7 juin 2009

Momo II

C'était mon anniversaire, mes vingt-et-un ans qui ne me plaisent pas plus qu'il ne faut, car qu'est-ce que c'est que cet âge qui n'appartient à rien, trop jeune pour être sérieuse, mais trop vieille pour être enfantine.

Je ne m'attendais à rien de bien spécial, qu'une petite visite chez mon ami Momo, pour un jour ou deux, comme dans le bon vieux temps.

J'avais oublié à quel point mon ami vivait grassement.

Chez Momo, le frigo est toujours plein d'aliments emballés individuellement.

Son garde-manger est une très grosse boîte à lunch.

Des ficellos, des babybels, des cannettes de soda, des viandes froides, des biscuits, des chips, des sucreries dans toutes les armoires, tous les tiroirs.

Et on ne se pose pas de questions, on achète ce qui nous plaît, l'argent est banal, et y'a pas de quoi s'en vanter.

Leur maison au complet a été construite autour de cette idée d'opulence, de confort et de plaisir.

Une véranda magnifique, baignée de lumière, avec des fauteuils entourés de plantes.

Une piscine et un jaccuzzi creusés au milieu d'un jardin de fleurs et de cailloux, avec un grand cabanon blanc et une douche extérieure pour ces matins d'été où il fait bon se laver sous les oiseaux.

Une cuisine aux comptoirs de marbre, des meubles ouvragés, des tapis épais, des toiles, des souvenirs de guerre ou de voyage.

Mais le mieux, c'est la chambre de mon ami.

Trois consoles qui se relaient plus de deux cent jeux aux boîtiers empilés en ordre de préférence, un gigantesque écran plasma qui occupe la moitié d'un mur, un monstre d'ordinateur parfaitement silencieux, un lit comme un nuage, et pas un centimètre carré de vide entre ses décorations qui s'étendent jusqu'au plafond.

Nous avons passé deux jours à jouer. Deux jours à paresser, à se prélasser, à ne se soucier de rien, pas même des repas.

-Fruit. Gimme the phone, imma order pizza.

En attendant notre repas, j'allais prendre des douches infinies, me régalant des produits que je ne connaissais pas, des bouteilles aux étiquettes étrangères et exotiques ramenées de je ne sais quel pays.

Puis, la tête en serviette, emmitouflée dans une épaisse robe de chambre, je sortais m'étendre sur une chaise longue pour sécher au soleil.

2 commentaires:

"Elles, elles sont quatre-vingt-huit. Toi, tu es infini." a dit...

«Viendras-tu avec nous, Étranger?»

Lika a dit...

Bonne fête en retard petit clau ^^!