J'habite ici maintenant.
Un monticule de pomelo dans une soucoupe blanche, avec sa pulpe nue et luisante. Une chandelle droite et belle pleure en flaque, le pied bien planté dans le cadavre d'une soeur.
Une lampe. Malgré le boulon nu de son bouton sauté, son abat-jour ayant eu de meilleurs jours et l'éclat disparu de son socle, sa lumière est somme toute correcte.
Un vieux carquois de flèches de bois. Une boîte de fer (200 7.62 MM CARTRIDGES) couverte de poussière. Trois bustes blancs, Beethoven, Mozart et Beethoven encore. Un bâton de hockey au manche de ruban roulé serré. Une courte-pointe qui gratte. Des raquettes de bois vernis. Une paire d'appui-livres en granit. Un chandelier de bronze avec le petit Jésus mort entre les branches.
Des cartons, des sacs, les miens, qui ne contiennent rien d'urgent, éventrés depuis un mois déjà.
Une pelure de banane fleurit dans un verre. Ma brosse à dent repose au coin du bain. Un tiroir ouvert. Mon séchoir dans le couloir. Un panier plein de culottes. Des piles de vêtements sur lesquelles on ne doit pas piler.
Marilyn Monroe seule sur un mur est plantée sur un clou qui était destiné à autre chose.
C'est ma chambre dans un coin du salon, avec mon lit, ma douillette, mon bon matelas, mon fauteuil saumon, mes colliers, mes crèmes et mes livres.
Bref, le père de mon coloc est décédé, et moi j'ai éparpillé ma vie tout autour.
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16 novembre 2009
21 août 2009
Amin
C'était ma soirée.
La coloc se préparait à quitter pour le mois. Elle vidait ses tiroirs, et moi, j'avais envie de danser le twist.
J'avais pris soin d'ouvrir toutes grandes ouvertes les portes de l'appartement.
Entrez, le bon vent, le bon air. Véhiculez son odeur, évacuez son parfum, que je me gave de son absence pendant un mois tout grand.
Et j'étais là, dans ma chambre, avec la figure tartinée d'argile à papoter virtuellement, lorsque je crus entendre carillonner la porte d'entrée, mais je n'attendais personne, et c'était impossible qu'elle reçoive si tard, le soleil était couché depuis deux bonnes heures, au moins.
Je risquai un oeil rond, une joue crémeuse hors de ma chambre.
Se tenait dans l'entrée un petit arabe bedonnant, d'apparence bon papa et mari fidèle.
Il me regardait comme on regarde un petit animal à travers les branches d'un arbre, et moi, j'ai fait comme si j'étais la reine du quartier, j'ai marché dignement jusqu'à la salle de bain avec ma robe de chambre en serviette et mon masque craquelé.
Il devait venir réparer le câble ou répandre la Bonne Nouvelle, très peu pour moi merci beaucoup.
À ma sortie, il était encore là, avec son sourire pincé qui lui donnait un air de très gros crapaud.
-Um Clawdi! Pou-tu veni? que j'entends du fond du salon.
Non, non, je retournais à ma chambre, le visage neuf, la nudité confortable. Non, non, vraiment, laisse-moi tranquille.
-Donne-moi un instant, je m'habille.
Je suis ressortie avec le vieux t-shirt de Tchoukball que le Grand Tendre m'a prêté et que je ne lui ai jamais remis, et c'était bien assez présentable pour le chic duo qui m'attendait au salon.
-Clawdi, moi pâti mais tou va avoir lé nouveau colocataire pou lé mois.
Je regarde mon quarantenaire poilu jusqu'au yeux, avec ses bottes en été sur mon tapis d'entrée et sa montre en or plaqué bien trop large même pour son poignet viandé.
La terre ne tourne plus, mais ma tête, oui, beaucoup.
-Enchantée, monsieur.
Je lui tends une main qu'il sert volontiers.
-No, no, pas lui. Ici.
Il y avait un troisième comparse que je n'avais pas vu. Un troisième comparse de six pieds passés, avec un âge qui ressemble au mien, un ventre dur et une grande paume ouverte.
-Salut. Moi c'est Amin.
-Salut. Claudia. Enchantée.
Et on s'est serré la main longtemps, et c'était pas si mal, finalement.
La coloc se préparait à quitter pour le mois. Elle vidait ses tiroirs, et moi, j'avais envie de danser le twist.
J'avais pris soin d'ouvrir toutes grandes ouvertes les portes de l'appartement.
Entrez, le bon vent, le bon air. Véhiculez son odeur, évacuez son parfum, que je me gave de son absence pendant un mois tout grand.
Et j'étais là, dans ma chambre, avec la figure tartinée d'argile à papoter virtuellement, lorsque je crus entendre carillonner la porte d'entrée, mais je n'attendais personne, et c'était impossible qu'elle reçoive si tard, le soleil était couché depuis deux bonnes heures, au moins.
Je risquai un oeil rond, une joue crémeuse hors de ma chambre.
Se tenait dans l'entrée un petit arabe bedonnant, d'apparence bon papa et mari fidèle.
Il me regardait comme on regarde un petit animal à travers les branches d'un arbre, et moi, j'ai fait comme si j'étais la reine du quartier, j'ai marché dignement jusqu'à la salle de bain avec ma robe de chambre en serviette et mon masque craquelé.
Il devait venir réparer le câble ou répandre la Bonne Nouvelle, très peu pour moi merci beaucoup.
À ma sortie, il était encore là, avec son sourire pincé qui lui donnait un air de très gros crapaud.
-Um Clawdi! Pou-tu veni? que j'entends du fond du salon.
Non, non, je retournais à ma chambre, le visage neuf, la nudité confortable. Non, non, vraiment, laisse-moi tranquille.
-Donne-moi un instant, je m'habille.
Je suis ressortie avec le vieux t-shirt de Tchoukball que le Grand Tendre m'a prêté et que je ne lui ai jamais remis, et c'était bien assez présentable pour le chic duo qui m'attendait au salon.
-Clawdi, moi pâti mais tou va avoir lé nouveau colocataire pou lé mois.
Je regarde mon quarantenaire poilu jusqu'au yeux, avec ses bottes en été sur mon tapis d'entrée et sa montre en or plaqué bien trop large même pour son poignet viandé.
La terre ne tourne plus, mais ma tête, oui, beaucoup.
-Enchantée, monsieur.
Je lui tends une main qu'il sert volontiers.
-No, no, pas lui. Ici.
Il y avait un troisième comparse que je n'avais pas vu. Un troisième comparse de six pieds passés, avec un âge qui ressemble au mien, un ventre dur et une grande paume ouverte.
-Salut. Moi c'est Amin.
-Salut. Claudia. Enchantée.
Et on s'est serré la main longtemps, et c'était pas si mal, finalement.
12 août 2009
Ce sera bon
Marie fait trotter ses orteils vernis. Je pars dans trois minutes que je lui ai dit.
Elle n'a pas fini de m'attendre coin Maisonneuve et St-Denis.
C'est qu'elle est jolie, Marie. Elle me met en retard par coquetterie.
Une fois assise dans un wagon filant vers le centre-ville, je croque des cerises, j'en empile les noyaux au creux de mes joues.
J'ai hâte de lui raconter. Hâte de lui annoncer la bonne nouvelle.
Berri Uqam neuf minutes plus tard, je mitraille une poubelle avec fracas, c'est la grande classe, mais pas question de ralentir mon pas, Marie m'attend, et elle va probablement être en robe à se faire tourner autour par quelques petits bonshommes aux nombrils luisants.
Je lui envoie la main. Elle est là, bien droite sur son bout de trottoir, son sac dans les mains, mine de rien. Elle est toute en jambes et en lèvres aujourd'hui. Une bien belle teinte.
-Femme! Bonjour!
-Salut! Désolée, je suis en retard.
Elle ne me reproche rien, me dit plutôt qu'elle n'attendait que depuis dix minutes. Je la complimente sur son rouge à lèvre. Elle s'exclame en mignonnette.
-Marie. Marie, devine quoi.
-Quoi?
-Marie. J'vais être toute seule pendant un mois. Ma coloc retourne en Chine!
-Femme! C'est merveilleux.
-Marie! J'vais organiser un party! Des partys! Plein de partys! On va faire du bruit, on va piler sur son lit, j'vais me laisser traîner, j'vais pas rien laver! On boira, on fumera dans l'appartement, et je n'arroserai absolument pas ses plantes.
Elle rit.
-Marie! Réalises-tu? Réalises-tu? Je vais mettre tous les thermostats à trente-cinq degrés, je vais prendre des bains de trois heures, je vais accrocher tous ses sous-vêtements jaunes à la corde à linge et je vais les laisser là tout le mois.
-Oui madame. Et tu m'inviteras à coucher, et on se fera des soirées de filles avec des masques et des petits pots de crème.
-Ah, Marie. Ce sera bon.
Elle n'a pas fini de m'attendre coin Maisonneuve et St-Denis.
C'est qu'elle est jolie, Marie. Elle me met en retard par coquetterie.
Une fois assise dans un wagon filant vers le centre-ville, je croque des cerises, j'en empile les noyaux au creux de mes joues.
J'ai hâte de lui raconter. Hâte de lui annoncer la bonne nouvelle.
Berri Uqam neuf minutes plus tard, je mitraille une poubelle avec fracas, c'est la grande classe, mais pas question de ralentir mon pas, Marie m'attend, et elle va probablement être en robe à se faire tourner autour par quelques petits bonshommes aux nombrils luisants.
Je lui envoie la main. Elle est là, bien droite sur son bout de trottoir, son sac dans les mains, mine de rien. Elle est toute en jambes et en lèvres aujourd'hui. Une bien belle teinte.
-Femme! Bonjour!
-Salut! Désolée, je suis en retard.
Elle ne me reproche rien, me dit plutôt qu'elle n'attendait que depuis dix minutes. Je la complimente sur son rouge à lèvre. Elle s'exclame en mignonnette.
-Marie. Marie, devine quoi.
-Quoi?
-Marie. J'vais être toute seule pendant un mois. Ma coloc retourne en Chine!
-Femme! C'est merveilleux.
-Marie! J'vais organiser un party! Des partys! Plein de partys! On va faire du bruit, on va piler sur son lit, j'vais me laisser traîner, j'vais pas rien laver! On boira, on fumera dans l'appartement, et je n'arroserai absolument pas ses plantes.
Elle rit.
-Marie! Réalises-tu? Réalises-tu? Je vais mettre tous les thermostats à trente-cinq degrés, je vais prendre des bains de trois heures, je vais accrocher tous ses sous-vêtements jaunes à la corde à linge et je vais les laisser là tout le mois.
-Oui madame. Et tu m'inviteras à coucher, et on se fera des soirées de filles avec des masques et des petits pots de crème.
-Ah, Marie. Ce sera bon.
18 juin 2009
Baguettes dans les yeux
T'as préféré descendre déposer ta boîte de carton dans le bac à recyclage sur le trottoir plutôt que de le remonter à ma place.
Sale garce.
Sale garce.
10 juin 2009
Le coloc
Huit heures du matin, j'ai bien sommeil, mais faut que ça bouge, cette vie d'oisiveté.
Je veux trouver mon nouveau colocataire.
Maintenant, ce matin, tout de suite, j'en ai marre.
Mon oeil est rose et sec à consulter des annonces inintéressantes.
Une vieille pucelle qui habite en tête à tête avec son chat.
Papa maman avec ado et nouveau-né qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts.
Sept végétariens qui en cherchent un huitième pour louer leur placard à balais.
Un couple gai à l'appartement intimidament bien décoré.
Un homme qui cherche une coloc qui aime beaucoup faire le ménage.
Un proprio qui sépare ses pièces avec des rideaux pour récolter encore plus de loyers.
Cinq étudiants en art qui partagent la même salle de bain.
Un Grec, un Mexicain et un Français qui habitent un appartement style Auberge Espagnole au dessus d'un bar.
Tout le monde est sympa et respectueux, tout le monde aime s'organiser des soupers des fois.
Et surtout, surtout, tout le monde se meuble chez IKEA.
C'est d'une lassitude...
Moi, je voudrais un coloc, un coloc masculin, parce que les filles, c'est vicieux.
Un coloc avec qui habiter un cinq et demi à deux.
Un coloc qui me donnerait envie de cuisiner pour deux.
Un coloc qui me dirait "J'men vais au dépanneur, as-tu besoin de quelque chose?"
Dans sa chambre, il y aurait des posters de Jean Leloup que je le supplierais de me donner en échange de tâches ménagères.
Sa salle de bain deviendrait mon royaume, et lorsqu'il se fatiguerait du muret de bouteilles autour de la baignoire, il me poserait une belle tablette.
Il aurait une blonde bien gentille, et lorsqu'il voudrait l'inviter à la maison, il tournerait autour du pot en me demandant si j'ai quelque chose de prévu en soirée, et je comprendrais le message, je lui ferais un clin d'oeil avant de quitter pour la nuit.
Il préparerait de gigantesques batchs de sauce à spag' qu'il ferait congeler dans des contenants individuels.
Je lui emprunterais son rasoir à son insu.
Il achèterait de la crème glacée au chocolat.
Il sortirait les poubelles.
Il ne ferait pas de compost.
Il jouerait de la guitare.
Et au Xbox.
Bref, il est neuf heures vingt-quatre, et je vais dormir.
Je veux trouver mon nouveau colocataire.
Maintenant, ce matin, tout de suite, j'en ai marre.
Mon oeil est rose et sec à consulter des annonces inintéressantes.
Une vieille pucelle qui habite en tête à tête avec son chat.
Papa maman avec ado et nouveau-né qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts.
Sept végétariens qui en cherchent un huitième pour louer leur placard à balais.
Un couple gai à l'appartement intimidament bien décoré.
Un homme qui cherche une coloc qui aime beaucoup faire le ménage.
Un proprio qui sépare ses pièces avec des rideaux pour récolter encore plus de loyers.
Cinq étudiants en art qui partagent la même salle de bain.
Un Grec, un Mexicain et un Français qui habitent un appartement style Auberge Espagnole au dessus d'un bar.
Tout le monde est sympa et respectueux, tout le monde aime s'organiser des soupers des fois.
Et surtout, surtout, tout le monde se meuble chez IKEA.
C'est d'une lassitude...
Moi, je voudrais un coloc, un coloc masculin, parce que les filles, c'est vicieux.
Un coloc avec qui habiter un cinq et demi à deux.
Un coloc qui me donnerait envie de cuisiner pour deux.
Un coloc qui me dirait "J'men vais au dépanneur, as-tu besoin de quelque chose?"
Dans sa chambre, il y aurait des posters de Jean Leloup que je le supplierais de me donner en échange de tâches ménagères.
Sa salle de bain deviendrait mon royaume, et lorsqu'il se fatiguerait du muret de bouteilles autour de la baignoire, il me poserait une belle tablette.
Il aurait une blonde bien gentille, et lorsqu'il voudrait l'inviter à la maison, il tournerait autour du pot en me demandant si j'ai quelque chose de prévu en soirée, et je comprendrais le message, je lui ferais un clin d'oeil avant de quitter pour la nuit.
Il préparerait de gigantesques batchs de sauce à spag' qu'il ferait congeler dans des contenants individuels.
Je lui emprunterais son rasoir à son insu.
Il achèterait de la crème glacée au chocolat.
Il sortirait les poubelles.
Il ne ferait pas de compost.
Il jouerait de la guitare.
Et au Xbox.
Bref, il est neuf heures vingt-quatre, et je vais dormir.
13 mai 2009
Le crachat
La nuit est fraîche dans ma ruelle.
Le métal de l'escalier me fait froid aux fesses, le sang ne se rend plus à mes orteils, mais je suis bien, je m'en fous, je me zippe jusqu'au cou.
Les pneus des voitures crissent.
J'aurais préféré des criquets.
Tandis que je volute, un chat me regarde avec ses deux billes cosmiques.
Profites-en le chat, tu ne me verras plus pour bien longtemps.
C'est que je déménage, voyez-vous.
Ça faisait des mois et des mois que je me raclais la gorge.
Et ce soir, ça y est, mon gros crachat était fin prêt, et il a coulé et coulé jusqu'à ce que ma porte rebondisse, jusqu'à ce que ma poignée creuse le mur.
Elle surveille la température, qu'elle m'a dit.
Une autre augmentation, qu'elle m'a dit.
Du ruban adhésif sur mon thermostat, qu'elle m'a mis.
Qu'elle aille se faire foutre.
Je l'ai regardée.
Longuement.
Mon meilleur thé infusait dans son eau froide.
Elle ne parlait plus, elle reprenait son souffle, et ses petites mains frêles, ses petits bras maigres tremblotaient de rage.
C'était à mon tour de parler, mais je ne parlais pas, et elle, elle avait besoin d'un moment pour se recharger.
Et ça m'a finalement explosé aux lèvres.
J'EN AI PLEIN LE CUL
Elle aurait blêmi si elle n'avait pas autant haï les peaux blanches.
DE TOI PIS DE TES ESTI DE RÈGLES DE COMMUNISTE À MARDE
Un poisson mort qui fixe.
JE CRISS MON CAMP DEMAIN
La saveur des mots soulageants me vibrait en bouche.
Elle est devenue tranquille, toute tranquille, presque douce, comme si elle m'aimait, un peu.
-Pas demain, toi pas parti demain, j'ai lé examens impôtants, pas le temps checher new colocataire.
J'ai claqué ma porte, j'ai claqué mon placard, j'ai reclaqué ma porte pour l'effet, et je suis sortie.
C'est que pour l'occasion, je suis allée chercher la moitié de bâton qui restait au fond de ma boîte qui pue.
Me voilà assise dans la ruelle.
La vie est belle.
Je ne sais pas où je vais aller, mais je vais me débrouiller.
Pour l'instant, mon souffle est blanc et opaque, et lorsqu'il ne m'étouffe pas, il m'amuse bien.
Le métal de l'escalier me fait froid aux fesses, le sang ne se rend plus à mes orteils, mais je suis bien, je m'en fous, je me zippe jusqu'au cou.
Les pneus des voitures crissent.
J'aurais préféré des criquets.
Tandis que je volute, un chat me regarde avec ses deux billes cosmiques.
Profites-en le chat, tu ne me verras plus pour bien longtemps.
C'est que je déménage, voyez-vous.
Ça faisait des mois et des mois que je me raclais la gorge.
Et ce soir, ça y est, mon gros crachat était fin prêt, et il a coulé et coulé jusqu'à ce que ma porte rebondisse, jusqu'à ce que ma poignée creuse le mur.
Elle surveille la température, qu'elle m'a dit.
Une autre augmentation, qu'elle m'a dit.
Du ruban adhésif sur mon thermostat, qu'elle m'a mis.
Qu'elle aille se faire foutre.
Je l'ai regardée.
Longuement.
Mon meilleur thé infusait dans son eau froide.
Elle ne parlait plus, elle reprenait son souffle, et ses petites mains frêles, ses petits bras maigres tremblotaient de rage.
C'était à mon tour de parler, mais je ne parlais pas, et elle, elle avait besoin d'un moment pour se recharger.
Et ça m'a finalement explosé aux lèvres.
J'EN AI PLEIN LE CUL
Elle aurait blêmi si elle n'avait pas autant haï les peaux blanches.
DE TOI PIS DE TES ESTI DE RÈGLES DE COMMUNISTE À MARDE
Un poisson mort qui fixe.
JE CRISS MON CAMP DEMAIN
La saveur des mots soulageants me vibrait en bouche.
Elle est devenue tranquille, toute tranquille, presque douce, comme si elle m'aimait, un peu.
-Pas demain, toi pas parti demain, j'ai lé examens impôtants, pas le temps checher new colocataire.
J'ai claqué ma porte, j'ai claqué mon placard, j'ai reclaqué ma porte pour l'effet, et je suis sortie.
C'est que pour l'occasion, je suis allée chercher la moitié de bâton qui restait au fond de ma boîte qui pue.
Me voilà assise dans la ruelle.
La vie est belle.
Je ne sais pas où je vais aller, mais je vais me débrouiller.
Pour l'instant, mon souffle est blanc et opaque, et lorsqu'il ne m'étouffe pas, il m'amuse bien.
7 mai 2009
La cachette
Une bonne brassée de vêtements.
Une brassée qui fait du bien, avec des bas, des sous-vêtements et mon pantalon préféré que j'ai hâte de reporter.
Merde, plus de savon.
Pas grave, la coloc en garde sûrement huit litres d'une mystérieuse compagnie chinoise.
Mais où?
Fouillons.
J'ouvre et referme tous les placards, toutes les armoires, mais j'ai beau fouiner, je ne trouve rien.
Ça sent l'arnaque.
Elle cacherait son savon dans sa chambre, loin de mes grands doigts de racaille blanche?
Deuxième inspection minutieuse. Et si je ne trouve toujours rien, ah l'arrogante, ah l'égoïste, je vais vigoureusement trépasser sa virginale chambre de mon gros pied nu.
Pas de place pour la rigolade, j'ai des sous-vêtements sales.
La fesse pointue, la tête creuse dans un placard profond, je tâte, j'enquête, et soudain, ça y est, je l'ai, je salis une belle bouteille de détergeant (avec phosphore) de la poussière de mes doigts.
J'ai trouvé ta cachette, ma vlimeuse.
Au coin du comptoir se trouve une petite armoire à porte double qui se déplie en deux morceaux: un très large, l'autre plus étroit.
Elle a entassé tous ses savons derrière le deuxième battant, celui que je ne prends jamais la peine de déplier.
Bouteille en main, rictus aux lèvres, j'étais pour refermer lorsqu'une petite lueur attira mon regard.
Bien coincée sous le lavabo, sur une tablette dont l'existence m'était jusqu'alors inconnue, se trouvait une rutilante batterie de cuisine empilée pêle-mêle.
De belles casseroles antiadhésives, de beaux chaudrons polis et brillants.
Et derrière moi, accroché à un crochet mal planté, il y a ce que je croyais être le seul poêlon de la maison, avec son fond égratigné et tout gondolé qui brûle et colle et gâche tout ce que j'y cuis.
Je l'utilise depuis plus d'un an maintenant.
M'en vais uriner dans son savon.
Une brassée qui fait du bien, avec des bas, des sous-vêtements et mon pantalon préféré que j'ai hâte de reporter.
Merde, plus de savon.
Pas grave, la coloc en garde sûrement huit litres d'une mystérieuse compagnie chinoise.
Mais où?
Fouillons.
J'ouvre et referme tous les placards, toutes les armoires, mais j'ai beau fouiner, je ne trouve rien.
Ça sent l'arnaque.
Elle cacherait son savon dans sa chambre, loin de mes grands doigts de racaille blanche?
Deuxième inspection minutieuse. Et si je ne trouve toujours rien, ah l'arrogante, ah l'égoïste, je vais vigoureusement trépasser sa virginale chambre de mon gros pied nu.
Pas de place pour la rigolade, j'ai des sous-vêtements sales.
La fesse pointue, la tête creuse dans un placard profond, je tâte, j'enquête, et soudain, ça y est, je l'ai, je salis une belle bouteille de détergeant (avec phosphore) de la poussière de mes doigts.
J'ai trouvé ta cachette, ma vlimeuse.
Au coin du comptoir se trouve une petite armoire à porte double qui se déplie en deux morceaux: un très large, l'autre plus étroit.
Elle a entassé tous ses savons derrière le deuxième battant, celui que je ne prends jamais la peine de déplier.
Bouteille en main, rictus aux lèvres, j'étais pour refermer lorsqu'une petite lueur attira mon regard.
Bien coincée sous le lavabo, sur une tablette dont l'existence m'était jusqu'alors inconnue, se trouvait une rutilante batterie de cuisine empilée pêle-mêle.
De belles casseroles antiadhésives, de beaux chaudrons polis et brillants.
Et derrière moi, accroché à un crochet mal planté, il y a ce que je croyais être le seul poêlon de la maison, avec son fond égratigné et tout gondolé qui brûle et colle et gâche tout ce que j'y cuis.
Je l'utilise depuis plus d'un an maintenant.
M'en vais uriner dans son savon.
L'araignée
Sous la pomme de douche, je suis couverte de mousse.
Je masse mon crâne du bout des doigts, et la texture pleine et piquante de ma nouvelle chevelure me rappelle les nuques de ces garçons que j'ai jadis aimés.
La salle de bain est lourde de vapeurs parfumées.
Égarée dans mes songes, je me lave à l'éponge.
Derrière moi, tout près, il y a une petite araignée qui glisse.
Son fil n'adhère pas aux tuiles mouillées, ses pattes sont lourdes et engluées, et lentement, elle tombe vers la vague savonneuse qui lèche l'émail de la baignoire.
C'est comme ça. J'ai décidé de prendre une douche. Elle va mourir.
Je me retourne, essuie mes yeux et la remarque juste avant qu'elle ne soit avalée.
Pauvre petite araignée.
Je sèche mes gros doigts, et la voilà sauvée sur le bord d'un mouchoir, que je dépose sur le comptoir.
Je termine ma douche. Elle prend peur et grimpe un mur en sursaut.
Le lendemain, elle n'a rien compris, elle est là, sur son mur, à glisser de plus belle, mais cette fois, je ne la vois pas.
Je retrouve son cadavre, les pattes en boule sur le bord du bain, et j'ai beau souffler dessus doucement, elle est bel et bien morte.
Je lui ai offert la débarbouillette joliment pliée de ma coloc comme dernier lieu de repos.
Je masse mon crâne du bout des doigts, et la texture pleine et piquante de ma nouvelle chevelure me rappelle les nuques de ces garçons que j'ai jadis aimés.
La salle de bain est lourde de vapeurs parfumées.
Égarée dans mes songes, je me lave à l'éponge.
Derrière moi, tout près, il y a une petite araignée qui glisse.
Son fil n'adhère pas aux tuiles mouillées, ses pattes sont lourdes et engluées, et lentement, elle tombe vers la vague savonneuse qui lèche l'émail de la baignoire.
C'est comme ça. J'ai décidé de prendre une douche. Elle va mourir.
Je me retourne, essuie mes yeux et la remarque juste avant qu'elle ne soit avalée.
Pauvre petite araignée.
Je sèche mes gros doigts, et la voilà sauvée sur le bord d'un mouchoir, que je dépose sur le comptoir.
Je termine ma douche. Elle prend peur et grimpe un mur en sursaut.
Le lendemain, elle n'a rien compris, elle est là, sur son mur, à glisser de plus belle, mais cette fois, je ne la vois pas.
Je retrouve son cadavre, les pattes en boule sur le bord du bain, et j'ai beau souffler dessus doucement, elle est bel et bien morte.
Je lui ai offert la débarbouillette joliment pliée de ma coloc comme dernier lieu de repos.
24 mars 2009
Victoire
Depuis que je suis emménagée ici, j'ai pris pour habitude de faire le moins de bruit possible lorsque je rentre à la maison.
Monte les marches sur la pointe des pieds, pas de loup, pas de loup, dépose mon sac doucement, trouve ma clé, fait délicatement tourner la serrure, amortis le claquement du mécanisme, et bam, j'entre d'un coup.
C'est que j'essaie d'attraper ma coloc en flagrant délit de pornographie. Car chez moi, la porte d'entrée est à deux pas du salon, où elle passe le plus clair de son temps devant l'écran de son ordinateur.
Mais hélas, elle ne m'a jamais accordé ce plaisir. C'est soit qu'elle étudie, soit qu'elle regarde des soap opera chinois.
Enfin, elle ne m'avait jamais accordé ce plaisir avant ce soir.
Car en rentrant tout à l'heure, je l'ai surprise à s'exhiber les boules chinoises devant webcam!
Je suis entrée comme un coup de vent dans un "hello!" retentissant, et elle a eu un petit sursaut, elle ne m'a rien répondu, elle s'est pliée en deux en se jetant vers l'avant.
Elle était là, le gilet au cou et la brassière à l'abdomen, essayant tant bien que mal de renfiler ses vêtements, mais c'était peine perdue, j'avais déjà merveilleusement tout vu.
Je suis restée pendant quelques secondes debout dans l'entrée, puis tout sourire, je me suis rendue à ma chambre.
Mes sympathies à l'homme qui se rinçait les yeux sur ses auréoles.
Il ne sait pas encore à qui il a affaire.
Monte les marches sur la pointe des pieds, pas de loup, pas de loup, dépose mon sac doucement, trouve ma clé, fait délicatement tourner la serrure, amortis le claquement du mécanisme, et bam, j'entre d'un coup.
C'est que j'essaie d'attraper ma coloc en flagrant délit de pornographie. Car chez moi, la porte d'entrée est à deux pas du salon, où elle passe le plus clair de son temps devant l'écran de son ordinateur.
Mais hélas, elle ne m'a jamais accordé ce plaisir. C'est soit qu'elle étudie, soit qu'elle regarde des soap opera chinois.
Enfin, elle ne m'avait jamais accordé ce plaisir avant ce soir.
Car en rentrant tout à l'heure, je l'ai surprise à s'exhiber les boules chinoises devant webcam!
Je suis entrée comme un coup de vent dans un "hello!" retentissant, et elle a eu un petit sursaut, elle ne m'a rien répondu, elle s'est pliée en deux en se jetant vers l'avant.
Elle était là, le gilet au cou et la brassière à l'abdomen, essayant tant bien que mal de renfiler ses vêtements, mais c'était peine perdue, j'avais déjà merveilleusement tout vu.
Je suis restée pendant quelques secondes debout dans l'entrée, puis tout sourire, je me suis rendue à ma chambre.
Mes sympathies à l'homme qui se rinçait les yeux sur ses auréoles.
Il ne sait pas encore à qui il a affaire.
14 février 2009
Ma Valentine
Je ne parle jamais à ma coloc, outre pour les strictes minimums et faussement enjoués "Salut!" et "Bye bye!".
Mais aujourd'hui, aujourd'hui c'était différent.
Je chausse mes bottes pointues dans l'entrée. Je baigne dans les effluves de ma chevelure coquette. Elle est au salon, juste en face, avec ses grosses babouches et une couette de travers.
Je ne peux résister.
-Bonne Saint-Valentin! Fais-tu quelque chose de spécial aujourd'hui?
-No.
-Ah? Mais je pensais que t'avais un amoureux?
-No.
-Ah. Dommage. Bon, attends un peu avant d'aller prendre ta douche, j'ai vidé toute l'eau chaude.
-OK
-J'ai dû utiliser au moins douze produits de beauté différents pour être prête pour la Saint-Valentin. Ah, les hommes, hein? ha-ha-ha.
-...
-Bon, moi j'y vais. Tu vas avoir l'appartement pour toi toute seule ce soir, je compte pas rentrer avant les petites heures. Bye là! Passe une belle journée!
Je suis un être profondément méchant (à l'occasion).
Mais aujourd'hui, aujourd'hui c'était différent.
Je chausse mes bottes pointues dans l'entrée. Je baigne dans les effluves de ma chevelure coquette. Elle est au salon, juste en face, avec ses grosses babouches et une couette de travers.
Je ne peux résister.
-Bonne Saint-Valentin! Fais-tu quelque chose de spécial aujourd'hui?
-No.
-Ah? Mais je pensais que t'avais un amoureux?
-No.
-Ah. Dommage. Bon, attends un peu avant d'aller prendre ta douche, j'ai vidé toute l'eau chaude.
-OK
-J'ai dû utiliser au moins douze produits de beauté différents pour être prête pour la Saint-Valentin. Ah, les hommes, hein? ha-ha-ha.
-...
-Bon, moi j'y vais. Tu vas avoir l'appartement pour toi toute seule ce soir, je compte pas rentrer avant les petites heures. Bye là! Passe une belle journée!
Je suis un être profondément méchant (à l'occasion).
7 février 2009
Creux creux
-Hey! Tu as perdu lé poids, oui? Lé visage, lé ventre, avant, c'était plus grosse. Avant, avant je te regardé marcher dans appartement, et pas rien dire mé c'été vrément pas joli. Maintenant c'é mieux.
J'ai jamais eu de ventre. J'ai jamais eu de grosse face. J'ai pas réellement changé de physionomie depuis que je m'entraîne. Un sept livres de gras en moins, un cinq livres de muscles en plus, that's it.
J'ai envie de lui enfoncer ses baguettes dans le rectum.
J'ai jamais eu de ventre. J'ai jamais eu de grosse face. J'ai pas réellement changé de physionomie depuis que je m'entraîne. Un sept livres de gras en moins, un cinq livres de muscles en plus, that's it.
J'ai envie de lui enfoncer ses baguettes dans le rectum.
31 janvier 2009
TOC TOC TOC
-Oui?
Pas de réponse.
Bâtard. Qu'essé qu'a m'veut, encore.
J'ouvre la porte sur personne.
-Ouiii? Qu'est-ce qu'y aaaa?
Elle bondit de la cuisine.
-Tu as mis lé water for washing à hot! Moi jé né pas regardé et mes vêtements ont pédus tout lé couleurs!
À titre de preuve, elle me m'étend son chandail... blanc.
-Vraiment? Ben t'aurais dû vérifier les réglages avant de faire ta brassée.
- Pas user lé hot water, cé pas bon pour la peau! Pas bon pou lé couleurs! Mé vêtement tré neufs pédus tout lé couleurs!
- Mon savon est très concentré et visqueux. Si j'utilise ton cold water, il ne se dissout pas bien, et ça laisse des traces sur mes vêtements.
- Médium cé correct!
- T'as sûrement raison, médium c'est sûrement correct. J'étais en train de me préparer à partir, si ça t'ennuie pas...
- Aujoud'hui mets pas lé chaleur trop chaud.
- Quoi?
- Hier tu oublié lé chaleur à trente-cinq celcius, moi jé ne veux pas rentrer, je me sens pas bien, cé trop chaud, il y a les odeurs, cé pas pou moi.
Ah ben TABARNAC.
- Okay premièrement, y'a pas "les odeurs". Ma chambre ne sent pas mauvais, même pas un tout petit peu. Deuxièmement, le chauffage ne se rend même pas à trente-cinq degrés. Oui, hier j'ai oublié de le fermer avant de partir, mais il était à vingt, pas à trente-cinq.
- No, la chaleur était tré forte, la chambre cé tré petit. Au moins, au moins quarante. Jé lé senti à travers la pote.
- T'as senti la chaleur à travers la porte. Ah vraiment.
- Oui. Et jé vérifié lé factus et cé quate-vingt dollars dé plus qué l'aut hiver.
- Non, arrête, shuis désolée, mais je crois pas qu'une chambre de quatre mètres carrés remplie de meubles coûte une centaine de dollars par mois à chauffer.
- Oui, oui! Jé enlevé lé chauffage dé la salle dé bain pace que cé trop cher!
- Tu trouves qu'on est confortable dans la maison, toi? J'me gèle les orteils, même à porter des bas. J'ai la chair de poule à me faire des toasts, le matin. C'est pas normal.
- À l'UQAM cé comme ça lé chaleur
- Non, même à l'UQAM, il fait plus chaud qu'ici.
- Jé vé mettre trente dollars dé plus su lé loyer
Pas de réponse.
Bâtard. Qu'essé qu'a m'veut, encore.
J'ouvre la porte sur personne.
-Ouiii? Qu'est-ce qu'y aaaa?
Elle bondit de la cuisine.
-Tu as mis lé water for washing à hot! Moi jé né pas regardé et mes vêtements ont pédus tout lé couleurs!
À titre de preuve, elle me m'étend son chandail... blanc.
-Vraiment? Ben t'aurais dû vérifier les réglages avant de faire ta brassée.
- Pas user lé hot water, cé pas bon pour la peau! Pas bon pou lé couleurs! Mé vêtement tré neufs pédus tout lé couleurs!
- Mon savon est très concentré et visqueux. Si j'utilise ton cold water, il ne se dissout pas bien, et ça laisse des traces sur mes vêtements.
- Médium cé correct!
- T'as sûrement raison, médium c'est sûrement correct. J'étais en train de me préparer à partir, si ça t'ennuie pas...
- Aujoud'hui mets pas lé chaleur trop chaud.
- Quoi?
- Hier tu oublié lé chaleur à trente-cinq celcius, moi jé ne veux pas rentrer, je me sens pas bien, cé trop chaud, il y a les odeurs, cé pas pou moi.
Ah ben TABARNAC.
- Okay premièrement, y'a pas "les odeurs". Ma chambre ne sent pas mauvais, même pas un tout petit peu. Deuxièmement, le chauffage ne se rend même pas à trente-cinq degrés. Oui, hier j'ai oublié de le fermer avant de partir, mais il était à vingt, pas à trente-cinq.
- No, la chaleur était tré forte, la chambre cé tré petit. Au moins, au moins quarante. Jé lé senti à travers la pote.
- T'as senti la chaleur à travers la porte. Ah vraiment.
- Oui. Et jé vérifié lé factus et cé quate-vingt dollars dé plus qué l'aut hiver.
- Non, arrête, shuis désolée, mais je crois pas qu'une chambre de quatre mètres carrés remplie de meubles coûte une centaine de dollars par mois à chauffer.
- Oui, oui! Jé enlevé lé chauffage dé la salle dé bain pace que cé trop cher!
- Tu trouves qu'on est confortable dans la maison, toi? J'me gèle les orteils, même à porter des bas. J'ai la chair de poule à me faire des toasts, le matin. C'est pas normal.
- À l'UQAM cé comme ça lé chaleur
- Non, même à l'UQAM, il fait plus chaud qu'ici.
- Jé vé mettre trente dollars dé plus su lé loyer
29 janvier 2009
Doux fumet pestilentiel
Avec rien d'autre que des œufs, du poulet, des champignons, des nouilles, de la sauce soja et du gingembre, elle a réussi à cuisiner une soupe qui sent la charogne.
C'est prodigieux.
C'est prodigieux.
19 janvier 2009
Lé Bam bam
-Aujould'hui tu as invité lé homme et tu fé beaucoup lé bruit, lé bam bam tré fort, ça empêche moi dé dormi, j'émeré à l'aveni arrêté fér lé bruit.
Moi ce que je trouve dommage, c'est qu'elle aille l'oreille aussi fine pour ce genre de choses.
Y'a pas eu lé bam bam.
Y'a eu du croque-oreiller pour éviter lé bam bam. Y'a eu un lit éloigné du mur pour éviter lé bam bam. Y'a eu un couple très désireux de ne pas faire lé bam bam, pour ne pas offusquer personne, même si dans le monde des gens normaux, on ne s'offusque pas d'entendre les froissements de deux belles, bonnes et saines personnes passant un agréable moment de complicité et d'affection.
On les envie, peut-être, mais on ne s'offusque pas, parce que tant mieux pour elles, merde.
Elle n'a donc rien entendu de mouillé, et s'est basée sur nos rires pour deviner ce qui se passait derrière ma porte fermée. Et je ne serais pas surprise qu'elle soit silencieusement restée plantée juste en face de ma chambre, l'oreille avide par curiosité malsaine, par jalousie inavouée, par répulsion, et surtout par conviction que le sexe, c'est mal, et que ça ne sert qu'à avoir des enfants après le mariage préarrangé d'un vieil homme fortuné et d'une délicate pucelle.
Sa vision du bonheur, c'est d'étudier sans arrêt, et sitôt son diplôme obtenu, de retourner en Chine afin de s'occuper de la maison de son mari, où cohabitent déjà le trois-quart de sa famille, de la grand-mère chiffonnée au dernier bébé de la p'tite cousine, afin d'économiser le plus d'argent de leur vivant pour enrichir les générations futures.
Selon elle, une vie réussie consiste à se sacrifier entièrement au profit de la nation, et que de passer du temps à avoir du plaisir plutôt qu'à travailler pour faire de l'argent, c'est répréhensible.
Tant pis pour les communistes, tant pis pour elle.
Moi, la prochaine fois, je m'arrange pour faire décoller la peinture des murs.
Moi ce que je trouve dommage, c'est qu'elle aille l'oreille aussi fine pour ce genre de choses.
Y'a pas eu lé bam bam.
Y'a eu du croque-oreiller pour éviter lé bam bam. Y'a eu un lit éloigné du mur pour éviter lé bam bam. Y'a eu un couple très désireux de ne pas faire lé bam bam, pour ne pas offusquer personne, même si dans le monde des gens normaux, on ne s'offusque pas d'entendre les froissements de deux belles, bonnes et saines personnes passant un agréable moment de complicité et d'affection.
On les envie, peut-être, mais on ne s'offusque pas, parce que tant mieux pour elles, merde.
Elle n'a donc rien entendu de mouillé, et s'est basée sur nos rires pour deviner ce qui se passait derrière ma porte fermée. Et je ne serais pas surprise qu'elle soit silencieusement restée plantée juste en face de ma chambre, l'oreille avide par curiosité malsaine, par jalousie inavouée, par répulsion, et surtout par conviction que le sexe, c'est mal, et que ça ne sert qu'à avoir des enfants après le mariage préarrangé d'un vieil homme fortuné et d'une délicate pucelle.
Sa vision du bonheur, c'est d'étudier sans arrêt, et sitôt son diplôme obtenu, de retourner en Chine afin de s'occuper de la maison de son mari, où cohabitent déjà le trois-quart de sa famille, de la grand-mère chiffonnée au dernier bébé de la p'tite cousine, afin d'économiser le plus d'argent de leur vivant pour enrichir les générations futures.
Selon elle, une vie réussie consiste à se sacrifier entièrement au profit de la nation, et que de passer du temps à avoir du plaisir plutôt qu'à travailler pour faire de l'argent, c'est répréhensible.
Tant pis pour les communistes, tant pis pour elle.
Moi, la prochaine fois, je m'arrange pour faire décoller la peinture des murs.
18 janvier 2009
La fouine
Tu m'écœures quand tu entres dans la salle de bain trois minutes après que j'en ai passé trente-cinq à y faire un ménage intégral, juste pour pouvoir passer ton p'tit doigt de fouineuse sur toutes les surfaces, question de vérifier si j'ai bien travaillé.
J'ai envie de remplacer tes maudis œufs biologiques par les miens qui sont vraiment bien passés date.
J'ai envie de remplacer tes maudis œufs biologiques par les miens qui sont vraiment bien passés date.
11 janvier 2009
Wong
Elle écoute du Spice Girls et du Céline Dion repris en chinois.
Les murs vibrent.
Moi j'me tire avant d'me tirer une balle.
Les murs vibrent.
Moi j'me tire avant d'me tirer une balle.
19 décembre 2008
Ouvre-moi pas, surtout
Quand t'es dans le salon, assise sur tes deux buns à écouter tes tounes de chinois avec le même maudit beat de synthétiseur poche que plus personne n'utilise depuis les années quatre-vingt, et que t'entends, sur le perron couvert de glace et de neige, béding badang parce que je viens d'échapper mon poulet BBQ, ses cups de sauce, et la boîte contenant mon nouveau laptop dans la neige.
Quand je zigonne après la poignée barrée parce que j'ai les mains trop pleines pour trouver ma clé tout au fond de ma sacoche paquetée, et que je pense que tu n'es pas à la maison parce que, justement, t'as barré la porte après mon départ.
Quand au bout de 5 bonnes minutes à me gercer les doigts contre la fermeture éclair de mon sac, je réalise que finalement, mes clés sont restées sur ma table de chevet.
Quand je décide de faire tout le tour du pâté de maison avec le vent qui me fouette le visage pour entrer par la porte arrière.
Et qu'une fois à l'intérieur, je te vois au salon avec ta petite tasse de thé bien chaude et tes maudites pantoufles en ratine.
Ben tu m'donnes envie de faire du pâté chinois.
Quand je zigonne après la poignée barrée parce que j'ai les mains trop pleines pour trouver ma clé tout au fond de ma sacoche paquetée, et que je pense que tu n'es pas à la maison parce que, justement, t'as barré la porte après mon départ.
Quand au bout de 5 bonnes minutes à me gercer les doigts contre la fermeture éclair de mon sac, je réalise que finalement, mes clés sont restées sur ma table de chevet.
Quand je décide de faire tout le tour du pâté de maison avec le vent qui me fouette le visage pour entrer par la porte arrière.
Et qu'une fois à l'intérieur, je te vois au salon avec ta petite tasse de thé bien chaude et tes maudites pantoufles en ratine.
Ben tu m'donnes envie de faire du pâté chinois.
8 décembre 2008
Même Séraphin le ferait pas
La lecture de ce billet requiert un estomac vide.
"Ptête qu'a les réutilise!"
Un blogueur m'avait fait cette remarque quant à la manie de ma coloc de laisser ses tampons souillés sur le bord du bain (très joli bain dans une très jolie salle de bain, d'ailleurs: ça rend la chose encore plus horrifiante).
J'ai ri. Qui est-ce qui serait cheap au point de réutiliser ses tampons? Séraphin, peut-être, mais il est dépourvu de vagin.
Aujourd'hui, lorsque, prise d'une envie soudaine de partir, loin, au coeur du Plateau avec mon carnet et ma plume pour écrire, écrire une histoire de fesses aux côtés d'une assiette de petits fruits fancy, j'ai décidé d'aller prendre une douche, un autre petit cadeau m'attendait au coin du bain.
Mais cette fois-ci, elle s'était donné la peine de l'emballer.
Elle réutilise ses tampons pour vrai.
Et moi, j'en crois pas mes yeux, et je ris, je ris devant son originalité, sa belle détermination à être la pire coloc du Grand Montréal.
"Ptête qu'a les réutilise!"
Un blogueur m'avait fait cette remarque quant à la manie de ma coloc de laisser ses tampons souillés sur le bord du bain (très joli bain dans une très jolie salle de bain, d'ailleurs: ça rend la chose encore plus horrifiante).
J'ai ri. Qui est-ce qui serait cheap au point de réutiliser ses tampons? Séraphin, peut-être, mais il est dépourvu de vagin.
Aujourd'hui, lorsque, prise d'une envie soudaine de partir, loin, au coeur du Plateau avec mon carnet et ma plume pour écrire, écrire une histoire de fesses aux côtés d'une assiette de petits fruits fancy, j'ai décidé d'aller prendre une douche, un autre petit cadeau m'attendait au coin du bain.
Mais cette fois-ci, elle s'était donné la peine de l'emballer.
Elle réutilise ses tampons pour vrai.
Et moi, j'en crois pas mes yeux, et je ris, je ris devant son originalité, sa belle détermination à être la pire coloc du Grand Montréal.
28 novembre 2008
Beta
Tu sais que t'es dominée par ta coloc quand tu essuies ses traces de menstrues de peur qu'elle pense que ce sont les tiennes.
23 novembre 2008
La soupe
Verdict final, 5 kilos de volupté à perdre.
Il est grand temps que je me nourrisse exclusivement de légumes et de clémentines.
J'ai acheté pour quarante dollars d'ingrédients pour préparer une soupe délicieuse.
Je les coupe sans un bruit, de peur que ma coloc fasse claquer ses petits talons osseux jusqu'à la cuisine pour me montrer comment on épluche les patates quand on est une vraie femme de maison.
Je devrais avoir terminé d'ici deux heures. Après, je saute dans la douche et en irai en offrir un bol à Grand Tendre.
Pour le reste de la pièce, j'ai mes idées d'écrites, me manque juste un peu de temps pour les rédiger.
Il est grand temps que je me nourrisse exclusivement de légumes et de clémentines.
J'ai acheté pour quarante dollars d'ingrédients pour préparer une soupe délicieuse.
Je les coupe sans un bruit, de peur que ma coloc fasse claquer ses petits talons osseux jusqu'à la cuisine pour me montrer comment on épluche les patates quand on est une vraie femme de maison.
Je devrais avoir terminé d'ici deux heures. Après, je saute dans la douche et en irai en offrir un bol à Grand Tendre.
Pour le reste de la pièce, j'ai mes idées d'écrites, me manque juste un peu de temps pour les rédiger.
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