9 janvier 2009

Petites réflexions d'une journée passée en ville

Voici quelques pensées qui me sont venues en tête au fil de mes flâneries de petite bourgeoise oisive.

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Le loquet de cabinets de toilettes publiques est l'objet le plus immonde du monde. Contrairement à la poignée de la chasse d'eau qu'on peut pousser avec un pied (je connais tous vos trucs), on ne peut pas s'en tirer aussi facilement avec les loquets.

Après avoir fait sa petite vidange, il est impossible de se laver les mains sans devoir le toucher. Par conséquent, tout le monde, sans exception, l'a tripoté après s'être exploré le génital. Et Dieu sait qu'aucun employé n'est payé assez cher pour se mettre à laver ça.

Le loquet, pas le génital.

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Les tirages de niaiseries dans le métro ne font pas très bien paraître notre ville.

"Courrez la chance de gagner un des trois exemplaires du dernier livre de tel auteur!"

Essayer de pluguer un auteur avec un tirage de trois livres, ça fait pas mal BS.

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Les itinérants de Montréal ont tous une petite chanson, une petite mélodie de quêtage qu'ils répètent sur le même ton, inlassablement, années après années.

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Quand tu pars de ton bord de rue pour entrer dans le café où je me trouve parce que tu m'as vue dans la baie vitrée en train d'être occupée, c'est bien gentil, bien agréable, mais après 10 minutes de conversations pleines de faux intérêts, après 10 minutes à me donner de tes nouvelles sans que je te l'aie demandé, ça serait intéressant que tu comprennes ce qu'on appelle le "non-dit".

Le non-dit, c'est quand je te dis que c'était le fun de te revoir, que non, j'avais pas perdu ton numéro et que ben oui, on allait s'organiser quelque chose à un moment donné, mais qu'en fait je veux dire que j'ai jamais été intéressée à te connaître, que t'étais juste le gars à qui je disais bonjour dans les couloirs de l'université parce que tu passais ton temps à me sourire et que ça me mettait mal à l'aise.

Maintenant, quand je te dis que je m'en vais à la toilette, c'est aussi du non-dit pour "tu m'as assez saluée, y serait temps que tu partes".

Tu ne brilles pas par ta perspicacité quand tu me réponds "pas de problème" et que tu te tires une bûche pour attendre à ma table.

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Soulever sa jupe et montrer sa vieille vulve en échange de cigarettes, ce n'est pas une chose à faire ni dans un dépanneur, ni ailleurs.

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Si tu te gratouilles la chatouille sous ton manteau bien plié, n'oublie pas que je suis ta voisine de table, et que la banquette commune me témoigne ton tempo.

4 commentaires:

La gousse craintive a dit...

Pour le loquet, c'est facile : protège tes doigts avec un bout de papier de toilette que tu pourras ensuite jeter dans la bolle.

Louis a dit...

Exact, pour le papier cul...

Dit ce que tu penses, les non dits, et les entre les lignes, c'est d'la marde. <-- Je l'ai dit hein?

Tu lui dit poliement, tu me dérange, non, plutot,tu m'énarve, faque, décalisse! ;)

Vanitée a dit...

Le loquet, le loquet, le loquet!!

Toutes ces années de toilettes publiques sur fond de paranoia hystérique au sujet de possible transmission de germes en tout genres et de précautions excentriques et je n'y avais jamais songé...

Pinocchio a dit...

Ostie que j'aime le mot "vulve", ça me fait autant rire que "citron".

Après beaucoup trop d'heures passée dans les bars, je vous confirme que 75% des gars ne se lavent pas les mains après avoir fait leurs besoins. Et vous les filles?