3 octobre 2008

Nick Cave et le pick

J'en ai gros. On en a gros.

Show de Nick Cave d'hier.

C'était une très bonne performance, très énergique. Ça a drôlement détonné sur la jeune punk soft black metal hardcore qui a fait l'ouverture du spectacle.

Ouais, zéro rapport. Le public était présent pour Nick Cave. Personne n'avait envie d'entendre du punk. Personne n'avait 17 ans. Personne ne se sentait incompris par la société. Personne ne portait de langues ou de bas collants troués.

La chanteuse a fait enchaîner ses créations sur un ton monotone, insultant par-ci par-là la foule somnolente. Elle a vidé une bière dans les premières rangées de têtes. Elle était anarchiste, voyez-vous.

Donc, après une chaleureuse huée, elle a quitté pour faire place, plusieurs minutes plus tard, au tant attendu Monsieur Cave.

C'était surréaliste. Voir en vrai un artiste tant écouté, une source d'infinies spéculations et de rêves érotiques, c'est marquant.

Mais après quelques minutes, pour moi, le charme était rompu.

Après avoir fumé un peu de tabac d'artiste, j'en suis venue à me questionner sur mon soudain désintérêt pour le chanteur jadis si mystérieux.

C'est qu'il est entré dans ma réalité et a perdu son statut fantasmatique. Il est devenu humain, normal. Mon intérêt a chuté.

Mais ne vous méprenez pas. Je continue à l'aimer d'une amour chaste et pur.

Disons simplement que maintenant, quand j'écoute ses chansons, je lui imagine des mimiques et un visage, comme une personne normale, et ça ne lui confère plus une condition mythologique.

Reste que je suis une grosse groupie quand même. À un certain moment dans la soirée, il a lancé son pick de guitare dans ma direction.

En fait, ce n'était pas dans MA direction, mais dans la direction dans laquelle je me trouvais. J'ai tendance à tout ramener à moi, et c'est mal.

Donc, à son lancer, pour une raison obscure, personne n'a réagit. Parfait, parfait, je n'ai rien dit, c'était mon secret, j'allais fouiller dès que les gens allaient se disperser, et le garder jalousement.

Mais bien sûr, vu que je suis gentille et que je parle beaucoup trop, je n'ai pas pu m'empêcher de confier à un jeune homme inconnu mais curieux l'objet de mes recherches.

Et d'un coup d'oeil, il l'a trouvé.

J'ai eu un petit pincement au coeur.

"Ah wow! Bravo! C'est toi qui l'a trouvé! C'est toi qui le garde!"

Mais il était bien gentil. Il me l'a donné. C'était un écrivain américain.

Entre littéraires, on se comprend.

Donc voilà. Le spectacle était très bien. Nick Cave sautait partout. Il a été un fan d'héroïne pendant maintes années, mais est plus en forme que moi. Pas une ride visible d'où j'étais, soit en face de la scène. Au fur et à mesure que le spectacle avançait, sa tenue était de plus en plus débauchée. C'était bien. J'aimais ça.

Oops, il est plus vieux que mon papa.

3 commentaires:

louisss_1 a dit...

Donc, le cave a pété ta bulle...
oO

Le célibataire endurci a dit...

Ça m'arrive aussi, des fois, de "rompre le charme" quand je vais voir un show. Mais je pense que c'est surtout que je ne suis pas un gars de show. C'est bon pour l'ambiance, mais je suis généralement déçu par la qualité de l'acoustique des salles de spectacle. Ça doit être pour ça que je préfère les concerts d'orchestres symphoniques, où l'acoustique de la salle est optimisée.

Nayrus a dit...

J'y allais pour le monsieur, et non pour l'acoustique.

Il aurait pu être assis dans un fauteuil à boire du rhum que j'aurais quand même acheté mon billet.

@louis: Mots de jeu! Ho ho ho!

...

hahahahaha