22 octobre 2008

Le condamné à mort

Je me suis mis en tête de correspondre avec un condamné à mort.

Ça m'amuse.

Je me suis dit que ce serait une expérience enrichissante, que ça me donnerait de l'inspiration. Et après avoir lu Vic' Hugo et son Dernier Jour d'un Condamné, j'ai une petite douceur pour ces détenus, confinés, entièrement seuls, vingt-trois heures par jour dans un cubicule de béton, ne mangeant que de l'infect et des tapes sur le menton.

Mes intentions étaient roses. J'allais faire plaisir à quelqu'un. J'étais Mère Thérésa en talons-hauts, j'étais Gandhi en jarretelles.

Je me promène donc sur LostVault.com à la recherche d'un meurtrier qui aurait un p'tit air gentil.

J'en trouve un. Il a de gros pectoraux plein de poils. J'le trouve pas mal beau. Mais mon dieu, mon dieu, c'est pas pour ça que je lui écris, quelle honte, quelle honte.

Il a l'air intelligent. Il aime la littérature. Oh wow, il écrit de la poésie! Moi aussi! J'pourrais lui envoyer les aventures de Dallet en anglais. Oh! Et j'pourrais lui envoyer des livres, aussi. Il serait content. C'est le seul réconfort qu'ils lui permettent.

Donc je me mets à lui écrire une lettre, sous un faux nom, mais avec l'adresse de ma coloc.

Haha, ha.

"Hello, how are you! My name's AMÉLIE and I'm from Canada!"

J'ai pas vraiment commencé ma lettre avec une telle entête. Ça ferait tellement maintestream. J'y suis allée avec quelque chose de plus punché, que je m'abstiendrai de mettre ici. J'ai comme une p'tite gêne.

Je lui raconte donc ma vie de fille heureuse en quatre pages. Je soigne mon écriture, je fais ma mignonne. J'imagine sa réaction en la lisant, la petite chaleur que ça doit lui faire de recevoir une lettre écrite avec compassion par une jeune fille frêle et naïve du Canada.

Ah, le Canada, cette nation où le ciel est bleu.

Et tout ça me fait sourire. Je suis éparpillée dans mes scénarios magiques et le temps passe vite.

Après quelques heures, ma lettre est presque terminée. Je me relis. J'aime ça. C'est cocasse. Il y a une pointe d'humour ici et là.

C'est important d'être humoristique quand tu t'adresses à un gars qui s'en va mourir.

N'ayant plus rien à faire, je décide de faire une recherche google à son nom, pour vérifier qu'il ne soit pas déjà en train de me tromper avec d'autres correspondantes pas mal moins intéressantes.

Et je tombe sur le site web du Département de Justice Criminelle du Texas, où il a une belle fiche à son nom.

En 1989, il a volé une banque. Il en a kidnappé le directeur, qu'il a duck tapé à une grosse chaise de métal. Il a lancé le tout dans un fleuve.

Ils ont trouvé le cadavre cinq jours plus tard, et moi, j'dois me trouver un autre condamné.

11 commentaires:

Onirique a dit...

Hahahaha tu me fais trop rire!
C'est clair que s'il est condamné a mort, c'est pas pour avoir écouter du Backstreet Boys trop fort!
Bonne chance dans ta recherche! :P

Onirique a dit...

(jte suggère amnisty internationale si tu veux vraiment correspondre avec des prisonniers qui font pitié. Ce sont des prisonniers politiques pour la plupart qui n'ont aucune affaire a être enfermés et tes lettres vont vraiment leur faire chaud au coeur)

olimax a dit...

Hum pourquoi un autre ?

Le Prodige a dit...

Beau hobby !

Moi je cherche a correspondre avec une grosse tout trempe de 25 ans avec 4 enfants de 4 pères différents

J'aime ca la misere humaine

Le Prodige a dit...

ha oui et envois leur une photo de toi en doggy !

De quoi réchauffer le coeur d'un homme sur le manuel depuis 14 ans

Anonyme a dit...

Ca l'aurait pu etre plus horrible comme meurtre. Pis c'est sur que n'importe quel condamné a commis un crime assez grave pour se retrouver la... à quoi tu t'attendais? oO

-pascal

Nayrus a dit...

J'sais pas. À quelque chose de rose, du genre JE SUIS ICI PAR ERREUR, AIDEZ-MOI PAR PITIÉ!

Et lancer dans le fleuve un gars vivant attaché à une chaise, c'est pas mal sadique.

Onirique a dit...

Noisette a écrit un billet a propos de ton post. Tu devrais p-e aller le lire, si tu veux pouvoir t'exprimer sur ton intention réelle...

Rousse a dit...

Au début de ce post je me suis dit ah tiens moi aussi j'aimerais ça faire ça....à la fin de ton post je vais laisser faire..hehe

Boubou a dit...

HAHAHA j'ai vraiment rit avec le «Ils ont trouvé le cadavre cinq jours plus tard, et moi, j'dois me trouver un autre condamné.»

Des condamnés à mort qui se juge innocent y en a quelqu'un...

Bref, 98% des condamnés à mort du Texas...

As-tu lu «The Green Mile» de Stephen King? Y ont fait l'adaptation avec Tom Hanks (v.f. La Ligne Verte) mais le livre est bien meilleur... et se lit comme du bonbon

Boubou

Celui qui blogue a dit...

Une copie de mon commentaire posté chez Noisette. Mon opinion sur la controverse qui n'en est pas une...

On s’entend tu pour dire qu’un condamné à mort, c’est pas un ange. Ça ne mérite peut être pas de se faire chier dessus par la terre entière, mais ça ne mérite pas d’éloges non plus.

Dans ma tête à moi, j’vois pas pourquoi vous chiez sur Nayrus au profit d’une gang de criminels (au sens général). Un humain, c’t'un humain, je suis d’accord. Mais ils ont des avocats pour se défendre ces gens là. Pour le reste, je ne vois AUCUNE question d’éthique ici.

C’est comme Mike Ward qui se fait trucider sur la place publique parce qu’il a fait une joke sur la petite Cédrika. Une société qui ne vaut pas une risée ne vaut pas grand chose. Sur ce sujet, je ne blâme personne et ne défend personne. Je crie mon opinion haut et fort. J’en ai marre des tabous et des égratignures qui briment l’humour collectif.

Moi j’veux rire sans remords. J’veux pas devenir un pépé qui s’appuie sur sa canne autant que sur des vieux principes.