28 janvier 2009

Piña colada

Il est neuf heures et il fait noir.

Je me cherche un endroit où traîner avec mon portable, où utiliser ma précieuse jeunesse pour faire sourire des gens que je ne connais pas.

Je me dis tiens, pourquoi ne pas entrer ici, ils ont de l'alcool et un homme roux qui m'a par le passé donné des choses gratuites.

C'est que j'aime vraiment les choses gratuites, même si c'est un peu gros tout ça, un peu lourd de toujours évoluer dans un monde d'hommes qui ne sont que gentils dans l'espoir de me croquer une fesse.

Mais bon, quand j'aurai cinquante ans et un derrière montgolfière, je regretterai de ne pas avoir su en profiter.

Alors autant entrer.

Je suis donc installée sur une banquette, j'occupe une table pour six personnes en croquant en premier toutes les cerises qu'on a ajouté à mon verre, et alors que je vous écris ces quelques lignes, il y a un Africain qui s'essaye.

Et il s'essaye fort. C'est d'ailleurs la deuxième fois en deux jours. Hier, c'en était un autre, plus vieux, qui s'était installé à ma table comme si c'était mon p'tit pote, et qui attendait, comme ça, l'air de rien, que j'aie envie de faire la conversation à un ventru parfumé à la friture.

Et c'est toujours les mêmes questions poches.

"Salut. Comment vas-tu. En quoi étudies-tu."

Et y'a un malaise, parce que je m'efforce à lui prouver à quel point je n'apprécie pas notre conversation, et lui, pauvre petit, il ne veut rien entendre, il n'a d'oreille que pour la voix de son spasmodique monsieur.

Maintenant il est parti, mon verre est vide et le serveur commence à me tourner autour, mais rien à foutre, rien à foutre, je m'ennuie de mon Tendre, mon Tendre qui m'est arraché pour trois gigantesques jours.

Un autre piña colada? Oui merci.

7 commentaires:

Éric a dit...

Chanceuse!

Chanceuse d'avoir des trucs gratis, de un, parce que j'ai ben beau essayer, à part quand c'est ma coloc qui tient le bar, ça m'arrive pas l'yâbe...

Chanceuse d'être amoureuse comme ça, aussi.

Chanceuse, tertio, de boire des drinks avec des cerises en bonus. C'est bon, des cerises.

arrachecoeur a dit...

Au moins, quand t'es une fille qui se fait attaquer de pick-up lines issues d'un mauvais site de geek, t'as une chance d'avoir un verre gratuitement.

Les peu de fois qu'une fille m'a offert un verre je suis tellement resté surpris que j'en ai eu l'air bête.

C'est quoi l'idée d'inverser les stéréotypes soudainement, BANDE DE FOLLES?! ACHETEZ-MOI DONT DES FLEURS UN COUP PARTI!

Pardon de l'emportement.

SAndrine a dit...

@Éric : « Chanceuse d'être amoureuse comme ça »? Moi, je ne trouve pas. S'il en « préfère » une autre (par obligation ou pour de vrai), je ne suis pas convaincue que c'est vraiment être chanceuse que de l'aimer...

Mais j'avoue que des cerises dans un drink, ça ajoute un plus! :)

-A a dit...

C'est l'avantage d'être gay. Tu te fais payer des drinks, mais tu peux aussi en payer sans risquer de détruire l'univers.

Gen a dit...

Haha. Spasmodique monsieur. Excellent!

L'Impératrice a dit...

@Eric: que fais-tu des bouteilles de vin ou de porto gracieusement livrées à ta porte en échange de cheveux d'anges sauce aux saucisses?
Pis franchement, ça m'étonnerait que tu rêves d'être une fille et de te faire cruiser par des ginos louches qui rêvent de partager leurs sécrétions (TOUTES leurs sécrétions) avec toi...

Pinocchio a dit...

Diiirty comment right above.

Se faire approcher, se faire offrir des trucs, c'est toujours flatteur. Ça peut devenir blasant, mais ça demeurera toujours flatteur.