15 mai 2009

Stream of thoughts

[...]Pédale pédale pédale, tasse-toi Jo Blo, c'est pas parce que tu portes un p'tit cuissard serré que je vais te laisser être premier de file. Pédale pédale pédale, je me demande combien de calories j'ai pu brûler depuis que je suis partie. Doit bien faire une demi-heure certain. J'aurais pas dû prendre un gros cornet de gelato, aussi. Quoique le serveur était pas mal beau, avec ses yeux bleus et son petit nez picoté. Ouais, c'est vraiment beau des taches de rousseur, mais ça fait frimousse, un peu. C'est mieux sur de belles épaules d'homme. Par contre, n'importe où sur une fille, ça fait petite coquine naïve. C'est bizarre, le penchant des hommes pour les toutes jeunes filles. Comme si leur gros fun, c'était d'être les premiers à les pervertir. Ouais, reste que j'aurais aimé en avoir, des taches de rousseur. Ma mère en avait, mon frère et ma sœur en ont, c'est bizarre que j'en aie pas. Bon, j'ai peut-être pas les freckles de la mère, mais au moins, j'ai ses seins. C'est déjà ça. Je me demande si le serveur me regardait manger mon cornet. J'espère pas, ça serait gênant. J'avais tellement de misère, ça coulait partout, mais c'était vraiment super bon. Tiens, je devrais écrire une histoire qui ressemble à ça, avec une fille qui gobe un cornet devant un serveur voyeur. Hmm, non, ça serait redondant, j'ai déjà écrit quelque chose du genre dans le métro. À moins que j'inverse les sexes de la cliente et du serveur? Ça serait coquin, une femme qui reluque un homme lécher de la crème glacée. Ah. Ouais. Ah ouais. Faudrait pas qu'il sache qu'elle le regarde, par contre. Qu'il soit occupé à rire, ou à être concentré sur autre chose. Je suis insouciant, j'ai une grosse langue d'homme, je te fais fantasmer. Ouais. Ça serait bon. Ah, une langue. Une belle langue. M'semble que ça fait longtemps. Merde, est-ce qu'on voit mon string? Un string à vélo, la belle idée. Personne derrière moi, je remonte ça subtil, subtil. Faudrait vraiment que je me fasse une brassée, en arrivant. Ah, c'est vrai, j'en ai pas fait parce que mon savon sent le calvaire. À moins que je le transvide dans la cruche de ma coloc. Non, quand même. Ou ptête juste un peu, moitié moitié? Ça sentirait moins pire, au moins. Ah, tiens, le restaurant de Grand Tendre. On est tellement allés manger là souvent. Je me demande s'il le prendrait mal si je lui avouais que j'ai invité plein d'amis à y manger. Ça fait blasphématoire, un peu. Bah, il doit déjà le savoir, la serveuse avec les longs cheveux a dû tout lui raconter. Je l'aime pas trop, elle. Elle est ben fine, mais elle est comme trop fine, j'y crois pas. Je suis sûre qu'elle lui dirait pas non s'il s'essayait. Ben non, il s'essayerait pas. Arrête de paranoyer. Mais n'empêche que je me sens un peu coupable d'avoir invité d'autres gars à aller manger à notre resto. Bah! Ben non! Voyons donc. C'est juste des amis. Et lui, il dû y aller au moins des dizaines de fois avec sa blonde. Sa blonde. Il a une blonde. Sti que ça m'écœure. Il va tellement pas la laisser. Je sais pas ce que je fais à encore y croire. Je m'ennuie de lui. Il doit être sur le bord de rentrer du travail, tout sale, avec ses grosses bottes de travailleur et son jean troué. Je vais lui passer un coup de fil en rentrant. M'semble qu'il a des grains de beauté sur les épaules. Comment est-ce que je peux ne pas m'en rappeler? Faudrait que je regarde plus attentivement, la prochaine fois. Ow, ow, ow. Voyons donc. Mettez de la garnotte dans ces trous-là, faites quelque chose. C'est dangereux pour les cyclistes. Les rues sont tellement crevassées. C'est super honteux. Les États-Unis sont mortes de rire. Pauvre petit Canada, pas capable d'entretenir ses rues. Ben ils ont pas le même climat que nous, non plus. Dans le fond, je sais pas pourquoi je chiale. Bâtard. Elle a encore laissé le bac sur le trottoir. M'semble que c'est pas dur de le remonter, tu le prends dans ta main, et tu le remontes sur le perron. Tu le prends, tu le remontes. That's it. Encore obligée de le faire moi-même. Okay, prends-le bac de la main gauche, bicyclette de la main droite, et monte l'escalier tranquillement. T'es serveuse, t'as de gros bras, t'es supposée être bonne. Ben non, ça marche pas, j'vais tout échapper. À moins que je le mette sur ma tête, comme un abat-jour. Hein, ouache, belle idée niaiseuse. Fais pas ta conne, sois méthodique, monte le bac en premier, tu redescendras pour prendre la bicyclette après. Ah. Merde. J'ai envie. Mon dieu. J'ai super envie. Vite vite vite pipi. Pourquoi est-ce qu'on réalise tout le temps qu'on a la vessie à deux doigts d'exploser une fois à proximité d'une toilette? Pourquoi pas avant? Comme si le corps comprenait qu'avant, on avait pas le temps, et que ça servait à rien d'être achalant avec ça. C'est bien fait pareil, le corps. Mon dieu mon dieu, j'ai envie, j'ai vraiment envie, sont où mes foutues clés. Et l'autre grande maigre qui barre la porte même si elle est dans le salon à tricoter des napperons laids. Comme si elle avait peur que quelqu'un essaie de rentrer pour venir la violer. Qui c'est qui voudrait violer ça anyway. Aaaah mes clés, voilà, voilà, vite les toilettes. T'es encore en souliers dans la maison, elle va te faire une crise. M'en fou, je déménage. Ma bicyclette encore en bas, tout d'un coup qu'on me la vole? Ben non, arrête d'être parano. Vite, le pantalon, le pantalon, Ah. Ah. Aaaah... M'semble que ça fait pas si du bien que ça. M'semble que les hommes sont tout le temps au bord de l'orgasme quand enfin, ils se relâchent. C'est peut-être meilleur pour eux. J'aurais aimé être un homme. En fait, non. J'aurais aimé avoir un pénis. Ouais. Un pénis. C'est mieux fait qu'un vagin. Tu peux tout faire avec ça. Faire pipi debout. Te faire faire des fellations, aussi. Ouais, j'aimerais recevoir une fellation. Ça a l'air tellement bon. Mais en faire aussi, c'est le fun. Ouais, si j'étais un homme, je serais gai. Un gros gai, avec des poils partout. Mais je serais gentil. On m'appelerait Big Mike. Je ferais la cuisine avec un tablier Kiss the Cock au lieu de Kiss the Cook. Hein. C'est bon ça. Y'a sûrement quelqu'un qui y a déjà pensé. Ouais, et j'aurais un gros neuf pouces, ça paraîtrait dans ma face. Ouais. Gros gros, lourd lourd. Et j'aurais une feluette d'amoureux qui me ferait des misères, à rentrer trop tard la nuit et à sentir le parfum d'hommes. Ça me ferait pleurer. Je pleurerais dans ma barbe, comme Sébastien Chabal. Ah, Chabal. Il doit bien avoir un neuf pouces certain. Hey, neuf pouces, c'est beaucoup. Et dans les petites annonces érotiques gaies, c'est la norme. Il doit avoir une convention, ou quelque chose, qui dit que 9 pouces, c'est 7 pouces, et 7 pouces, c'est 5 pouces et demi. Ça doit tellement être ça. Faudrait trop que j'écrive une histoire de gais. Ouais, avec un gars dans les douches qui en regarde un autre. Ou non, mieux, un coach qui entraîne un jeunot p'tit gros, et qui graduellement le sculpte en son fantasme d'homme. Wow, summum du narcissisme.[...]

20 commentaires:

Anonyme a dit...

J'adore la style!
Je me sens dans ta tête, c'est réussi :)

Anonyme a dit...

J'adore.

Anonyme a dit...

Je suis anonyme.

Marie-Pier a dit...

Aaah ça fait du bien de revenir à la maison et de lire ces 2 excellents billets! Inspiiiire expiiiiire inspiiiiire enfin.
Je sort du néant pour te dire que le jour après mon "dépucellement", je suis tombée sur ton blog (haha) et, évidemment, le titre m'a accroché et comme de fait, t'es le seul blog qui n'a pas fini par me taper sur les nerfs.
Félicitations, des tonnes de talent!!! Ça serait super un roman de ta part :-)

La bête a dit...

C'est tout simplement génial.

J'aime beaucoup le boutte pipi. C'est tellement ça...

J'aime aussi l'idée du tablier Kiss the Cock. Remarque, ça pourrait faire à n'importe quel homme de n'importe quelle orientation (sauf peut-être les papas).

Mot de vérification: resto

Martine a dit...

Ah wow, génial!

Pendant un bout de temps je me sentais dans ta tête (ou dans la mienne, je pense souvent à des trucs comme ça!)

:)

Samantha a dit...

Wow ! Moi aussi j'ai adoré ! Il s'en passe des choses dans nos têtes pareil..! J'aime bien le bout du pipi aussi, ça m'arrive tellement souvent.

Bref, bravo ! :)

Celui qui blogue a dit...

Beaucoup moins léché que tes autres textes. J'aime le relâchement. Tu devrais te laisser aller comme ça pour répondre à mon entrevue (ok, c'est la dernière fois que j'en parle :P)

Nayrus a dit...

De quoi tu parles, moins léché! J'ai passé deux heures à l'éditer!

Mathieu a dit...

Maintenant au moins, nous avons une confirmation que Nayrus liche longtemps.

Celui qui blogue a dit...

Deux heures contre sept heures pour tes autres textes. J'appelle ça moins léché moi :P

monpetitbobo a dit...

Excellent ce texte!

Moi aussi si j'en avais un gros gros, lourd lourd, j'aurais moins de temps pour lécher mes textes!

;-)

laccroc a dit...

je te suis depuis un bout, excellent texte, continue, j'adore.

Maé a dit...

Magnifique. Le texte sans pause. J'adore. Notre cerveau se met presque en état de panique. Woow !

shnoukys a dit...

Vraiment bon! Est-ce que je peux être ton Robert mon Big Mike? Hahaha!

g. Farley-Tremblay a dit...

Haha ! Je viens de découvrire ton blog et j'aime beaucoup lire te lire :)

Anonyme a dit...

wow t'es la découverte de ma semaine! au plaisir de te relire encore et encore!!!
excellent billet by the way!

Pierre-L. a dit...

ton blog est une découverte pour moi aussi cette semaine, j'adore le style... allez hop dans les signets !!!

PS: les freckles pour un gars c'est chiant (j'en sais qqch), mettons que ça donne pas un air très "viril". mais bon, tant mieux si il y a des filles qui aiment ça ;-)

"Elles, elles sont quatre-vingt-huit. Toi, tu es infini." a dit...

Merveilleux texte.

«Grand Tendre», voilà un surnom tout à fait propice pour le héros gai de votre histoire.

Anonyme a dit...

J'ai cherché le mot "pénis" et je suis tombé sur cet excellent texte