29 octobre 2008

Testament

À Mel, je laisse mes jolis rideaux bleus.

J'ai longuement hésité avant de les ramener chez-moi. C'est que je n'avais pas les moyens d'acheter quelque chose d'aussi beau. Mais ils étaient à mon goût à moi, et j'ai été fière de les accrocher à ma fenêtre, j'ai été fière d'avoir une chambre qui me ressemblait un peu plus.

J'ai mangé des céréales pendant une semaine pour mes beaux rideaux bleus. J'espère qu'ils vont bien aller dans ta chambre.

Je te donne ma collection de thés, mes deux théières, et ma grande boîte laquée, celle qui contient tout mon maquillage, tous mes produits de beauté.

Lorsque tu l'ouvriras, tu verras que chaque teinte a une histoire. Chaque tube, chaque poudre, chaque fard fut acheté en pensant à quelqu'un de particulier, quelqu'un pour qui je voulais être belle. J'ai toujours tout gardé, au fil de mes goûts. Tu y trouveras sûrement quelque chose qui te plaira.


À Coco, je laisse mon ordinateur, le bureau et la chaise qui va avec.

Il est gros, vieux et remonté. Il gronde constamment. Cependant, je sais que tu n'en as pas, et que ça te sera pratique. Sa tour est en plastique, et au travers, on peut voir les petites ampoules bleues que je trouvais tellement originales il y a trois ans. Si tu le dépoussières, fais bien attention au petit fil vert, juste à côté de la prise audio: la connexion ne se faisait plus il y a quelques mois, mais j'ai brassé la machine, et depuis, ça va.

Si tu regardes dans mes fichiers, j'ai sauvegardé tous les messages qu'on s'est échangés depuis qu'on se connaît. Je t'ai aussi préparé un document contenant toutes les chansons sur lesquelles tu me faisais l'amour. Elles sont sur le desktop.


À Momo, je laisse mes jupes et mes trois caisses de souliers.

Ton père t'a toujours tout acheté, et mis à part des vêtements de femme, je ne vois pas ce que je pourrais t'offrir que tu ne possèdes pas déjà.


À Matt, je laisse ma bibliothèque et tous mes livres.

J'ai mis des notes drôles dans tout ce que j'ai lu. Tu vas voir, je n'ai pas lu grand chose. Quand tu le pourras, j'aimerais que tu lises le recueil de Georges Simenon. Tu vas voir, c'est vraiment plate.

Je te laisse également mon fauteuil saumon.

Je ne me suis jamais vraiment assise dessus, mais il est saumon, et par conséquent, je l'aime beaucoup.


À Dallet, je laisse mes bouteilles d'Amarula, le gin du congélateur et toutes mes plantes, y compris la mari de la boîte tout au fond de mon garde-robe.

Je te donne également ma lampe en verre soufflé, celle que tu trouvais belle.

Ne t'en fais pas un bong.

Prend aussi le trois-quart de gâteau aux carottes du frigo. J'ai léché tout le glaçage, mais je sais que ça ne te dérangera pas.


Pour ce qui restera, séparez-vous le amicalement. Et ce dont vous ne voulez pas, donnez-le à quelqu'un dans le besoin.

5 commentaires:

Nayrus a dit...

J'vous ai eu.

Le célibataire endurci a dit...

J'aimerais que tu spécifies également qu'après ton enterrement, on serve un repas chaud plutôt qu'un buffet avec des sandwichs aux oeufs pas d'croûte.

Rousse a dit...

des sandwich au jambon aussi svp :P

Louis a dit...

Quelqu'un dans le besoin, c'est une personne dans la marde?

Nayrus a dit...

hahahahaha!