11 juin 2009

Corde à tête

Il y a mes vêtements, tous noirs, gris, ou couleur de lampadaire, accrochés par les manches, par les pattes, à la corde à linge. Je peux sentir leur parfum sucré et synthétique d'ici, et j'en suis assise à près de quatre mètres de distance.

J'abuse toujours du savon et de l'assouplisseur, de peur que ce ne soit pas assez propre, que ça ne sente pas assez bon.

Il y a un pantalon, une camisole, un veston, et deux paires de petites culottes. J'aurais dû les décrocher pendant la journée

J'ai l'impression que c'est moi qu'on a attachée par les pieds. Moi, en quatre morceaux (cinq, en comptant deux fois la culotte).

Parce que j'ai porté cet ensemble fortuit bien souvent.

Le décolleté plongeant (mais fort élégant), les pantalons cigarette, le veston garçonnet, la culotte de dentelle (pour l'aller) et la culotte carreautée (pour le retour), oui, c'est une tenue que je me plais à porter une ou deux fois par mois, lorsque je m'en vais à la joyeuse rencontre de mon Tendre.

Je les regarde, et ce ne sont que des vêtements, mais je me sens exhibée.

Ça me gêne, je vais les décrocher.

3 commentaires:

Anonyme a dit...

'J'abuse toujours du savon et de l'assouplisseur, de peur que ce ne soit pas assez propre, que ça ne sente pas assez bon. "

etre n'est pas assez? Plus facile de paraitre...

Mademoiselle a dit...

Ce que tu es chiant, anonyme.

Malorie a dit...

Parlant de corde à linge, toi qui est particulièrement outrée par les vols de biens personnels, j'ai vu la semaine dernière un jeune malpropre (ha ha, quelle expression!) vendre une dizaine de morceaux de linge de fille (pense pas que ce soit son vieux linge qu'il ne mette plus) en faisant un super deal "toute ça pour juss 15 piass". Je pense que si j'avais reconnu du linge à moi là dedans, je lui aurais arraché la tête et les autres membres qui dépassaient. Ostie que ça doit faire chier d'aller chercher ton linge sur ta corde à linge et de ne rien y trouver...