25 mai 2009

Un mouton dans la louverie

Il y a ce garçon, cet homme, en fait, que j'ai rencontré à l'université, et qui est bien sympathique.

Il vient d'ailleurs, et est très cultivé en politiques internationales, en conflits mondiaux.

C'est aussi un grand charmeur. Il enroule des polos autour de son cou, comme un golfeur bourgeois. Il a de bien belles dents cerclées de bien belles lèvres, et lorsqu'il parle, les femmes l'aiment.

Mais moi, il ne me plaît pas.

Rien d'étonnant, j'ai un problème.

Un homme sur mille me plaît, en moyenne.

Mais la chimie n'est jamais au rendez-vous.

Jamais, jamais.

Il m'a donc passé un coup de fil, hier. Ça faisait un bail que je n'avais pas eu de ses nouvelles.

Invitation à souper, très plaisant, mais je n'ai que peu de temps, parce que j'ai un Grand Tendre à rejoindre une heure plus tard.

Jolie terrasse, éclairage tamisé, effluves de lilas qui me bercent les narines.

Il parle.

Il parle politique.

Et je suis là, assise sur ma chaise, à l'écouter parler, et je réalise qu'au fond, nous n'avons rien en commun.

-Mais je ne veux pas de blonde. C'est une période de ma vie où je veux investir tout mon temps sur moi.

Quand est-ce qu'on a sauté de Sarkozy aux histoires de coeur?

-Ah? Ça prouve une grande maturité.

-Oui, mais tu sais, reste qu'un homme a ses besoins.


Il prend ma main.

Je souris.

Je dégage ma main, je me gratte, je bois de l'eau.

-Ton mec. C'est n'importe quoi. Il ne te mérite pas.

Il touche ma joue.

-Je suis bien flattée, c'est très gentil de ta part, mais vraiment, je préférerais qu'on change de sujet.

-Écoute, je vais être honnête. J'aimerais que toi et moi, on devienne amants.

Je dépose mon verre.

-Notre relation ne changerait pas. On resterait amis, mais je prendrais bien soin de toi. Ça te ferait du bien de décrocher de ton mec, un peu.

Nous ne sommes pas amis.

-Ne le prends pas mal, mais je ne suis pas intéressée. Maintenant excuse-moi, je dois y aller, quelqu'un m'attend.

-Pourquoi est-ce que tu es venue me rejoindre ce soir, alors?

-Je ne te voyais pas comme ça.

Je me suis levée et je suis partie.

7 commentaires:

Miss C a dit...

Euh... il pensait pouvoir t'apporter quelque chose de plus que l'autre, vraiment ? Erk, moi les "je suis hot", ça m'énarve.

N'empêche, ça serait peut-être pas une mauvaise idée de voir un autre gars, si ton G.T. te donne le genre de (non) réponse que tu as retranscrite dans ton post précédent.

Pas avec un gars qui "enroule des polos autour de son cou, comme un golfeur bourgeois" et-qui-ne-te-plaît-pas, en tout cas, pliiiize !

Gen a dit...

Ok. Un gars s'essaie mais je trouve que ça manque de classe pas mal comme façon de faire. Tu as bien fait.

èmesi a dit...

On dirait que les gars on cette impression qu'on est toujours là, ;a attendre après eux.Comme si on était à leur prédisposition, quand ils ont envie de ces trucs-là. Ça m'énerve...

La bête a dit...

Au moins, maintenant, les choses sont claires!

Manx a dit...

Hahaha, ouep au moins il a le don d'être horriblement clair et franc. Mais pas très brillant le type.

Si tu es encore là avec le Grand Tendre 2 ans après, c'est qu'il te plaît. Il ne te mérite pas, mais il te plaît.

Mlle Maria a dit...

Déjà, en partant: "Ton mec te mérites pas, moi je serais bien mieux pour toi..." Je trouve que c'est un énorme manque de respect, envers ton mec, et envers toi. C'est un peu comme si il te disait que tu es incapable de faire un choix sensé (à moins que tu ne le choisissent lui, bien sûr). Et puis, come on, quelqu'un qui est pas capable de se faire valoir sans rabaisser les autres, ça vaut quoi!

Aimée V. a dit...

Moi, c'est toujours la fameuse question: "Mais pourquoi tu es venue me rejoindre, alors?" Comme si, dans l'invitation à souper, il était clairement sous-entendu qu'il voulait que vous deveniez amants! Euh, les gars, il faut être clair, sinon vous pouvez pas interpréter nos réactions comme ça!
Si j'accepte une invitation à souper, j'accepte une invitation à souper, rien de plus et je n'ai rien à me reprocher.
Non mais!
:)