23 janvier 2009

L'homme cassonade - 4e partie

Plusieurs semaines s’écoulèrent entre notre première et notre seconde rencontre.

Il avait décidé de ne plus me voir. Il ne se présentait plus au restaurant, il ne retournait presque plus mes appels, et lorsqu'il le faisait, c'était pour s'obstiner à toujours refuser mes invitations.

C'est qu'il se sentait très attiré par moi, mais à la maison, il avait une copine, et bien que depuis longtemps, leur relation battait de l'aile, qu'ils ne se parlaient presque plus et évoluaient chacun de leur côté, ce n'était pas une raison pour la tromper.

Lorsque je l'ai eu au bout du fil, j'ai jugé bon de lui mentionner que j'allais profiter de notre sortie pour inaugurer mon tout nouveau bikini, qui était un peu petit mais tout de même bien joli.

J'ai usé de mon insistance la plus enjouée, et puisque j'avais tout planifié, tout organisé, devant tant de bonne volonté et sous prétexte d'amitié, il a finalement cédé.

J'avais rendez-vous avec lui à midi.

Pour l'occasion, j'avais préparé un gros pique-nique bourgeois destiné à lui séduire la bedaine.

Pain baguette et petits fromages, fines pâtisseries, sandwichs, salades et chocolat noir, avec tous les condiments possibles et inimaginables emballés un à un pour le plaisir de son bon palais.

J'ai quitté mon appartement avec un sac à dos lourd de nourriture pour six personnes.

Et il fut encore en retard, mais lorsque je le vis jogger vers moi dans sa camisole, son short, ses muscles et son hâle, j'eus tôt fait d'oublier l'heure.

C'était à s'en mordre les jointures.

Puis nous nous sommes perdus, nous avons pris des raccourcis en escaladant des clôtures, et après avoir marché beaucoup trop longtemps dans la canicule, nous nous sommes finalement installés entre les grosses racines d'un chêne pour être contraints à nous rapprocher.

Dans la fraîcheur de l'ombre, il y avait deux ou trois moustiques, et puisque j'étais parfumée et couverte de sueur, ils m'avaient en haute estime. Je chargeai donc mon compagnon de surveiller ma peau à l'affut de leurs morsures, et il accomplissait sa tâche avec beaucoup de doigté.

La ville n'était plus qu'un murmure dans le bruissement des feuilles.

Puis nous avons mangé, nous avons discuté, et un peu plus tard, alors que j'étais couchée et lui assis, il m'a fait beaucoup rire, et un des bonnets de mon bikini doré n'a pas su contenir tant de gaité.

Tandis que je rattrapais mon souffle, il retenait le sien.

5 commentaires:

garamond335 a dit...

Ma blonde dirait : Ah ! une voleuse de chum...
Moi, j'aime bien ton approche....

La bête a dit...

Vraiment, une belle finale! :)

Nayrus a dit...

Voleuse de chum...

J'assume avoir tout fait pour le séduire, pas par débauche, mais bien parce que j'en était tombée amoureuse.

Mais la décision finale ne me revenait pas.

50% responsable!

Matante Catoo a dit...

Voleuse ou pas,on a affaire à 2 adultes majeurs et vaccinés ... Et ça donne tellement de jolies histoires !

Anonyme a dit...

Tu écris tellement bien! Continue!! J'en veux toujours plus!