5 avril 2009

Le gris du noir

Le jour, ça va.

Je m'amuse, je me divertis, je m'entraîne, j'écris, je prends et je donne rendez-vous, je butine dans une joie de vivre toute juvénile.

Puis vient la nuit.

La nuit, je m'étends sur mon lit, et avec deux oreillers coincés sous les omoplates, j'écris. Le calorifère chauffe, le portable chauffe, et je me casse le dos, je me creuse les yeux à construire des phrases de passage, des phrases interchangeables qui ne servent à rien.

Entre mes rideaux, le ciel pastel se fait moralisateur.

Vaincue, je rabats l'écran, mais dans le noir, il n'y a rien pour me prendre la main.

La joue écrasée contre l'oreiller, soulevée par mon souffre, j'ai le cœur comme une petite bête nerveuse.

Et ma tête se remplit lentement..

Je marche dans un désert en m'éloignant de mon oasis. Et qu'elle n'ait été qu'un mirage ne change rien à mon malaise.

5 commentaires:

La bête a dit...

Vraiment, tu manies bien les mots. :)

Je pense qu'on a tous fait cette traversée du désert au moins une fois (souvent plus que ça). Pis à chaque fois, c'est toujours aussi difficile. Mais un moment donné, lentement, le désert devient de moins en moins aride et les images qui clignotent comme un stroboscope finissent par se calmer.

Courage et patience...

Nayrus a dit...

hahahahaha

T'as réussi à ploguer "stroboscope"!

Stephane a dit...

C'est vrai que seul, dans le noir, les plus belles des phrases ne servent pas à grand chose.

Sauf peut-être à nourrir l'insomnie.

And yet somehow, j'envie ta peine d'amour. Pas que je te la souhaite, mais ça démontre que c'était là, que c'était réelle.

La perte sous entends qu'en quelque part, il y avait un gain. Et juste ça, y'a de quoi être envieux.

Cheers!

Malorie a dit...

Va te griser ma noire...

La bête a dit...

@Nayrus
Avoue que chu fort! ;)