13 février 2009

Le docteur

Aujourd'hui, je suis allée à la clinique pour me faire prescrire la pilule.

Ça fait longtemps que ça traînait. C'est qu'aller attendre des heures en clinique, entourée de malades qui souffrent et qui toussent quand toi, ta seule maladie, c'est la fringance, ce n'est pas très emballant.

Bon, j'ai la journée de libre, la clinique est à deux coins de rue, allons-y une bonne fois pour toutes, et tant qu'à y être, autant essayer de m'y amuser, autant jouer avec le médecin un petit peu.

J'aime bien les médecins. Ils soignent les gens. Ils sont très sérieux, ont des gants qui font shlack, des sarraus blancs et des stéthoscopes qui te font froid au sein gauche.

Ils auscultent et réparent des corps de toutes les couleurs sans arrêt, sans arrêt, jusqu'à ce que sonnent cinq heures. Ils passent tellement de temps à tâter des physiques qu'ils en deviennent totalement insensibles.

Quel excellent défi.

Je me suis donc fait des yeux de biche et ai revêtu mon plus beau décolleté, que j'ai accompagné d'un collier plein de perles et de billes brillantes spécialement conçues pour concentrer les regards.

Puis, affublée d'un veston de petit écolier pour un peu de sobriété, j'ai quitté l'appartement en sifflotant.

Après trois heures d'attente, le médecin est sorti de son bureau avec un petit air occupé et une planche pleine de papiers.

"Madame... Claudia Blanc?"

Ce à quoi j'ai répondu "Mademoiselle, docteur" dans mon plus beau balancement fessier.

Il avait la jeune quarantaine et des yeux qui en ont vus d'autres.

Il m'a demandée de l'attendre dans son bureau.

Pas de problème.

Au bout de 10 minutes, je commençais à trouver le temps long. Je me suis donc mise à fouiller dans ses tiroirs. Il y avait des médicaments, des seringues et des boules de coton. J'aurais préféré trouver quelque chose de plus divertissant, comme un gigantesque godemiché à double embouts enroulé dans une serviette, ou quelque chose, mais non, c'était un docteur tout ce qu'il y a de plus diplômé.

Puis je me suis cognée moi-même sur les genoux avec son petit marteau de médecin, et c'est à ce moment-là qu'il est arrivé en me demandant ce que je faisais.

J'ai ri comme une coquette prise en flagrant délit, et je lui ai dit que je me distrayais comme je le pouvais en l'attendant.

-En quoi est-ce que je peux vous aider, mademoiselle?

-Oh docteur, rien de bien grave, j'ai seulement besoin d'une prescription pour la pilule anticonceptionnelle

-Bien. Avez-vous des rapports sexuels?

-Oh oui.

-Depuis... longtemps?

-Mes dix-huit ans, docteur.

-Bien. Je vais prendre votre pouls. Veuillez retirer votre veston.

-Mon chandail aussi, docteur?

Il y eut un petit silence.

Hahaha, il hésite. J'ai déjà gagné, c'est trop facile.

-Non, non ce ne sera pas nécessaire.

Il prit ma pression, puis écouta mon cœur avec son stéthoscope. Il dut glisser ses doigts contre ma poitrine pour relever la couture de mon décolleté; j'ai surpris ses yeux bien creux dans ma vallée.

Je gagnais mon petit jeu. Mêmes les vénérables docteurs ne pouvaient résister à l'attrait de mes mamelles.

-Votre prescription, c'est pour vos douleurs menstruelles?

-Non, non. C'est juste pour que mes rapports sexuels soient moins... stressants.

-C'est votre ami qui va être content.

Quel commentaire indiscret, docteur.

-Oui, mais c'est plus pour moi que je le fais. Ça doit tellement être bien de le laisser.. de le sentir... enfin, vous savez.

Ola, je pousse fort.

Il m'a souri.

-Oui, je vois.

-Savez-vous quand est-ce que le contraceptif va faire effet, docteur?

-Une semaine après le cinquième jour de votre cycle menstruel.

-Ah. Parfait.

-Ne vous inquiétez pas, vous allez voir, un mois, ça passe vite.

Oh, une deuxième indiscrétion!


J'ai ri bien gentiment, et ai enchaîné avec le coup de grâce: je me suis penchée pour ramasser mon sac.

-En quoi étudiez-vous, mademoiselle?

Il essaie d'entamer une nouvelle conversation alors que je m'apprête à partir?

-En littérature, monsieur.

-Oui, c'est ce que je pensais.

Okay, j'ai déjà gagné mon petit jeu, maintenant je quitte.


-Merci docteur. Aurevoir!

-Mademoiselle?

Qu'est-ce qu'il veut encore. Est-ce que j'ai joué trop fort?


-Oui?

-Votre veste.

9 commentaires:

Bêtisière première a dit...

Excellent texte!

Je suis tombée sur ton blogue il y a quelques temps et j'aime beaucoup ton style.

Bonne journée :)

Pinocchio a dit...

You rock, girl!

truckeuse a dit...

J'aime beaucoup les petits jeux !!! ;)

mariecookie a dit...

toi alors...tu es mon idole dans tout les blogs...tu as du front tout le tour de la tete et y'a de quoi dans cette tete...bravo ma vieille....heuuu mademoiselle....et continue de me faire sourire!!!;)

garamond335 a dit...

Un vrai professionnel ce gars-là!
Moi, j'aurais flanché à la troisième phrase !

Bast a dit...

Si je pouvais, je lancerais des youyous en dansant!!! Bravo! You're the best, sister!!!

MlleKarma a dit...

mouahah trop drôle!

Ça me rappelle ma visite chez le gynéco, qui s'est avéré être le docteur le plus jeune et sexy et absoluement désirable que j'ai vu de ma vie...

La Shirley a dit...

Lolllll, t'es géniale p'tite crasse va !
J'ai déja réussis à faire ma sexy avec un doc de reins quand je l'ai vu débarqué,je lui avais promis un collier avec mes pierres si il réussissait à toutes me les retirer. Il est parti en burn-out apres moi ... J'y ai pensé tellement souvent... mmmm

-A a dit...

No you di'n't !