6 avril 2009

Les voisins - Partie 2

Il a acheté un chiot pour sa copine, voilà quelques mois.

Je l’ai vu arriver par la ruelle avec une boîte de carton d’où dépassaient une petite tête, une petite langue. Il a monté le colimaçon bien tranquillement, et sitôt la boîte déposée que le petit chien en sautait, avec la queue folle qui tapait, qui tapait.

Il a bien tenté de le remettre dans sa boîte pour y poser un couvercle, mais une fois enfermé, l’animal grattait le carton en pleurant au désespoir et à l’abandon.

« Tais-toi! Shhhht. Bouge pas, ça sera pas long! »

Rien à faire contre les larmes d’un petit chien.

Il finit par céder. Serrant la petite bête entre ses cuisses, il lui décora le cou des rubans de la boîte.

Toc toc au carreau.

Sa copine vint ouvrir. Il tenait le chiot à bouts de bras. Ce dernier, la bédaine au vent, gigotait gaiment.

« Bonne fête! J’tai acheté un chien! Mais viens le prendre, j’pense qu’il m’a fait pipi dessus »

Elle riait de dégoût et de plaisir, et ils sont rentrés. Quelques minutes plus tard, mes oreilles et leur plancher étaient égratignés par de petites griffes enjouées.

Peu après l’arrivée du chiot, monsieur se mit au jogging. Ils se levaient désormais à la même heure, syntonisés au AM, avec ses grosses voix d'animateurs qui bourdonnent aux murs.

Cognent les bols, les cuillères, tapent les armoires et les pieds pressés. Mon œil est sec à trop fixer mon plafond.

Ils s’embrassent, elle sort par devant, lui par derrière, et le chien réalise trop tard qu’il a été abandonné. Comme un métronome, il désespère à jappements égaux.

Pendant une heure.

Pendant huit heures.

Pendant tout le temps qu’ils prendront à revenir, sans pause, aucune.

Je suis éventuellement passée leur glisser plusieurs mots à ce sujet.

Le lendemain, mademoiselle imposait le chiot au jogging de son amoureux.

La toute première fois qu'il sortit avec l'animal, il n'avait pas fait deux pas sur le perron glacé que la petite vadrouille lui courait dans les jambes. Il perdit pied et déboula une bonne rafale de marches sur ses deux fesses, entraînant avec lui la bête pendue à sa laisse.

Le pauvre est resté un bon moment à se frotter en soufflant entre ses dents. Le chiot, lui, était bien content d'avoir fait quelques tonneaux. En toute gratitude, il essayait de grimper aux cuisses de son maître pour lui lécher le nez.

Ainsi naquit une pratique qui devint habitude chez le jeune homme, soit celle de lancer le chien au bout de ses bras.

L'animal ne vola pas bien haut et atterrit dans une butte de neige fraîche. Il en sortit quelques secondes plus tard, confus mais heureux.

Mon voisin se leva enfin, descendit ce qui restait de marches avec une jambe traînante, et ramena à la maison le petit chien qui éternuait.

Il n'alla pas courir, ce jour-là.

5 commentaires:

Gen a dit...

Mignon =)

Louis a dit...

Un chien en appart....pff

Vanité a dit...

Salut! Ça a rien à voir avec ton post, mais c'était juste pour t'aviser que mon blog (Est-ce que c'est permanent) n'est plus, tu peux donc retirer le lien de ta liste.

Merci!

Eva a dit...

Euh... Peut-être que j'interprète mal, mais il LANCE le chien???? C'est pas drôle et pas mignon :(

Cybèle a dit...

J'ai hâte de voir s'il va le lancer encore à bout de bras quand il n'y aura plus de neige pour amortir sa chute.

Je crois que j'ai une curiosité malsaine. ;-)