plusieurs biochimistes de ma connaissance ne travaille pas en biochimie, même avec leur maîtrise).

-On fait des blagues d'ingénieurs, de chimistes, de caca, de gars saoul, de bébés morts... Bref, de l'humour de bas niveau.

-En sciences, on se prend pour les nombril du monde, mais on finit en se disant qu'on a perdu 3 ans de notre vie. Le pire, c'est qu'on continue aux études graduées pour le même résultat à la fin.

-On porte des t-shirts et des jeans. On se casse déjà la tête à comprendre ce qu'on apprend, on ne le fera pas pour s'habiller... Mais il y a des exceptions pis ya du monde qui s'habille bien.

-À l'université, on veut juste pas entrer dans le vrai monde (celui du travail) tout de suite.

Roxie a dit...

très d'accord avec la description que tu en fait, mais aussi celle du célibataire. Ayant laché l'université pour aller dans la vraie vie, mais ayant toutefois passé par quelque programmes et ayant eu des cours certains autres, je me rends compte que les classes dans lesquelles je faisais le plus : ''oh la la mais qu'est-ce qu'elle raconte avec ses grands mots et ses grandes théories, on dirait qu'elle s'écoute parler, non mais pour qui elle se prend, ouais franchement je pense que je suis pas aussi cultivée que je le croyais, non mais ou ils ont pris toutes leurs connaissances, ils ont déja lu ca!??'' c'était dans les cours que j'avais avec les étudiants de littérature française... dis, c'est pas la dedans que tu étudies ;)

Nayrus a dit...

Si. Je suis en Littérature. :D

Mais j'ai pas écrit ce billet par revanche contre les méchants élitistes qui ont plus de culture générale que moi. Je me sens pas dépassée par leurs connaissances, bien au contraire.

C'est justement parce que je comprends tout ce qu'ils racontent que je trouve ça aberrant.

Mais drôle!

Ça caquète, ça piaille, ça utilise des anglicismes, ça cite le premier auteur hermétique venu,
ça se croit détenteur d'un prix Nobel.

Reste que j'aime bien mon programme quand même.

Roxie a dit...

En fait je suis jalouse, parce que si je m'écoutais, c'est la dedans que je retournerais, au lieu de penser a aller en gestion pour avoir une promo a ma job (soupir). J'aime bien être complètement larguée en fait parce que ca me donne pleins d'idées de trucs a lire... c'est juste, je sais que je connais assez bien la littérature, mais ca m'énerve quand quelqu'un cite un écrivain obscur et monopolise le prof en ayant un débat avec lui que personne ne peut comprendre... En fait, c'est vraiment contre ceux qui se croient détenteurs du prix Nobel que j'en ai! :D

Julien a dit...
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Julien a dit...
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Julien a dit...
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le gardien du chateau de cartes a dit...

Hahaha si j'avais pas détecté ton sarcasme, je t'aurais demander si on allait vraiment à la même université.

Jamais je n'ai autant vu un regroupement de personnes qui ne savent pas qu'est-ce qu'ils vont faire à la fin de leurs étude qu'à l'université. C'est un gros défaut et je sais pas si on le retrouve dans les autres établissements aussi. Les départements ne disent pas à leurs poussins vers quoi ils peuvent s'enligner avec tel bach, ect. Faut les admirer d'étudier dans le dommaine pour l'intéret.

Il en va de soit que ce n'est pas tout les départements qui sont comme ça.